Pas de vaccin contre le déclin
Un choc pour le personnel, un séisme pour le Brabant wallon. Chez GSK, plus de 1 200 emplois sont menacés sur les sites de Wavre, Rixensart et Gembloux. Pour les employés et les cadres concernés, cette annonce s'ajoute à plusieurs années de réductions d'effectifs au compte-gouttes.
Dans les années 1990 et 2000, GSK incarnait une formidable réussite industrielle. Le groupe a contribué à faire de la Belgique un pôle pharmaceutique de premier plan, attirant d'autres géants du secteur. Les pouvoirs publics ont soutenu cette ambition, avec raison. Ceux qui réclament aujourd'hui le remboursement des aides publiques devraient se demander si cette expertise aurait pu se développer sans un engagement durable de l'État en matière de R&D. Cela ne dispense pas d'évaluer ces aides. C'est même essentiel. Mais le retour sur investissement ne se juge pas seulement sur une restructuration dramatique, mais sur des décennies de résultats et d'activités dans le secteur. Et sur ce terrain, le bilan de GSK pour le pays est loin d'être négligeable.
Licenciement collectif chez GSK: plus de 1200 emplois sont sur la selletteL'intelligence artificielle, la robotique et la concurrence bouleversent les équilibres. Les États-Unis, surtout depuis la présidence de Joe Biden et encore davantage sous Donald Trump, attirent les investissements à coups d'incitants, de promesses et de menaces. Les 30 milliards de dollars annoncés par GSK outre-Atlantique pour la recherche et la production témoignent de cette bataille. Ils ne signifient pas pour autant que la Belgique est condamnée.
La question la plus préoccupante réside dans la capacité du groupe à renouveler son portefeuille de traitements et de vaccins. La puissance industrielle d'un big pharma ne suffit plus. Il doit disposer de molécules prometteuses, de découvertes efficaces et franchir avec succès les essais cliniques. Les retards et échecs de GSK sur les cancers et le Covid rappellent que cette course est permanente. La concurrence dans les nouvelles technologies vaccinales - notamment ARN messager - ne laisse guère de répit.
Colère et incompréhension chez les employés de GSK : "On ne sait pas quelles têtes vont tomber, tout le monde va se regarder en chiens de faïence"Pour les employés de GSK, il faut aujourd'hui espérer la poursuite des résultats cliniques prometteurs dans la recherche de ses vaccins contre les maladies neurodégénératives. Pour un géant de la pharmacie, le meilleur remède contre le déclin reste encore de trouver les traitements de demain.
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