Non au nivellement par le bas du débat public
Claude Lelièvre, d’Amiens (Somme), réagit à un courrier paru le 4 octobre dernier au sujet du niveau des élèves français, pointé par le dernier classement Pisa.
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Quand on prétend « réhabiliter l’idée de mérite, d’exigence et d’excellence » comme l’affirme Aurélien Carion dans son intervention parue dans le Courrier des lecteurs du 4 octobre sous le titre « non au nivellement par le bas ! » on se doit de ne pas proférer d’énormités telles que la condamnation d’« objectifs aussi démagogiques que d’amener 100 % d’une classe d’âge au niveau bac » (sic). L’outrance (pour ‘’impressionner’’ ?) ne permet pas le débat vraiment informé et ‘’en connaissance de cause’’, et ‘’tire vers le bas’’.
ll en va de même lorsque Aurélien Caron prétend que « les résultats des élèves français plongent depuis le début des années 2000 dans les résultats internationaux (PISA) » en rapportant cette prétendue baisse depuis le début des années 2000 « aux tenants d’une idéologie qui vise depuis des décennies à tout uniformiser » et qui a produit « un nivellement par le bas funeste »
J’ai montré dans un texte paru dans le Courrier des lecteurs du 22 septembre dernier que cette prétendue baisse générale depuis des décennies n’a été constatée que ces sept dernières années sans concerner par ailleurs les ‘’sciences expérimentales’’ (l’une des trois dimensions évaluées dans le cadre de PISA)
En mathématiques : 496 ‘’points’’ en 2006, 497 en 2009, 495 en 2012, 493 en 2015, 495 en 2018 ; mais 474 en 2022 puis 458 en 2025. La forte baisse n’a eu lieu que ces 7 dernières années . Il en va de même pour la compréhension de l’écrit :488 ‘’points’’en 2006 , 496 en 2009, 500 en 2012, 496 en 2015, 493 en 2018 ; mais 474 en 2022 puis 456 en 2026.
Les résultats pour ce qui concerne les sciences expérimentales interrogent encore davantage les explication précipitées et un peu courtes par leur quasi stabilité (même dans la dernière période, alors que les résultats sont à la très forte baisse pour les mathématiques et la compréhension de l’écrit). Sciences expérimentales : 495 ‘’points’’ en 2006, 498 en 2009, 499 en 2012, 495 en 2015, 493 en 2018, 487 en 2022, 483 en 2025 .
Accordons à Aurélien Caron la possibilité que cette méprise a pu se faire à ‘’l’insu de son plein gré’’. Il peut alors faire amende honorable. L’ancien élève de l’ENA peut mieux faire. Va-t-il le faire ? Voudra-t-il le faire ?
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