l'essentiel Le prix des carburants repart à la hausse en pleine période de départs en vacances. Rencontrés dans des stations-service, les automobilistes n’envisagent pas de renoncer à leur séjour, mais certains cherchent des solutions pour alléger la facture. Le covoiturage s’impose comme l’une des alternatives. Témoignage.

Faire du covoiturage pour partir en vacances avec ses amis, c’est le choix qu’a fait Éléa cette année. "D’habitude, je pars seule de mon côté, mais cette fois, je fais différemment", explique la jeune femme de 25 ans, accompagnante éducative et sociale, en faisant le plein à la station-service Leclerc d’Auch.

Elle prendra la route avec deux amis à bord de son camion aménagé. "Un covoiturage, mais version camion", explique-t-elle en souriant. Au programme de ce mois d’août : traverser l’Espagne avant de rejoindre le Portugal. Pour un tel voyage, le budget carburant n’est pas un détail. "C’est toujours trop cher", glisse-t-elle en regardant les prix affichés à la pompe. "Voyager en camion me coûte cher en carburant, mais ça m’évite de payer un logement. Au final, ça compense un peu." 

Pour elle, pas question d’annuler les vacances. "On part quand même, mais on s’adapte", conclut-elle.

"J’ai halluciné de la différence de prix en si peu de temps"

Quelques mètres plus loin, Fanny remplit le réservoir de sa voiture au gazole. "La dernière fois que j’ai fait le plein, c’était à 1,85 €. Là, j’ai vu 2,15 €. J’ai halluciné de la différence de prix en si peu de temps." L’étudiante, de retour chez ses parents pour les vacances, doit rejoindre des amis en Bretagne dans deux semaines. Là encore, le covoiturage s’est imposé comme une évidence. "Je vais directement mettre une annonce pour prendre des gens sur mon trajet. Prendre des passagers c’est devenu obligatoire niveau porte-monnaie."

Une habitude qui lui permet d’amortir le coût du voyage. "Avec les prix actuels, chaque centime compte. Quand je prends des gens, ça me paie au moins l’essence. C’est le minimum, sinon je pense que je ne pourrais pas me permettre de partir en vacances."

Des prix qui repartent à la hausse depuis le début du mois...
Des prix qui repartent à la hausse depuis le début du mois... DDM - L.B.

Après une légère accalmie au début du mois de juillet, les prix des carburants sont de nouveau repartis à la hausse. Le SP95-E10 a franchi, le 20 juillet, la barre symbolique des 2 euros le litre, avec une hausse de 6,8 centimes en une semaine. De son côté, le gazole, qui reste le carburant le plus consommé en France, a augmenté de 12,1 centimes sur la même période.

Guerre en Ukraine, tensions au Moyen-Orient : pourquoi les prix grimpent

Plusieurs crises géopolitiques expliquent cette hausse. En Russie, important producteur de gazole, les autorités ont annoncé le 8 juillet suspendre leurs exportations afin de faire face aux pénuries provoquées par les frappes ukrainiennes sur plusieurs raffineries. Une décision qui réduit l’offre disponible sur le marché mondial.

À lire aussi : Prix des carburants : essence à 1,99 €, gazole à 2,25 €… TotalEnergies rétablit le plafonnement dans toutes ses stations-service

Dans le même temps, les tensions entre les États-Unis et l’Iran sont reparties de plus belle au Moyen-Orient. Après une courte période d’accalmie à la suite d’un accord de paix, les hostilités ont repris fin juin, alimentant une nouvelle hausse des prix.

Le baril de Brent a lui aussi franchi sa barre symbolique. Référence mondiale du pétrole, il a dépassé les 100 dollars pour la première fois depuis le 26 mai. En cause : le blocage persistant du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport du pétrole, mais aussi les attaques menées en mer Rouge par les rebelles houthis contre des pétroliers saoudiens.