Le siège de la Fédération française de football (FFF), au coin du Boulevard de Grenelle et de la rue du Soudan, situé dans le XVe arrondissement de Paris, au pied du métro, était bouclé depuis plusieurs heures. Un tapis bleu y avait été déployé et il a fallu opérer un tri drastique parmi les innombrables demandes d'accréditations des journalistes et photographes, pour n'en retenir qu'une centaine. Français, naturellement, mais aussi espagnols, anglais ou italiens.

Personne ne voulait manquer l'intronisation de l'icône Zinédine Zidane (54 ans) comme sélectionneur de l'Équipe de France, heureux dénouement après une attente étirée par la longévité rare de son prédécesseur Didier Deschamps, resté en poste durant quatorze ans.

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Çà a été la rencontre de deux envies. Et une évidence.

Sur le coup de 11h, Zizou a pénétré dans l'auditoire, accompagné de Philippe Diallo, le président de la FFF. Les deux hommes ont logiquement commencé leur laïus par saluer le travail "exceptionnel" de Deschamps et de son staff. Diallo a même qualifié ces dix dernières années "d'âge d'or du football français".

Il a ensuite admis que la première rencontre avec Zidane s'était tenue dès février 2025, quelques semaines après que Deschamps avait annoncé son souhait d'arrêter au terme de la Coupe du monde 2026. "Ça a été la rencontre de deux envies. D'un côté celle de la FFF de nommer un sélectionneur qui a la compétence, l'aura et le cœur des Français (NdlR : il a d'ailleurs eu droit à un bain de foule en sortant du bâtiment) ; d'un autre, celle de Zinédine qui avait fait savoir de longue date son rêve de diriger un jour les Bleus. C'était une évidence."

Son contrat entrera officiellement en vigueur le 1er août, pour une durée de 4 ans.

President of the French Football Federation Philippe Diallo (L) speaks next to former French international football player Zinedine Zidane during a press conference to present him as the new head coach of France national football team at the French Football Federation headquarters (FFF) in Paris on July 28, 2026. The former France playmaker, who won the 1998 World Cup and the 2000 European Championship as a player, has been appointed head coach of the French national team, succeeding Didier Deschamps, the French Football Federation (FFF) announced. Zidane takes over from his former teammate Deschamps, who had been in charge since 2012; Deschamps' tenure ended with a fourth-place finish at the 2026 World Cup, following a title win in 2018 and a final appearance in 2022. (Photo by LOU BENOIST / AFP)
Philippe Diallo (président de la FFF) et Zinédine Zidane. ©AFP or licensors

Un préambule de soutien… aux pompiers et agriculteurs

S'est ensuivi une demi-heure de questions-réponses avec Zidane, auteur d'un préambule qui a dribblé l'assemblée : "Je tiens d'abord à adresser mon soutien à tous les pompiers et tous les agriculteurs qui sont dans la difficulté aujourd'hui (NdlR : la France est en proie à de violents incendies). Mes premières pensées sont celles-là."

D'un naturel réservé, l'ancien numéro 10 n'a pas toujours été un grand communicateur en public. Il ne raffole pas des exercices médiatiques. Mais ce mardi, on a cru apercevoir l'armure se fendiller. Assis à la gauche de son président dans un costume bleu élégant, Zidane a, çà et là, laisser transparaître une forme d'émotion, voire de fragilité, certes contenue, devant la mission qui lui est confiée : "C'est le plus beau jour de ma carrière d'entraîneur. C'est un rêve. J'ai passé les 4-5 dernières années à attendre ce moment. Pourtant, j'ai reçu des propositions pour reprendre des clubs mais je les ai toutes refusées. Pour l'Équipe de France. Après mon expérience au Real Madrid, c'était la seule chose que je voulais faire. La seule chose qui m'anime."

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Vous ne le voyez sans doute pas mais je suis traversé par beaucoup d'émotions.

