Le Super U de Trèbes ensanglanté, l’héroïsme et la bravoure du lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame qui a donné sa vie pour sauver une otage… Huit ans après les attentats de Trèbes et de Carcassonne, la justice se penche de nouveau sur ces attaques terroristes qui ont coûté la vie à quatre personnes et fait 15 blessés le 23 mars 2018 dans le département de l’Aude.

À partir de ce lundi et jusqu’au 9 octobre, trois proches du terroriste Radouane Lakdim, dont son ex-petite amie Marine Pequignot, seront rejugés devant la cour d’assises d’appel spéciale de Paris. Radouane Lakdim, unique auteur des attentats de Trèbes et Carcassonne, a lui été abattu par le GIGN lors de l’assaut donné dans le supermarché. Le 23 février 2024, Marine Pequignot a été condamnée à cinq ans de prison dont deux ans avec sursis probatoire, malgré les 11 ans de réclusion demandés par les avocates générales. Elle était ressortie libre du palais de justice.

Samir Manaa, qui avait accompagné l’assaillant lors de l’achat du couteau ayant servi à égorger le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, a lui écopé de trois ans de prison. Dix ans de réclusion avaient été requis contre lui.

« Responsabilité morale »

Face à ces peines jugées trop clémentes par les parties civiles et l’accusation, le parquet national antiterroriste (Pnat) avait décidé de faire appel. Le troisième accusé à être rejugé, le Stéphanois Baghdad Haddaoui, a fait appel de sa propre initiative. Présenté comme l’ami de Radouane Lakdim, il a écopé de trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour non-dénonciation de crime terroriste.

En première instance, la qualification terroriste n’avait pas été retenue pour la majorité des sept accusés, créant la colère des parties civiles. « À défaut d’une responsabilité pénale, ils ont une responsabilité morale. Je les laisse à leur conscience », avait expliqué le président de la cour Laurent Raviot pour justifier son verdict.

Un périple meurtrier de Carcassonne à Trèbes

Le périple meurtrier de Radouane Lakdim, caïd de la cité Ozanam à Carcassonne, avait débuté le 23 mars 2018 vers 10 h 30 par le vol d’une Opel Ascona près de Carcassonne, où il avait abattu le passager Jean Mazières, 61 ans, viticulteur à la retraite, et blessé le conducteur. Au volant de la voiture volée, il avait ensuite pris pour cibles quatre CRS qui terminaient leur footing près de leur caserne, blessant grièvement l’un d’entre eux.

Puis, le terroriste de 25 ans était arrivé au Super U de Trèbes, où se trouvait une cinquantaine de clients. Se revendiquant du groupe djihadiste État islamique, il avait abattu Christian Medves, 50 ans, chef du rayon boucherie et Hervé Sosna, 65 ans, maçon à la retraite et client du magasin. Il avait ensuite pris plusieurs clients en otages, exigeant la libération immédiate du terroriste Salah Abdeslam, auteur des attentats du 13 novembre 2015. Arnaud Beltrame s’était alors héroïquement substitué à une hôtesse de caisse que Radouane Lakdim utilisait comme bouclier humain, le payant tragiquement de sa vie. Le gendarme de 44 ans sera élevé à titre posthume au grade de colonel et nommé Commandeur de la Légion d’honneur.