Le nouveau directeur sportif marseillais est monté au front en conférence de presse pour défendre les conditions du transfert de Mason Greenwood à Fenerbahçe. Un discours sans filtre, qui ne convaincra pas tout le Vélodrome.

Il y avait la version des supporters, celle d’un joueur bradé. Il y a désormais celle du club. Et les deux ne se ressemblent pas beaucoup.

39 ou 40 millions, et beaucoup de bruit

Reprenons. Mason Greenwood a officiellement rejoint Fenerbahçe, qui a communiqué le montant de l’opération : 39 millions d’euros versés à l’Olympique de Marseille en trois versements égaux étalés sur trois ans, pour un contrat de quatre ans. D’autres sources évoquent 40 millions, plus deux de bonus. La différence n’est pas anodine — reste à savoir si les 40 % dus à Manchester United sur la revente sont inclus dans ce total, ou non.

Pour le meilleur joueur de l’OM sur les deux dernières saisons, la pilule est dure à avaler du côté du virage. On imaginait 80, on rêvait de 100. On a eu 39.

« Pas beaucoup de clubs ont toqué à la porte »

C’est là que Grégory Lorenzi est entré en scène, à la Commanderie, aux côtés de Bruno Genesio pour leur présentation commune. Le nouveau directeur sportif n’a pas esquivé. Sur la complexité du dossier, d’abord : il a rappelé que le cas Greenwood était compliqué par l’image que le joueur peut avoir, ce qui limitait mécaniquement les options.

Sur le fond ensuite, sa réponse a été frontale : selon lui, très peu de clubs se sont réellement manifestés, et l’écart entre le montant espéré et la réalité est parfois considérable. Sa formule fera date : entre l’idée de vendre un joueur 80 ou 100 millions et la réalité économique, le marché a décidé qu’il ne les valait pas.

Voilà. C’est dit.

Un joueur qui voulait partir

Le dirigeant a par ailleurs insisté sur un point que les débats avaient tendance à évacuer : Greenwood souhaitait lui-même quitter Marseille, et les discussions avaient commencé bien avant l’officialisation. Il y avait, dit-il, une volonté commune de trouver une solution. Autrement dit, l’OM ne comptait pas retenir un joueur qui n’avait plus envie du maillot. Une position défendable. Presque classique, même.

Annoncé un temps à l’AS Roma et à l’Atlético de Madrid, l’Anglais n’a finalement vu qu’une porte s’ouvrir vraiment : celle de Fenerbahçe.

Et maintenant ?

Le club estime rentrer dans ce qu’il souhaitait sur ce dossier. Reste que le vestiaire, lui, perd son buteur, et que Bruno Genesio hérite d’une attaque à reconstruire dans un été déjà chargé. Le premier nom cité pour combler le vide ? Un joueur que Lorenzi connaît bien de son passage rennais.

Personne ne s’y attendait vraiment, mais le nouveau duo marseillais a choisi la transparence plutôt que la langue de bois. Un pari. Il reste à le transformer sur le terrain du mercato.

La suite se jouera dès la semaine prochaine, une fois la Coupe du monde refermée.