Non, la pollution de la Meuse à Wanze n'est pas due à un groupe d'enfants : "On ne peut pas savoir exactement l'origine, mais on connaît la source"
48 heures après qu'une importante pollution au goudron ait été remarquée dans la Meuse à hauteur du centre nautique de Bas-Oha, le travail de dépollution a déjà commencé. Benjamin Lemaire est le cogérant d'UDH (Urgence Dépollution Hydrocarbures), société chargée de nettoyer le fleuve après l'incident majeur survenu plus tôt cette semaine.
Alors que la piste d'enfants ayant actionné une vanne dans une ancienne usine à Andenne était mentionnée dans la presse, il dément. "On connaît la source de la pollution et c'est bien cette ancienne usine, par contre, un tas de supercheries ont été dites sur son origine. À vrai dire, on ne sait pas exactement quel événement a causé une telle pollution mais l'histoire des enfants ayant actionné une vanne est fausse. Même s'ils en ont ouvert une, c'est impossible qu'une telle action ait généré une telle pollution dans la Meuse. Le moment exact du commencement du sinistre est totalement inconnu, le goudron s'est retrouvé dans les égouts après un long laps de temps."
Un polluant collant
Benjamin et son équipe sont déjà à l'œuvre pour traiter la pollution. Les barrages ont été changés et des boudins absorbants ont été mis en place. Néanmoins, le traitement de l'eau prendra du temps. "Le procédé a commencé. Du pompage sera potentiellement nécessaire suivant ce qui va arriver dans les barrages qu'on a installés. Pour l'instant on est encore dans la phase d'analyse. Le problème de la pollution au goudron, c'est qu'il s'agit d'un polluant différent du mazout, il s'accroche beaucoup. On sait comment on doit traiter ce genre de substances mais c'est un produit beaucoup plus collant et contraignant à travailler."
Le laps de temps nécessaire pour nettoyer la Meuse dépendra de beaucoup d'éléments dont UDH n'est pas maître. Les conditions météorologiques, le flux, le mouvement de la Meuse ou encore le passage des bateaux sont autant de facteurs à prendre en compte et qui peuvent retarder le nettoyage. Ce qui limite également la société spécialisée en hydrocarbures, ce sont les berges naturelles. "Une action humaine mise en place partout n'est pas possible sur une étendue pareille. Lorsqu'on aura terminé le processus, il se peut qu'il reste des résidus fixés sur des roches ou autres qui s'enlèveront bien longtemps après notre passage."
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.