Thibaut Le Gal

T.L.G.

Publié le 04/08/2026 à 07h32 • Mis à jour le 04/08/2026 à 07h32

L'essentiel

  • Le Parti socialiste organise une primaire en octobre 2025 pour désigner son candidat à la présidentielle 2027, avec pour l’instant trois candidats déclarés (Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Philippe Brun) et plusieurs favoris attendus comme Raphaël Glucksmann, Olivier Faure et Boris Vallaud.
  • Le prix de participation au vote fait polémique car les sympathisants non encartés devront débourser environ 15 euros pour voter.
  • Les socialistes espèrent une forte médiatisation de leur primaire avec plusieurs chaînes de télévision en concurrence pour diffuser les débats.

«Je ne crois pas au flop total, mais on verra à quel point ça intéresse les Français… » C’est avec un enthousiasme retenu que le Parti socialiste aborde, comme cet élu, la préparation de sa primaire en vue de la présidentielle. Le parti à la rose désignera son champion pour 2027 lors d’un scrutin à deux tours, vraisemblablement les week-ends du 10 et 18 octobre.

Qui sera candidat ? Raphaël Glucksmann sera-t-il bien de la partie ? Pourquoi le prix de participation au vote fait polémique ? On fait le point sur le scrutin.

Qui sont les candidats déclarés ou pressentis ?

C’est une revenante : Ségolène Royal a annoncé fin juin qu’elle participerait à la primaire du PS et de ses alliés. La finaliste de la présidentielle 2007 rejoint les deux candidatures connues : celle du député PS de l’Essonne Jérôme Guedj et celle de l’élu de l’Eure, Philippe Brun. Mais les favoris n’ont pas encore fait part de leurs intentions. Raphaël Glucksmann, le chef de file de Place publique, devrait annoncer sa participation à la fin de l’été. Olivier Faure, le chef contesté du parti, et Boris Vallaud, le patron des députés PS, pourraient également se lancer.

Pour limiter les candidatures, le parti instaurera toutefois un nombre de parrainages (élus, membres du Conseil national, maires…) pour pouvoir bien être sur la ligne de départ. En revanche, l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve et le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane ont fait savoir qu’ils seraient candidats à l’Elysée sans passer par la case primaire. François Hollande, lui, attend la fin de l’année avant de dévoiler ses ambitions.

Qui pourra voter ?

Les quelques 40.000 adhérents revendiqués au PS et les 10.000 par Place Publique pourront voter sans dépenser un centime. En revanche, les simples sympathisants (non encartés dans un parti) devront débourser environ 15 euros pour voter à la primaire. « Cela permettra de financer l’organisation du scrutin, mais surtout d’éviter les ingérences des militants d’autres partis. Il fallait une somme plus que symbolique », souligne Patrick Kanner, patron du groupe PS au Sénat. Mais le montant de participation suscite déjà quelques remous. « C’est trop cher », a cinglé Ségolène Royal sur X, rappelant que lors de la primaire 2016, les votants ne devaient débourser que deux petits euros.

« Je comprends l’argument d’une contribution pour éviter de fausser le résultat, car les Insoumis ont une armée en ligne capable de se mobiliser », souffle le député Romain Eskenazi. « Mais il vaut mieux une adhésion à 5 ou 10 euros si l’on veut susciter une dynamique et reparler aux classes populaires », ajoute ce soutien de Philippe Brun. Ce débat sera tranché au conseil national PS, qui doit fixer toutes les modalités du scrutin, le 25 août prochain, avant les universités d’été du parti à Blois, du 27 au 29 août.

Des débats télévisés ?

Qui a dit que la primaire n’intéressait personne ? Selon l’Opinion, les chaînes d’information TF1-LCI, France Télévisions et BFMTV seraient en concurrence pour diffuser les débats entre les candidats. « Il y a un boulevard dans cet espace, entre Jean-Luc Mélenchon et Edouard Philippe, donc je pense que les gens vont s’intéresser à cette campagne interne », veut croire Romain Eskenazi. « Il faut que ce soit une vraie campagne, car elle sera courte. Mais il y a un espace, d’autant il n’y aura pas beaucoup de concurrence dans le débat politique à ce moment-là. La lumière va être sur nous », abonde Patrick Kanner. Les socialistes et leurs alliés rêvent d’un scrutin très médiatique pour que le vainqueur en sorte renforcé dans les sondages.