Avec les Fonds-Bulleux, Pokémon Pokopia nous invite à abandonner temporairement la terre ferme pour bâtir et explorer sous l’eau. Une première extension dépaysante et réussie, mais qui doit encore prouver que le pass à 34,99 euros vaut réellement le plongeon.

Pokémon Pokopia, qui dispose pourtant déjà d’un univers très riche avec ses multiples biomes, s’est offert une nouvelle zone payante par l’intermédiaire d’un premier DLC disponible depuis le 5 août 2026. Un ajout qui s’est accompagné de la fonctionnalité « Plongée », quant à elle gratuite, pour ce jeu exclusif à la Switch 2.

Posons les bases : le pass d’extension coûte 34,99 euros, à ajouter au prix du jeu. Si cela peut paraître cher — et ça l’est –, il comprend en réalité trois vagues de contenu déployées progressivement. À commencer par la zone des « Fonds-Bulleux », que j’explore depuis quelques jours. Vaut-elle le coup de passer à la caisse ?

La zone des « Fonds-Bulleux » // Source : Nintendo
La zone des « Fonds-Bulleux » // Source : Nintendo

Vingt mille lieux sous Grisemer

Pour rappel, dans Pokémon Pokopia, on incarne un Métamorph ayant adopté une apparence humaine dans un monde qui, lui, l’est beaucoup moins. Pokémon et humains y vivaient autrefois ensemble, avant que l’environnement ne dépérisse et que ces derniers disparaissent mystérieusement.

Aux côtés du Professeur Bouldeneu, notre petite gelée rose doit donc rendre ces terres de nouveau habitables : restaurer les différents biomes, construire des habitats et répondre aux besoins de leurs nouveaux occupants. Une sorte d’Animal Crossing post-apocalyptique, avec davantage de terraforming.

Bon, pendant que nos confrères d’autres médias publiaient des tutoriels expliquant comment accéder à la nouvelle zone, j’ai pour ma part dû avancer dans ma progression avant de pouvoir en bénéficier. Autant vous dire que je partais avec un peu — beaucoup — d’agacement.

Pour débloquer les Fonds-Bulleux, il faut avoir terminé la requête « Améliorez la qualité de l’environnement ! » et atteint le niveau 5 à Grisemer. Il faut également connaître les capacités Sauter, enseignée par Magicarpe, et Surf, apprise auprès de Lokhlass. À noter que j’avais spam Collinangle avant de véritablement m’occuper de Grisemer, ce qui explique mon retard.

Après de moult heures passées à répondre aux demandes de mes Pokémon, j’ai enfin eu droit au Saint-Graal. Une fois les conditions réunies et le jeu mis à jour dans sa version 2.0, le Professeur Bouldeneu nous envoie sur les traces de Manaphy, installé sur une petite île au large. Cette courte quête permet d’apprendre Plongée, la nouvelle capacité gratuite grâce à laquelle Métamorph peut se déplacer et construire sous l’eau.

De retour au Centre Pokémon de Grisemer, un Otaquin nous conduit finalement jusqu’au portail ouvrant l’accès aux Fonds-Bulleux. Rien de très compliqué, donc, à condition de ne pas avoir délaissé Grisemer pendant des dizaines d’heures comme une certaine personne.

Un Otaquin vous montrera le chemin.  // Source : Nintendo
Un Otaquin vous montrera le chemin. // Source : Nintendo

Une vraie bouffée d’air… sous l’eau

Honnêtement, j’étais assez sceptique en amont. L’univers de Pokémon Pokopia est déjà, selon moi, très riche, et j’ai encore énormément de zones à rendre plus harmonieuses dans les biomes terrestres. J’avais donc peur de la redondance, mais aussi de voir s’ajouter une énième zone un peu intimidante à la liste.

Si vous vous sentez rapidement dépassé par le terraforming, vous partagez sans doute cette crainte — contrairement aux As de la construction, qui ne cessent de produire de petites merveilles pendant que certains d’entre nous essayent encore d’aligner correctement trois lampadaires.

Pourtant, très rapidement, cette zone m’a paru véritablement différente (no shit Sherlock, elle est sous l’eau). Mais au-delà de cette évidence, la rupture avec les autres biomes se ressent immédiatement. Dès que l’on arrive, on oublie qu’il reste quinze poteaux électriques mal alignés à la surface et une horde de demandes en attente de la part de nos petits monstres de poche.

Visuellement, c’est beau et reposant. Le monde est, là encore, en ruines, mais les vestiges et les déchets qui reposent au fond de l’eau donnent une autre dimension au fil rouge écologique de l’histoire. Ils rappellent que, même loin des regards, les conséquences du passage des humains sont toujours présentes.

Le simple fait de pouvoir plonger dans les abysses est également assez exaltant, peu importe à quel point vous avez poncé les zones terrestres. Descendre progressivement vers les fonds marins, nager entre les ruines et découvrir une autre dimension est assez exaltant.

