Passage à l'heure d'hiver : les accidents graves de piétons bondissent de 73 %, la Wallonie particulièrement touchée
Chaque année, c'est le même rituel : le mois d'octobre signe le passage à l'heure d'hiver. Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, il faudra reculer les horloges d'une heure : à 3 heures du matin, il sera 2 heures.
Le passage à l'heure d'été engendre du danger sur la route : 1 Belge sur 2 admet rouler en étant somnolentUne heure de sommeil en plus, mais un changement qui n'est pas sans conséquences sur la sécurité routière. L'obscurité précoce expose en effet davantage les piétons, alerte une nouvelle analyse statistique de l'institut Vias. Le Centre de connaissances a ainsi décortiqué quelques indicateurs relatifs aux accidents impliquant des piétons entre 16h et 18h59, sur une période allant de 2016 à 2025.
Résultat ? D'octobre à novembre, le nombre d'accidents corporels impliquant des piétons augmente de 39 % pendant l'heure de pointe du soir, en Belgique. Plus inquiétant encore, les accidents graves bondissent de 73 %. Sur les dix dernières années, 181 piétons ont perdu la vie au mois de novembre pendant cette tranche horaire, détaille l'étude.
Baisse générale des accidents sur les routes en Belgique, sauf les accidents avec trottinette qui repartent à la hausse en Wallonie et à BruxellesVias pointe la visibilité réduite comme facteur déterminant. "Il est probable que les vitesses d'impact au moment des accidents soient plus élevées après le changement d'heure en raison des conditions de visibilité moindres, précise l'institut. Certains conducteurs ne voient pas le piéton et freinent beaucoup trop tard ou ne freinent pas du tout."
Les chiffres varient selon les régions et sont particulièrement interpellants pour la Wallonie. Les accidents corporels y augmentent en effet de 54 % durant cette période, contre 31 % en Flandre et 35 % à Bruxelles. Quant aux accidents graves, ils progressent de 104 % au sud du pays, soit bien au-delà de la moyenne nationale.
guillementLes limitations de vitesse sont plus respectées en Flandre qu'en Wallonie.
Selon Benoît Godart, porte-parole de Vias, ces différences peuvent s'expliquer de deux manières. Dans un premier temps, d'après des données publiées début 2026 par l'institut, "les limitations de vitesse sont plus respectées en Flandre qu'en Wallonie". Ainsi, dans les zones limitées à 30 km/h, 83 % des conducteurs sont en infraction en Wallonie, contre 50 % en Flandre. Le constat est similaire dans les zones 50, puisque 43 % des automobilistes ne respectent pas cette limitation en Wallonie, contre 21 % en Flandre.
La seconde justification tient davantage aux spécificités des territoires et aux habitudes de mobilité. "La Flandre est en quelque sorte devenue une grande agglomération avec très peu d'espaces entre les villages et les communes, décrit Benoît Godart. Cela signifie qu'un peu partout, lorsqu'on se déplace en voiture, on s'attend à rencontrer des vélos ou des piétons. Les radars, plus nombreux au nord du pays, sont aussi une explication."
Notons que si Bruxelles s'en sort également mieux que la Wallonie, c'est parce qu'elle a largement étendu la place accordée aux zones 30. "Et puis, à tout moment, vous vous attendez à être confronté à un usager vulnérable : un piéton, un cycliste, une trottinette, voire une monoroue", énumère le porte-parole.
Les conseils aux automobilistes et aux piétons
Afin d'inverser la tendance, Vias appelle à la prudence et réitère une série de conseils à destination des automobilistes mais aussi des piétons.
Si cela peut sembler évident, la première consigne donnée aux conducteurs est d'adapter leur comportement, en veillant à ralentir à proximité des passages pour piétons, moins visibles à cette période de l'année. Une mise en garde : "Un piéton peut en cacher un autre", insiste Vias.
Les piétons sont eux aussi invités à redoubler de prudence avec le changement d'heure. En toute logique, Vias leur conseille de regarder plusieurs fois avant de s'engager au passage pour piétons.
Enfin, et c'est peut-être la recommandation la moins suivie, il est important d'être visibles pour les automobilistes. "De plus en plus de vestes, anoraks et autres sacs à dos comportent des bandes réfléchissantes ou fluo. Ce faisant, vous serez visibles jusqu'à 150 mètres minimum tandis qu'avec des habits foncés, les automobilistes ne vous apercevront dans la pénombre qu'à partir de 20 mètres", souligne Vias.
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