C’est le spectacle le plus fabuleux du monde, et peut-être même de l’univers : l’immensité d’un ciel nocturne parsemé de ses astres étincelants. Et ce plaisir inégalé de débusquer ses stars les plus célèbres, l’étoile du Berger – qui n’est autre que Vénus –, Mars, ou encore Saturne. Sans oublier, bien sûr, le graal : une pluie d’étoiles filantes.

Mais saviez-vous que d’autres merveilles, plus éloignées encore, sont aussi à la portée de notre regard de petits terriens ? Des galaxies, des nébuleuses planétaires, (presque) visibles à l’œil nu, qui se trouvent dans ce que l’on nomme communément « le ciel profond », en dehors de notre système solaire.

« C’est le ciel que nous pouvons observer lorsqu’il n’y a pas de Lune, ni de pollution lumineuse », précise François Hammer, astronome à l’Observatoire de Paris et auteur de l’ouvrage Voyage de la Terre aux confins de l’Univers, paru en 2023 chez Odile Jacob. Pour cela, quelques conditions doivent être réunies. Et, petits chanceux que nous sommes, elles seront bientôt optimales.

Loin des villes, à l’abri des lumières

Pour observer les objets de ce ciel profond, il faut l’obscurité la plus totale. Abandonnez donc tout espoir de profiter de ce spectacle à couper le souffle au cœur d’une grande ville inondée de lumières, ni même à proximité. « Il faut vraiment être dans des endroits très isolés », souligne l’astronome François Hammer. Il cite notamment le centre de la France, comme le département de la Creuse, par exemple, ou encore dans les régions des Alpes et des Pyrénées.

Mais une fois encore, même au fin fond de la campagne, il faut se draper dans la nuit noire, sans éclairages, qu’ils proviennent de chez soi ou des rues avoisinantes. Dans ce domaine, François Hammer souligne quelques avancées.

« De plus en plus de villes ont compris que ce n’était pas une très bonne idée d’éclairer le ciel, en particulier pour les oiseaux de nuit, les insectes… Ce sont aussi des dépenses d’énergie inutiles. Il y a donc de plus en plus de régions où on peut commencer à observer le ciel profond. »

Une nuit sombre de nouvelle lune

Enfin, aussi beau soit-il, un astre peut également gâcher la fête : la Lune, dont la luminosité empêche de distinguer ces objets lointains. Comme le précise l’astronome, son absence est « absolument indispensable » pour immerger son regard dans le ciel profond.

Pour cela, il faut donc attendre la phase lunaire de la nouvelle lune, lorsqu’elle devient invisible à l’œil nu, soit tous les 29 jours, en moyenne. Rendez-vous le mercredi 12 août pour la prochaine.

Par ailleurs, contrairement aux étoiles filantes, dont les conditions d’observation sont plus favorables au cœur de l’été, le ciel profond peut, quant à lui, se savourer à longueur d’année. « On peut même dire que les ciels d’hiver sont, en général, extrêmement beaux », observe François Hammer.

« La deuxième étoile à droite et tout droit jusqu’au matin »

Evidemment, rien de mieux qu’un observatoire dédié pour s’y plonger. Certaines pépites sont toutefois visibles par tout un chacun, avec des jumelles, et si possible un télescope. Avec un peu de chance - et de persévérance –, vous pourrez ainsi voir la galaxie d’Andromède qui se trouve à 2,5 millions d’années-lumière et qui est gigantesque, deux fois plus grande que notre galaxie. François Hammer s’émerveille :

« On voit essentiellement le bulbe [son centre], mais par une très belle nuit on peut voir le disque et là c’est absolument magnifique. »

Elle est visible aux alentours de 2 heures du matin et, pour la trouver, deux options : suivre la plus grande pointe du « W » de la constellation de Cassiopée. Ou alors, viser la constellation de Pégase, prendre un côté du quadrilatère et remonter de deux étoiles (qui sait, vous tomberez peut-être aussi sur le pays imaginaire). Des applications comme Stellarium, Star Walk ou encore Sky Map peuvent vous guider.

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Vous pourrez également observer des nébuleuses planétaires ou encore des amas globulaires (des sortes de concentrations d’étoiles) comme le sublime Messier 13, l’amas d’Hercule. Enfin, la Voie lactée fait aussi partie du show. « C’est spectaculaire. Il suffit même de longer son disque pour voir des amas ouverts et tout un tas d’objets fabuleux », conseille notre astronome. Bon voyage !