Les abysses de Pokémon Pokopia // Source : Nintendo
Les abysses de Pokémon Pokopia // Source : Nintendo

Pour ma part, je n’ai donc pas eu l’impression de m’être fait avoir. À l’image des autres espaces, les Fonds-Bulleux disposent d’une vraie profondeur — au sens propre comme au figuré — et de petits recoins cachés que l’on prend plaisir à explorer en nageant. La zone ne ressemble pas à un simple biome aquatique posé à côté des autres : elle possède sa propre identité.

En matière d’atmosphère, c’est également réussi. Là où je trouvais que Pokémon Pokopia manquait de musiques réellement marquantes — surtout si on le compare à Animal Crossing… –, le thème de cette zone maritime se révèle particulièrement immersif. Il contribue à ce sentiment de mélancolie et de nostalgie pour un monde que l’on n’a, certes, jamais connu, mais dont on contemple constamment les restes.

Le terraforming boit-il la tasse ?

Du côté du gameplay, j’avais peur que le fait de devoir nager pour terraformer rende les manipulations peu pratiques. Ce n’est heureusement pas le cas : les contrôles s’apprivoisent très vite et la nage ne ralentit pas vraiment la progression. Or, j’ai tendance à vouloir tout speedrun, y compris dans un jeu qui me demande explicitement de prendre mon temps. Vous pouvez donc être rassuré sur ce point.

Le jeu exploite également son environnement avec de nouvelles constructions, des matériaux marins, des blocs flottants et des habitats propres aux Pokémon aquatiques. Il est même possible de bâtir au-dessus des profondeurs, ce qui ouvre des perspectives intéressantes pour les personnes plus talentueuses (et patientes) que moi.

La formule générale ne change pas radicalement : on collecte, on aménage et on satisfait les Pokémon. Le décor, la verticalité et les nouvelles contraintes aquatiques suffisent néanmoins à renouveler la boucle de gameplay. Les nouveaux Pokémon participent évidemment au plaisir de la découverte, tout comme leurs demandes et leurs habitats, qui donnent rapidement de nouvelles idées d’aménagement.

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  • Joli et fluide
  • Des mécaniques bien pensées
  • Narration soignée
  • On est le larbin des Pokémon
  • Des bandes-son en retrait
  • Personnalisation décevante

Alors, faut-il passer à la caisse ?

Oui, si vous avez déjà bien avancé dans Pokémon Pokopia et que le terraforming constitue l’une de vos activités préférées. Dans le cas contraire, mieux vaut probablement attendre de connaître l’ampleur des deux prochaines parties.

Pour cette seule zone, le prix de 34,99 euros aurait été difficile à défendre. Mais rappelons que l’achat donne accès à l’intégralité du pass d’extension et à ses trois vagues de contenu.

La première, consacrée aux Fonds-Bulleux, est disponible depuis le 5 août 2026. La partie 2 arrivera à la fin de l’année 2026 et ajoutera notamment de nouveaux Pokémon, des meubles ainsi que des accessoires assortis pour Métamorph et ses camarades. Elle n’introduira toutefois pas de nouvelle ville. Enfin, une troisième partie est prévue au cours de l’année 2027, avec cette fois une autre zone inédite à explorer et à rénover.

Encore heureux, ai-je envie de dire : proposer une seule zone pour pratiquement la moitié du prix du jeu de base aurait été difficilement cohérent.

À noter que les Fonds-Bulleux disposent de leur propre Pokédex, composé de 50 Pokémon absents du jeu de base. Un nombre appréciable, même si cette sélection se parcourt forcément plus rapidement que les centaines de créatures réparties dans l’aventure principale.

Les pastèques des Fonds-Bulleux // Source : Nintendo
Les pastèques des Fonds-Bulleux // Source : Nintendo

En l’état, je recommanderais donc ce pass aux personnes qui ont déjà fait le tour d’une bonne partie des biomes existants. Les Fonds-Bulleux constituent une extension convaincante, suffisamment différente pour donner envie de reprendre ses outils et de repartir explorer. Pour savoir si les 34,99 euros seront pleinement justifiés, il faudra toutefois attendre de découvrir le contenu exact des deux prochaines extensions.

Si vous n’osez plus relancer Pokémon Pokopia parce que vous vous sentez submergé par la quantité de contenu déjà présente, cette nouvelle zone peut aussi constituer une bonne porte d’entrée. J’ai trouvé que la rupture offerte par les Fonds-Bulleux permettait de profiter de l’expérience sans avoir immédiatement à se soucier de tout ce qui nous attend sur la terre ferme. Bon, évidemment, vos poteaux électriques de Grisemer seront toujours aussi mal alignés lorsque vous remonterez.

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