En tête dans les sondages, le Rassemblement national vit une rentrée mouvementée, émaillée de polémiques. Marine Le Pen, qui s’en tient éloignée, entrera dans le grand bain dimanche à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

Nathalie Mauret -

Aujourd’hui à 07:35

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Silencieuse cet été, Marine Le Pen reprendra la parole dimanche pour sa rentrée politique dans son fief de Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Archifavorite du premier tour de la présidentielle, elle sera aux côtés de Jordan Bardella, le patron de son parti d'extrême droite Rassemblement national (RN). Ils ne sont plus apparus côte à côte publiquement depuis le premier déplacement de campagne de la candidate à l'Élysée, au lendemain de sa condamnation en appel pour détournement de fonds publics. Une condamnation qui ne la prive pas de son éligibilité. Ce rendez-vous sera donc scruté, tant Jordan Bardella a eu une rentrée difficile.

Il a d’abord eu du mal à cacher sa déception de ne pas être finalement le candidat du parti qu’il préside. Il a ensuite été attaqué pour avoir signé un protocole d’accord avec Nigel Farage à Birmingham. Un document qui prévoit qu’en cas de victoire du RN en France et de Reform UK en Grande-Bretagne, les migrants interceptés dans la Manche seraient renvoyés en France. Le président du RN a été moqué par toute la classe politique, sans que Marine Le Pen ne vienne à sa rescousse, ce qui a été remarqué. Elle n’a pas réagi non plus aux propos racistes proférés par un policier municipal de Carcassonne (Aude), encarté au RN (exclu dans la foulée) et qui met à mal la dédiabolisation du parti.

Marine Le Pen et Jordan Bardella, en juillet dernier, lors de leur dernière apparition publique commune. Photo Sipa/Philippe Magoni

Marine Le Pen et Jordan Bardella, en juillet dernier, lors de leur dernière apparition publique commune. Photo Sipa/Philippe Magoni

Bardella à la peine

Marine Le Pen, qui rêvait sans doute d’une rentrée plus tranquille, est donc attendue sur la forme et sur le fond. Sur la forme : quelle place va laisser la candidate à celui qu’elle veut nommer Premier ministre ? Cet été a vu une reprise en main du clan Le Pen avec la nomination de proches de la députée à des postes clé. Marion Maréchal, sa nièce, pourrait d’ailleurs intégrer le dispositif de la campagne. Sur le fond : Marine Le Pen devrait faire des annonces lors de son discours annoncé comme très social. Une tonalité sensiblement différente de celle déployée depuis quelques mois par Jordan Bardella, qui avait repris plusieurs propositions inspirées de la droite libérale, notamment en matière de retraites.

« Il n’est pas anormal qu’il y ait des nuances de ton entre les deux », minimise Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen. Celui qui vit sa septième campagne présidentielle pour la famille Le Pen sait que son parti est porté par une vague mondiale et européenne. Et que le reste n’est qu’une vaguelette.

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