Pierre n'a plus vu son fils depuis un an, et l'enfant rêve de retrouver ses deux parents : "Avec une baguette magique, je les remettrais ensemble"
En conflit avec son ex-femme, Pierre n'a plus vu son fils depuis l'an passé. L'enfant, âgé de 10 ans, habite chez sa mère qui a obtenu la garde. Aujourd'hui, Pierre, désemparé, éprouve un sentiment profond d'injustice. Dans les conflits parentaux, dit-il, "c'est davantage la mère que les services de l'aide à la jeunesse écoutent. La parole du père ne compte pour rien".
Après quelques mois de vie commune au mitan des années 2010, Pierre se séparait de sa compagne. Leur fils Michael, qui n'avait pas encore 2 ans, devenait vite l'enjeu de la bataille. Pierre et Michael sont des prénoms d'emprunt. Et c'est le papa qui nous explique la genèse de cette situation douloureuse et comme souvent compliquée et divergente selon la partie. Ce qui frappe tout de suite, cependant, dans les jugements et les documents officiels qu'il dévoile, c'est l'écart entre l'homme qu'ils décrivent et la personne avenante et souriante que nous rencontrons. "C'est vrai que j'en prends plein la tronche, surtout avec le dernier SAJ, celui qui s'occupe du dossier actuellement".
Selon Pierre, pas moins de cinq Services d'aide à la jeunesse se seraient succédé en neuf ans. Imaginez le nombre d'intervenants ! L'actuel SAJ l'accuse d'avoir "délibérément pris la fuite vers l'Espagne avec son fils" le jour où il aurait appris que le tribunal lui retirait la garde de Michael.
Les couples réclament la garde alternée de l'animal de compagnie : "Certains mettent plus d'efforts pour cette garde que l'hébergement de l'enfant"Selon Pierre qui parle de "malhonnêteté intellectuelle", ils oublient juste de dire, au SAJ, que "nous sommes directement revenus en Belgique, sans faire problème, quand il l'a fallu".
Le SAJ reproche aussi qu'avec lui, "il serait impossible d'entreprendre un travail de réelle collaboration, monsieur étant capable de nier l'évidence et n'amorçant aucune remise en question".
Toujours selon le SAJ, Pierre ne serait "clairement pas animé par des considérations bienveillantes à l'intention de son fils […]. Il agit uniquement dans l'intention de nuire à son ex, au mépris total du bien-être de Michael".
Leur amour résiste depuis 13 ans, mais 114 euros empêchent toujours Carine et Sami de vivre ensemble : "Laissez-nous vivre notre amour"Pierre répond qu'ils n'"ont toujours pas compris que j'ai refait ma vie, que la page avec mon ex est tournée et que je me contrefiche de chercher à lui nuire". Il ne penserait, assure-t-il, qu'au "bien-être du petit", son souhait n'étant "en aucun cas de priver Michael de sa mère".
"Le parent le plus sécure"
Pierre était "abasourdi" quand la cour d'appel, reprenant au mot près le jugement du tribunal de la famille prononcé deux mois plus tôt, décidait, en août 2025, d'octroyer le droit d'hébergement principal à la maman. D'après lui, la justice se serait basée sur des rapports qui "travestissent des propos". Et quand une information ou un élément ne correspond pas à leur thèse accusatoire, poursuit-il, "ils l'occultent".
Ainsi Pierre s'étonne-t-il qu'on ne tienne pas compte des expertises qui ont conclu que son ex "présente des failles personnelles et une fragilité psychique". Il rappelle que début 2018, Michael, encore bébé et confié à sa mère, dut être hospitalisé après avoir reçu "une armoire sur le dos", son demi-frère ayant présenté, lui, une "fracture de la clavicule".
À l'époque déjà l'école et le centre PMS alertaient les services sociaux.
"Ma poitrine était dénudée": elle insulte les policiers de "fachos", l'un d'entre eux peut enfin s'expliquer en justice, 6 ans plus tardAujourd'hui, même le grand-père maternel, le père de son ex, s'inquiète. "Ma fille, a-t-il confié aux services d'aide, est bipolaire et capable de frapper l'enfant".
Et la justice passe outre, s'étonne Pierre. "Pire ! Pour le parquet, c'est la maman (qui) représente le milieu le plus sécure".
"Même jamais vu"
De son point de vue, Pierre déplore un dossier "construit à charge". Selon lui, plusieurs faits essentiels seraient présentés "de manière inexacte ou incomplète".
Pour son avocat bruxellois, "des affirmations reposent davantage sur des suppositions ou des interprétations que sur des constatations objectives. Plus grave, les interventions successives des services ont progressivement participé à la dégradation de sa relation avec son fils, contribuant à installer une image négative de sa personne".
Lors du procès d'appel début août 2025, Pierre a dû encaisser, dit-il, d'être décrit à l'audience comme étant "pire que quelqu'un qui a commis des abus sexuels sur mineurs".
La cour lui retirait la garde de son fils. Selon Pierre, elle se basait "sur un rapport préparé par le SAJ […] qui ne m'a même jamais vu en vrai".
De l'avis d'un avocat spécialisé en droit de la famille, ce témoignage d'un père, "loin d'être isolé", devrait "contribuer à ouvrir un débat sur les mécanismes de contrôle des services de l'aide à la jeunesse, la qualité des enquêtes sociales et les garanties offertes aux familles lorsque les conclusions des intervenants sont contestées."
Pierre n'a pas revu son petit garçon depuis août 2025, et ne sait pas quand il le resserra dans les bras.
"Batailler pour mon enfant en situation de handicap": un arrêt du Conseil d'Etat remonte les bretelles de la Fédération Wallonie BruxellesEt si l'on demandait à l'enfant, tout simplement ? C'est d'ailleurs ce qu'un juge a fait ! "Si je te dis que j'ai une baguette magique et que je peux réaliser l'un de tes vœux, que me demanderais-tu ? "Michael, 9-10 ans, lui a répondu : "Je m'entends aussi bien avec ma maman qu'avec mon papa. Je me sens bien chez les deux. Mais si l'on avait une baguette magique pour réaliser un rêve, je remettrais mes parents ensemble".
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