Plus d'une personne sur deux a déjà été troublée par ses propres désirs, sans vraiment savoir quoi en faire - Psychologies.com

© Bertrand Vacarisas - 2020 MANDARIN PRODUCTION - GAUMONT
Pour certaines personnes, ressentir des fantasmes peut être troublant. Plan à trois, domination, jeux de rôle... Que faire face à ces désirs ?
Vous êtes tranquillement en train de fantasmer lorsque le scénario prend une direction que vous n'aviez jamais vraiment envisagée. Une personne qui ne correspond pas du tout à votre "type", une pratique qui vous semblait jusque-là sans intérêt, un rapport de domination... Et soudain, une deuxième pensée apparaît presque immédiatement. "Mais pourquoi est-ce que ça m'excite ?" Nous aimons croire que nous connaissons parfaitement nos goûts, nos limites et notre sexualité. Pourtant, le désir est parfois beaucoup moins prévisible. Une étude Ifop pour Nouslib réalisée en mai 2026 auprès de 1 004 Français de 15 à 29 ans montre ainsi que 57 % ont déjà été surpris, voire déstabilisés, par certaines de leurs propres envies ou pensées sexuelles. Un quart des répondants disent même que cela les a véritablement troublés.
Pourquoi nos propres fantasmes peuvent-ils autant nous surprendre ?
Parce qu'un fantasme n'est pas toujours parfaitement raccord avec l'image que l'on a de soi. Dans l'enquête, seuls 43 % des jeunes disent que leurs désirs leur semblent complètement cohérents avec la personne qu'ils pensent être. Les autres ont donc déjà rencontré, au moins une fois, ce petit décalage entre leurs principes, leurs habitudes et ce qui surgit dans leur imaginaire sexuel. Les hommes semblent d'ailleurs légèrement plus concernés puisque 61 % déclarent avoir déjà été surpris ou déstabilisés par leurs désirs, contre 53 % des femmes.
Ce décalage peut être particulièrement troublant lorsqu'un fantasme touche à quelque chose que l'on associe spontanément à une identité ou à une valeur. Être excité par l'idée d'être dominé ne signifie pas que l'on souhaite perdre le contrôle dans sa vie quotidienne. Fantasmer sur quelqu'un d'autre ne signifie pas que l'on veut quitter son partenaire. Imaginer une expérience à plusieurs ne veut pas forcément dire que l'on souhaite réellement la vivre. Les réponses recueillies par l'Ifop montrent d'ailleurs une grande diversité d'imaginaires, entre pratiques sexuelles, plans à plusieurs, jeux de rôle, domination, lieux insolites ou simples envies de nouveauté.
Nos désirs évoluent parfois plus vite que l'image que l'on a de soi
Le désir n'est pas figé. Ce qui nous attirait à 20 ans n'est pas forcément ce qui nous attire à 30 ou 40 ans. Une rencontre, une relation plus sécurisante, davantage de confiance en soi ou simplement le temps qui passe peuvent faire émerger de nouvelles curiosités. C'est d'ailleurs ce qui explique que certaines personnes soient surprises par leurs propres envies. Elles ne correspondent plus exactement à l'idée qu'elles s'étaient construite de leur sexualité.
Les sexologues rappellent souvent qu'un fantasme est aussi un espace d'exploration mentale. Il permet de jouer avec des scénarios, d'essayer des rôles, de s'autoriser des idées que l'on ne s'était jamais formulées auparavant. Certaines resteront dans l'imaginaire toute une vie. D'autres donneront simplement envie d'en parler avec son partenaire, voire d'expérimenter quelque chose de nouveau ensemble. Il n'y a pas de règle universelle. Être troublé par un désir ne signifie donc pas forcément qu'il faut le réprimer ni qu'il faut absolument le réaliser. Cela peut simplement être le signe que notre vie intérieure évolue, parfois plus vite que l'image que nous avons de nous-mêmes. L'important est sans doute moins de chercher ce que ce fantasme "dit" de nous que de se demander ce qu'il nous donne envie d'explorer, ou non.