Une semaine après une première fusillade, de nouveaux coups de feu ont visé la résidence Sainte-Jeanne, à La Frayère, ce mardi soir. Les habitants sont une nouvelle fois sous le choc, et en colère.

  • Copier le lien

  • Mail

  • X

  • Facebook

  • Linkedin

  • Whatsapp


R.H

Romain Hugues

Créé le 2 septembre 2026 • 00:14

Mis à jour le 2 septembre 2026 • 00:14


L’entrée de la résidence a été bouclée une bonne partie de la soirée. Des douilles y ont été retrouvées sur les escaliers.
L’entrée de la résidence a été bouclée une bonne partie de la soirée. Des douilles y ont été retrouvées sur les escaliers.
Photo : R.H. / Nice-Matin

« Qu’est-ce qu’on attend pour vraiment agir ? Qu’il y ait un mort ? » Ce mardi 1er septembre, vers 22 heures, la colère éclate une nouvelle fois à Cannes-la-Bocca. Quelques minutes après de nouveaux tirs visant, pour la deuxième fois en une semaine, le quartier de La Frayère, et plus particulièrement un bâtiment de la résidence Sainte-Jeanne - par deux individus cagoulés, en fuite, qui auraient utilisé un fusil à pompe ou une kalachnikov -, les habitants expriment leur désespoir. Encore. Comme il y a tout juste sept jours.

Alors qu’une voiture criblée par les impacts de balle a été retiré du parking de la résidence Sainte-Jeanne, une autre stationnée à proximité semble avoir été également impactée.

« Il y en a vraiment ras-le-bol, personne ne fait rien, souffle l’un d’eux. La police passe, mais ça ne change rien. Le trafic continue aux yeux de tous. »

Pour un autre riverain, le quartier s’est profondément dégradé. En vingt ans, selon lui, le trafic de stupéfiants l’a complètement gangrené. « On est devenu Marseille, il n’y a pas d’autres mots, témoigne-t-il. Avant, on voyait ça à la télévision, tranquillement assis dans notre canapé. Aujourd’hui, on voit des jeunes assis devant nos immeubles et des tirs de fusil à pompe ou de kalachnikov qui nous visent. Ça suffit ! »

« Les trafiquants ont gagné »

Mais, comme la semaine dernière, ce qui révolte le plus les habitants est la présence d’enfants, encore nombreux ce mardi soir, qui auraient une nouvelle fois pu être touchés par une balle perdue. « On se doute que les tireurs ne visaient pas nos enfants, ils cherchaient sûrement à défendre leur point de deal, tente d’analyser un habitant. Mais nos petits n’ont rien demandé à personne. On vient de faire la rentrée, tout le monde était heureux. Et là, on passe à deux doigts d’un drame… Qu’est-ce qu’on attend, sérieusement ? »

Pour certains, c’en est trop. « C’est terminé, je m’en vais, lâche un dernier résident. Je ne veux plus risquer la vie de mes enfants, ni la mienne. Les trafiquants ont gagné ».

Peu avant minuit, le maire de Cannes, David Lisnard, a réagi sur les réseaux sociaux. Dans son post, l’édile laisse exprimer sa colère face, notamment, au manque de policiers nationaux. « Ce soir, à nouveau des détonations ont été entendues à La Frayère. Devant un bâtiment bien connu. Que nous avons signalé tant et tant de fois. Pour obtenir les mêmes opérations de police ponctuelles, fêtes bienvenues, mais par à-coups. […] Ça suffit. Je ne laisserai jamais un quelconque quartier cannois devenir les quartiers nord de Marseille. Je demande aux autorités de l’État, qui ont le monopole en France de la police judiciaire et du maintien de l’ordre, un véritable plan d’action de sécurisation, concret, de la présence sur le terrain, constante, et au ministre de l’Intérieur de combler les carences d’effectifs de Police Nationale le plus rapidement possible. »


  • Copier le lien

  • Mail

  • X

  • Facebook

  • Linkedin

  • Whatsapp


Vous utilisez un AdBlock ?

Vous pouvez le désactiver pour soutenir la rédaction du groupe Nice-Matin qui travaille tous les jours pour vous délivrer une information de qualité et vous raconter l'actualité de la Côte d'Azur

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Si vous souhaitez conserver votre Adblock vous pouvez regarder une seule publicité vidéo afin de débloquer l'accès au site lors de votre session