Paris. « On attend le premier frisson » : chez les fans venus voir le retour de Céline Dion, l'émotion à son paroxysme
Dès les premières lueurs du jour, le parvis des Jardins de l’Arche, à Nanterre (Hauts-de-Seine), a pris les airs d’un pèlerinage international. Des milliers de fans, venus du Québec, du Japon ou des quatre coins de l’Hexagone, ont transformé les abords de la plus grande salle fermée d’Europe, la Plenitude Arena, en un gigantesque chœur à ciel ouvert. Dès les sorties des RER, l’affluence est telle que la station de Nanterre-la-Folie n’a jamais aussi bien porté son nom. De même pour la gare de La Défense Grande Arche, rebaptisée « Céline », qui a entièrement été remaquillée aux couleurs de la star. Les enceintes portatives et les murs ont été gravés par Île-de-France Mobilités : « On ne partira pas sans vous », « Laissez-vous transporter jusqu’au concert de Céline », laissant un sourire sur le visage des nombreux passants.
Dehors, devant la Plenitude Arena, la file d’attente s'étire sur des centaines de mètres, les larmes se mêlent aux rires. Pour beaucoup, le retour sur scène de Céline Dion, après des années de combat contre le syndrome de la personne raide, relève du miracle. « Être ici aujourd’hui, c’est presque irréel », confie Marc, 42 ans, venu de Bordeaux avec un drapeau québécois sur les épaules. « On a tremblé pour elle, on a prié, et la voir debout, prête à chanter chez nous, c’est la plus belle des victoires. L’ambiance est indescriptible, tout le monde se parle, on forme une grande famille. »
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Derrière cette effervescence se cache une organisation titanesque. Pour absorber le flux des 32 000 spectateurs attendus chaque soir, la préfecture et la RATP ont déployé les grands moyens. Le trafic des lignes du RER et du métro 1 a été renforcé de 25 % sur les tranches horaires stratégiques. Sur place, la sécurité et l’accueil mobilisent plus de 1 200 agents pour fluidifier les accès, répartis sur un réseau de 14 portes de contrôle distinctes. Au total, ce sont près de 350 000 billets qui se sont arrachés en moins de 15 minutes lors de la mise en vente, témoignant du caractère historique de l’événement.
« Les clients ne consomment pas juste un verre, ils partagent une communion »
À quelques dizaines de mètres de la Plenitude Arena, la boutique officielle éphémère est prise d’assaut. On s’arrache les t-shirts collectors et les programmes de la semaine de concert de Céline Dion, qui avait déjà enchanté la France, il y a deux ans, en interprétant L’Hymne à l’amour, lors de la cérémonie d’ouverture des JO 2024 dans la capitale. Les commerces locaux, eux aussi, vibrent au rythme de la star. Au Comptoir des Îles, le bar qui fait face à l’arène, les serveurs n’en reviennent pas : « On a lancé un karaoké géant dès midi. Les clients ne consomment pas juste un verre, ils partagent une communion. Tout le monde chante à pleins poumons, l’ambiance est folle. »
Les fans trépignaient d’impatience, samedi soir, avant le grand retour sur scène de Céline Dion. Photo Sipa/Jeanne Accorsini
Vers 18 heures, alors que les portes de la Plenitude Arena s’ouvrent enfin, la tension dramatique monte d’un cran. Les fans entrent avec toutes sortes de surprises en tête, dont le déploiement massif de milliers de bannières à l’effigie de la star. « On veut lui montrer qu’on ira toujours où elle ira », sourit Sarah, 28 ans, les yeux rivés vers les portes. « Regardez autour de vous : il y a toutes les générations, des enfants avec leurs grands-parents. L‘énergie est magnétique. On attend le premier frisson, la première note. » Samedi soir, Nanterre n‘était plus seulement une ville de la banlieue parisienne, elle était la capitale mondiale de l’émotion.