Le message est puissant, et déjà rassembleur. Relancé par un journaliste, l'ancien Ballon d'or s'est ensuite mordillé les lèvres et a délivré un sourire franc, pour insister : "Vous ne le voyez sans doute pas mais je suis traversé par beaucoup d'émotions. Je suis excité, ému et heureux. Sincèrement. Fier, aussi. J'ai commencé mon histoire avec l'Équipe de France en minimes, jusqu'à la sélection A, qui est le summum, a rappelé le gamin de la Castellane, cité marseillaise. En 1998, grâce à Aimé (NdlR : Jacquet), on a gagné la Coupe du monde avec les copains, chez nous, en France. Devenir sélectionneur, c'est finalement la continuité de mon histoire en Bleu."

Un projet de jeu à éclairer

Zidane a en revanche été plus fuyant lorsque les questions ont porté sur le jeu et la philosophie qu'il compte insuffler à l'équipe. "Il faut d'abord que j'atterrisse et que je vois les joueurs pour leur expliquer mon projet de jeu, a-t-il esquivé, sourire en coin. Les trois semaines du rassemblement de septembre seront utiles et précieuses."

La France y affrontera en déplacement la Turquie (le 25) et la Belgique (le 28) avant de recevoir l'Italie (2 octobre) puis la Belgique (le 5), au stade de France, en Ligue des nations

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Mon style ? J'étais un n°10 animé par le jeu, par le fait d'aller marquer des buts...

Sera-t-il en rupture ou dans la continuité de ce que Didier Deschamps avait instauré ? "On va faire différent, sincèrement. Blanc c'est Blanc ; Deschamps c'est Deschamps, et Zidane c'est Zidane. Disons que cela ressemblera à ce que j'ai pu mettre en place au Real Madrid."

C'est-à-dire ? "J'étais un numéro 10 animé par le jeu, par le fait d'aller marquer des buts même si, bien sûr, il faut un équilibre collectif. J'ai vécu 25 ans en Espagne, vous savez ce que cela signifie. J'étais un leader sur le terrain et je le serai aussi comme sélectionneur. Mais on aura le temps de parler de tout cela plus tard."

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Je ne me suis pas tourné les pouces pendant cinq ans.

C'est l'avantage du rôle de sélectionneur, par rapport à celui d'entraîneur en club : les échéances sont espacées. "Je sais que c'est un métier complètement différent, qu'on a moins de temps pour mettre les choses en place ; c'est nouveau pour moi mais cela ne me fait pas peur, a expliqué ZZ. J'aurai justement un équilibre entre ma vie personnelle et l'Équipe de France, et cela me convient parfaitement. Vous savez, je ne me suis pas tourné les pouces pendant cinq ans. Je crois même que j'ai vu plus de matchs durant cette période que lorsque j'étais en poste."

Peu importe, finalement. On a juste hâte de voir le résultat.


Un staff renouvelé

Comme pour mieux tourner la page, le staff va totalement changer. Il ne sera officiellement communiqué qu'en septembre, mais la presse française sait déjà que Zidane sera accompagné de ses adjoints David Bettoni et Hamidou Msaidie, avec lesquels il a travaillé au Real Madrid.

Le préparateur physique Grégory Dupont, le médecin Hervé Collado et probablement Fabien Barthez comme entraîneur des gardiens, devraient suivre également. "Mon staff technique est déjà en place et est pratiquement celui que j'ai eu au Real. Vous savez que je suis du genre fidèle", a glissé Zidane.

Conflit de marques

Zinédine Zidane est l'égérie d'Adidas depuis une trentaine d'années. Or, l'équipementier des Bleus, c'est le concurrent Nike. Cela a forcément été un sujet dans les discussions contractuelles.

Interrogé sur cette question, Zidane a simplement répondu que "cela ne changerait rien." Il va rester fidèle à la marque allemande. Philippe Diallo est alors intervenu : "Quand le sélectionneur vient en Équipe de France, il porte du Nike, mais il a la liberté de choisir ses chaussures (NdlR : comme les joueurs). Pour le reste, en dehors, il s'habille comme il l'entend."

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