Pour la deuxième fois en quelques jours, les États-Unis ont déclenché des frappes contre l'Iran qui ont fait deux morts lors d'un mariage, selon un responsable iranien. Téhéran a dit lancer une riposte « décisive ».

Une opération décisive menée par les forces armées iraniennes en riposte à l'ennemi américain a commencé, a écrit l'agence de presse iranienne Tasnim. Les bases et les intérêts américains dans la région sont pris pour cible par des missiles et des drones iraniens.

Aujourd'hui, à midi, les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran, a indiqué le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient dans un communiqué.

Des victimes dans un mariage

Un responsable iranien a fait état de deux morts et de plusieurs blessés lors d'un mariage, dans le sud du pays.

Une maison a été prise pour cible alors que des personnes y célébraient un mariage, a déclaré à la télévision d'État Ahmad Nafisi, vice-gouverneur de la province d'Hormozgan, près du détroit d'Ormuz.

Si Téhéran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, l'Iran sera de nouveau frappé, bien plus durement et plus fort, mais ce ne sera pas la plus grande attaque de toutes, celle-là attend en coulisses, a menacé Donald Trump, sur son réseau Truth Social.

Un châtiment sévère attend les agresseurs. Les États-Unis regretteront leurs nouvelles attaques, avait déjà déclaré le porte-parole de la puissante force armée iranienne, Hussein Mohebi, dans un message publié sur X.

Le processus diplomatique est pour sa part au point mort, après l'échec d'un protocole d'accord signé en juin par Washington et Téhéran.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a appelé mardi les États-Unis à reprendre les discussions, et à respecter ce protocole dit d'Islamabad, assurant que, dans ce cas, l'Iran renouerait de son côté immédiatement avec ses engagements.

Le dirigeant iranien participait à un sommet au Kirghizstan, en Asie centrale.

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Début du sommet de l’organisation de coopération de Shanghai au Kirghizistan

Le brut bondit

La télévision d'État iranienne a fait état de plusieurs explosions dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz. La chaîne a précisé qu'aucun dégât n'avait été signalé jusqu'à présent dans la province.

Puis elle a rapporté d'autres déflagrations aux mêmes endroits, mais aussi sur l'île de Lavan située dans le Golfe et qui abrite l'un des terminaux d'exportation de pétrole iranien.

Les médias d'État ont aussi évoqué quatre projectiles qui ont frappé des villes situées à l'est du détroit, et annoncé qu'un aéroport du sud de l'Iran, dans la province de Kerman, avait été visé.

Ces frappes américaines de mardi arrivent peu après que deux pétroliers ont été touchés par des projectiles d'origine inconnue alors qu'ils sortaient du détroit, selon l'agence maritime grecque Marisks.

Les cours des hydrocarbures ont bondi mardi après ces dernières hostilités, le baril WTI américain passant de nouveau le seuil des 90 $ pour la première fois depuis fin juillet, et le gaz européen se négociant au plus cher depuis trois ans.

Les États-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des cibles militaires situées sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis.

Deux points lumineux suivis de traînées de fumée dans le ciel.

L'Iran a publié des images qui montreraient des tirs contre des cibles américaines, lundi.

Photo : Reuters / Wana News Agency

Asphyxie économique

L'Iran a dit vouloir imposer des droits de passage dans le détroit, où la navigation était libre avant le début du conflit.

Le gouvernement américain a de son côté promis une campagne d'asphyxie économique de l'Iran, passant par des sanctions dont les contours et les cibles restent à préciser.

Les autorités iraniennes ont, elles, appelé mardi à réduire la consommation d'essence dans le pays, alors que Téhéran est confronté à des difficultés d'importation du fait d'un blocus naval imposé par les États-Unis.

Par ailleurs, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a émis un avertissement sur le programme nucléaire iranien.

L'absence d'accès aux sites iraniens pour y vérifier le matériel nucléaire doit être réglée avec la plus grande urgence, souligne cet organisme dans un rapport confidentiel consulté mardi par l'AFP.

L'AIEA n'a pas eu accès aux installations nucléaires majeures Fordo, Natanz et Ispahan depuis des frappes menées par Israël, rejoint par les États-Unis, en juin 2025, contre ces sites.

Depuis le début du conflit avec Washington le 28 février, des installations nucléaires ont également été visées.

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