Suspendu ce jeudi soir, Mohamed Brahimi ne jouera pas face à l’ASM, mais l’ailier de 28 ans, né à Saint-Étienne, dresse le portrait du CSKA où il évolue depuis 2025. Passé par le pôle Espoirs de Vichy, il a écumé les clubs de la banlieue lyonnaise (Saint-Priest en U19, Hauts-Lyonnais et Vaulx-en-Velin en N3), avant de filer en Bulgarie en 2020, après la Covid, suivant l’exemple de son frère. Ce dernier y avait joué quinze ans plus tôt. « Je suis content au CSKA mais mon parcours n’est pas fini », projette-t-il.

Je dirais qu’il est le même qu’en Ligue 1. Les équipes du haut du tableau, celles qui ont les plus gros budgets et de grandes histoires, comme le CSKA, Ludogorets ou le Levski, peuvent jouer dans le championnat français. Je ne dis pas qu’elles seront dans le top 5 ou le top 8, mais elles peuvent viser le milieu du classement et titiller certaines équipes. Peut-être que je me trompe, mais c’est mon avis. Pour les trois équipes que je viens de citer, il faut savoir que c’est complètement différent de jouer l’Europe ou le championnat.

Pour quelles raisons ?

Psychologiquement, les joueurs sont plus motivés. L’atmosphère est différente pour nous en termes d’adversaires, d’ambiances et de terrains. Monaco, ça fait un mois qu’on nous parle de ce match dans la rue. On nous dit : ‘‘Comment ça va être contre eux ?’’ En Ligue Conférence, on va prendre match par match. On va kiffer comme ça. L’Europe, c’est du bonus même si le CSKA doit y être plus souvent au vu de son histoire. Notre objectif principal, c’est de gagner le championnat. Ça fait des années qu’on veut le remporter.

Votre public est chaud dans le stade historique du club, celui de l’Armée. Ce dernier est actuellement en rénovation. Est-ce aussi bouillant dans le stade de la sélection où vous jouez actuellement ?

J’espère qu’il y aura du monde et qu’il fera beau parce que les trois quarts du stade ne sont pas couverts. Mais si la météo est bonne, l’ambiance pourrait surprendre les Monégasques. Ça reste Monaco, mais à domicile on peut jouer quelque chose. Nos supporters peuvent nous donner une énergie en plus. Il y a 6 millions d’habitants en Bulgarie et 2 millions de fans du CSKA. Ils se déplacent plus facilement pour les matchs européens. Il faut savoir qu’ils attendent avec impatience le nouveau stade pour avoir leurs cartes d’abonnés. On pourrait l’avoir d’ici trois semaines et c’est dommage que ce ne soit pas le cas contre l’ASM. Pour l’instant, nos fans paient une vingtaine d’euros pour chaque match au stade national, alors que le SMIC dans le pays est de 600 ou 700 euros. C’est un peu dérangeant pour eux.

« Zwarts a une grosse frappe, à la Mark Landers »

Parlez-nous du match remporté (3-2) dimanche contre le CSKA 1948 Sofia, le premier de votre nouveau coach…

Malgré le peu de jours passés avec le coach, on a quand même bien assimilé ce qu’il nous a demandé : répéter les efforts. On a mis beaucoup d’intensité et de pression sur l’équipe adverse, surtout à la perte de balle. Quand ils avaient le ballon, on les a vraiment étouffés et ça les a surpris. C’est pour ça qu’on a marqué trois buts au bout de la première demi-heure, même si l’un d’eux a été annulé et que je ne parlerai pas de l’arbitrage (son club l’a fustigé dans un communiqué, ndlr). En seconde mi-temps, peut-être qu’il y a eu un peu de fatigue donc un peu moins de concentration sur les coups de pied arrêtés. C’est comme ça qu’on a encaissé les deux buts. Au bout d’un moment, c’est peut-être normal qu’il y ait une petite baisse physique.

Quels sont les joueurs à suivre dans votre équipe ?

On a pas mal de bonnes individualités. Derrière, j’aime bien le petit Bulgare, le jeune défenseur Teodor Ivanov. Il a un beau potentiel pour aller plus haut. Vous connaissez Jean-Philippe Gbamin (il a joué à Metz la saison passée mais il était blessé dimanche). Au milieu, on a Sensi qui a évolué à l’Inter. Il a un bon profil comme celui de James Eto’o, capable de casser des lignes par la passe et de faire des passes décisives. À gauche, il y a Leo Pereira. S’il est dans son jour, il peut faire mal au latéral adverse. Et en attaque, on a des profils vraiment différents. Zwarts (la pointe du 4-2-3-1 et le meilleur buteur du championnat bulgare) a une grosse frappe, à la Mark Landers (un personnage de la série d’animation Olive et Tom). Lui, s’il la prend bien et cadre, en général, c’est but. Il a une qualité de finition. Pittas, lui, apporte sur les quatre postes offensifs, même en n °10.

Quatre choses à savoir sur le CSKA Sofia :

  • Le club le plus titré du pays

Le CSKA Sofia a terminé 4e du dernier championnat de Bulgarie, mais il reste le club le plus titré du pays avec 31 couronnes nationales, devant son voisin et rival du Levski (27), champion sortant qui a mis fin aux quatorze années de règne de Ludogorets. Pour l’anecdote, il ne faut pas confondre le CSKA Sofia et le CSKA 1948 Sofia. Ce dernier a été créé en 2016 par des membres du CSKA Sofia mécontents de voir leur club faire faillite et se relever grâce à sa fusion avec le Litex Lovetch.

  • Un nouveau coach à la trêve

Markus Gisdol s’est posé sur le banc du club bulgare pendant la pause internationale. L’entraîneur de 57 ans, notamment passé par Hoffenheim, Hambourg et Cologne, a débarqué dans une équipe classée 2e de son championnat derrière le Levski. Dimanche, il a remporté son premier match (3-2) sur le gong avec une frappe de 30 m du capitaine et milieu Bruno Jordao. Adepte d’un pressing haut, l’Allemand aime le 4-2-3-1. Il succède au Brésilien Daniel Morales, coach intérimaire après la démission en septembre de Hristo Yanev.

  • L’ASM l’a déjà affronté

Ce CSKA - Monaco n’est pas inédit en Coupe d’Europe. Les deux formations se sont déjà croisées à trois reprises. Il y a eu deux affrontements en Coupe de l’UEFA en 1984 (32es de finale) et en 2005 (phase de poules). Le premier s’est tenu en Coupe des clubs champions, l’ancêtre de la Ligue des champions, en 1982 (16es de finale). Sur les deux duels à élimination directe, l’ASM a été éliminée à chaque fois en 1982 (0-0, 0-2 a.p.) et en 1984 (2-2, 1-2). Elle l’avait emporté (2-1) en 2005 au Louis-II grâce à des buts de Kapo et Squillaci.

  • D’illustres anciens

Quand on s’intéresse à la liste des légendes du CSKA, deux noms sortent du lot  : le milieu Stiliyan Petrov (1996-1999) et le buteur Dimitar Berbatov (1998-2001), passé également par l’ASM pendant un an et demi (de janvier 2014 à juin 2015, pour 53 matchs et 18 buts). Les deux internationaux bulgares (105 et 79 capes) ont lancé leur carrière dans le club de l’armée. Ensemble, ils ont remporté la Coupe en 1999.Petrov a aussi réussi le doublé Coupe-championnat en 1997.