Nigeria: 52 personnes enlevées dans un village de l'État de Zamfara
Pas de répit au Nigeria dans les enlèvements de masse. Cinquante-deux personnes ont été enlevées par un groupe armé, ce week-end, dans l’État de Zamfara, épicentre à la fois des attaques criminelles des « bandits » et de celles de groupes jihadistes. Malgré la présence de forces de sécurité nigérianes dédiées à la lutte contre la criminalité, les rapts contre rançon sont une activité lucrative.
Publié le : 03/08/2026 - 22:53Modifié le : 04/08/2026 - 01:57
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Avec notre correspondante à Lagos, Harmony Pondy Nyaga
Il est un peu plus d’une heure du matin, dimanche 2 août, quand, juchés sur des motos, des hommes armés entrent dans les maisons du village de Kasuwar Daji, dans le nord-est de l’État de Zamfara, et prennent plusieurs dizaines de personnes en otage.
À quelques kilomètres de là se trouve pourtant une base militaire de l’opération Fansan Yamma en exercice, justement pour lutter contre les vagues de kidnapping et de vols de bétail fréquents dans la région.
Avant que les assaillants s'en prennent aux villageois, ils avaient ciblé le campement militaire. Durant les échanges de feu, un soldat et un policier ont été tués et deux militaires blessés, selon l'armée. L’armée évoque tout de même « une défense réussie » et « un revers opérationnel important pour les terroristes », dans un communiqué publié dimanche.
Ces groupes criminels cherchent à instaurer un climat de terreur en s’en prenant d’abord aux forces de sécurité chargées de la protection des populations, mais aussi en kidnappant des juges ou des autorités locales. De nombreux villageois dont les maisons ont été pillées, parfois incendiées, sont contraints de fuir dans la crainte de nouvelles attaques. Pour financer leurs réseaux, les bandits s’appuient sur l’argent des rançons ou la vente de bétail dérobé dans les communautés.
Dans un bilan mensuel publié en fin de semaine, les forces de sécurité nigérianes affirment avoir secouru, au mois de juillet, 393 victimes d’enlèvements mais aussi neutralisé et arrêté plusieurs centaines de « terroristes ». L’armée affirme régulièrement porter des coups importants aux groupes aux auteurs des assauts malgré la fréquence des attaques.
Le mois dernier, le gouverneur de l’État de Zamfara, Dauda Lawal, s’est dit favorable à la loi sur l’instauration d’une police sous l’autorité de chaque État. Elle doit être votée par les 36 assemblées législatives régionales d’ici la fin de l’année.
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