"Une heure de discussions stériles", résume, à la sortie de cette réunion entre les syndicats et la ministre, Luc Toussaint, de la CGSP Enseignement.

"Le dialogue de sourds se poursuit", confirme Roland Lahaye, de la CSC Enseignement. Lequel assure : "Rien n'a changé durant l'été, malgré les appels à la trêve. Or, quand on veut une trêve, on envoie des signaux". Et des signaux, le chef de file n'en a pas perçu ce mardi. Un constat partagé par son homologue du SETCa-SEL, Adrien Rosman : "Nous avons en face de nous une ministre qui n'est pas en phase avec le réel, qui n'est pas en phase avec ce qui se passe sur le terrain."

"Trop is te veel"

"La ministre a présenté son projet de mise en place d'un comité d'avis", développe Luc Toussaint. Outre le fait que cela semble redondant avec le dispositif existant qui encadre la concertation, le syndicaliste juge que cela "ne règle en rien la problématique actuelle".

La ministre Glatigny a proposé la mise en place d'un comité d'avis, lequel doit permettre aux acteurs de rendre avis concernant les futures réformes à venir.

Roland Lahaye appuie : "Sur le terrain, les retours qui nous reviennent depuis la rentrée sont que "trop is te veel". C'était déjà compliqué avant, c'est encore plus compliqué depuis la rentrée avec les nouvelles mesures".

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C'était déjà compliqué avant, c'est encore plus compliqué depuis la rentrée avec les nouvelles mesures.

Or, "aucune mesure concrète pour répondre aux difficultés du terrain n'a été proposée", complète Luc Toussaint. Lequel ne cache pas son amertume : "On s'y attendait, mais malgré ça on reste étonné. Étonné de l'aplomb et du fait que ne pas dialoguer reste normal."

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Aucune mesure concrète pour répondre aux difficultés du terrain n'a été proposée.

"Ce n'est pas comme ça qu'on va restaurer un climat de confiance", juge ainsi Roland Lahaye, lequel dénonce lui assi cette absence de réponses. Or, "en l'absence de réponses au malaise social actuel, nous maintiendrons la pression", conclut pour sa part Adrien Rosman.

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 En l'absence de réponses au malaise social actuel, nous maintiendrons la pression.

Action permanente

En attendant, la colère des acteurs de l'école – et des enseignants en particulier – ne devrait pas faiblir sur le terrain. Bien au contraire… Outre un appel à la manifestation générale du secteur lancé pour le 10 septembre à Liège, de nouvelles actions devraient rapidement fleurir au sein de nos écoles.

"Nous allons retorner sur le terrain, pour expliquer à nouveau l'impact des mesures et réexpliquer le contexte politique dans lequel nous nous trouvons", explique Adrien Rosman.

Mais les syndicats ne veulent "pas effrayer les parents", insiste Luc Toussaint. "On va donc voir comment on peut s'organiser" pour créer quelque chose "qui soit tenable" et qui crée "un sentiment d'action permanente", sans donc prendre en otage les élèves. En gros, pas question d'assister à des mouvements de grève tous les deux jours. "Alors, si, peut-être, mais plutôt sous la forme de grève tournante", illustre le responsable de la CGSP.

En soirée, le collectif Mars Attacks, réunissant des enseignants en colère hors de la sphère syndicale, tiendra de son côté une assemblée générale de ses membres afin d'envisager les suites à donner à la mobilisation. "On se dirige vers une convergence des luttes, car le gouvernement va attaquer aussi la petite enfance, la santé… Cela pourrait déboucher sur des grèves", confiait, en amont de cette réunion, l'un des responsables du mouvement, Mathieu Hovine, à Belga.


Après la question budgétaire, les conditions de travail : "L'année de tous les dangers"

Représentant le syndicat APPEL, Jean-Claude Lemaître explique de son côté ne pas partager "le procès qui est fait à la ministre Glatigny" d'une absence de concertation. Il rappelle : "Ce n'était pas mieux avant. Si concerter signifie donner raison aux acteurs lorsqu'ils demandent quelque chose, alors les précédents gouvernements ne le faisaient pas non plus." De là à soutenir les récentes mesures d'économies imposées par la ministre et le gouvernement ? "Je vais être très clair : c'est non !"

Le syndicat bleu du libre ne soutiendra pour sa part pas l'appel à la manifestation pour le 10 septembre. "Car je ne souhaite pas qu'on mette à l'arrêt le monde de l'école, lequel prend déjà l'eau de partout. Sinon, il va finir par couler." Les affiliés qui souhaitent toutefois répondre à cet appel seront couverts, précise-t-il.

Mais le syndicaliste souhaite surtout aller de l'avant. Il attend désormais de la ministre et du gouvernement que ceux-ci s'attaquent "aux autres aspects de la déclaration de politique communautaire concernant le malaise grandissant dans le monde de l'école". Jean-Claude Lemaître estime ainsi que "personne ne s'est rendu compte qu'on n'avait pas les moyens de mettre [le Pacte d'excellence] en œuvre. Les enseignants sont usés par tout ce qui se trouve à côté du "face classe"." Le syndicalise pense dès lors que "si cette année permet de rendre un peu d'autonomie et de passions aux profs, il y a quelque chose à saisir".

En d'autres termes, après s'être attaqué à la question budgétaire, l'APPEL attend désormais du gouvernement qu'il agisse au niveau des conditions de travail. "Qu'il ose prendre des décisions, même si celles-ci vont peut-être fâcher les fédérations de pouvoirs organisateurs", tonne encore Jean-Claude Lemaître. Lequel conclut : "Cette année, c'est l'année de tous les dangers".

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