L’ancien premier ministre perd aussi pour dix ans son titre de grand’croix de l’ordre national du Mérite, après la confirmation définitive de sa condamnation, en février, dans le dossier des emplois fictifs de son épouse, Penelope.

L'ancien Premier ministre François Fillon a été suspendu de la Légion d'honneur pour une durée de 10 ans, selon un décret publié au Journal officiel jeudi, plus d'un an après sa condamnation dans le dossier des emplois fictifs de son épouse Penelope.

"Par décret du Président de la République en date du 19 août 2026, (...) M. François Fillon, né le 4 mars 1954 au Mans (Sarthe), est suspendu pour une durée de dix ans (...) de l'exercice des droits et prérogatives attachés à sa qualité de grand officier de la Légion d'honneur", indique le Journal officiel.

L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012) et candidat à l'élection présidentielle de 2017 a aussi été suspendu pour 10 ans de l'ordre national du Mérite, dont il est grand'croix, selon un autre décret publié jeudi.

Le 17 juin 2025, la cour d'appel de Paris a condamné l'ex-locataire de Matignon, à l'issue d'un troisième procès, à quatre ans de prison avec sursis, 375.000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité. Il a ensuite formé un recours, avant de se désister, rendant sa peine définitive.

François Fillon interdit de se présenter jusqu'en 2030.

En 2017, le "Penelopegate", comme l'affaire avait été surnommée, avait fait dérailler la campagne présidentielle du candidat des Républicains, éliminé au premier tour avec 20% des voix. L'affaire avait débuté par un article du Canard enchaîné paru en janvier 2017, qui révélait que l'épouse de François Fillon, Pénélope, avait perçu des rémunérations en tant qu'assistante parlementaire de son mari et de son ancien suppléant Jean-Marc Joulaud, sans qu'il existe de preuves convaincantes qu'un travail effectif avait bien été réalisé, ce que le couple a toujours contesté.

L’article avait suscité une enquête du Parquet national financier, et un procès qui a conduit à la condamnation de François Fillon. Son épouse, elle, a été condamnée à de deux ans de prison avec sursis et 375 000 euros d’amende.

La Cour de cassation avait ensuite, en 2024, partiellement annulé cette décision et ordonné un nouveau procès pour François Fillon mais uniquement sur le montant de sa peine, sa culpabilité, notamment pour détournement de fonds publics, étant définitive.

Sa condamnation étant définitive, François Fillon ne peut envisager un quelconque retour politique dans l’immédiat : il lui est interdit de se présenter à une élection jusqu’en 2030.