Présidentielle: Matignon et le secteur bancaire français planchent pour garantir aux candidats l'accès à des financements nationaux
Publié hier à 20h53
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Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, à l'hôtel des Invalides, le 11 juin 2026. - Photo par STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a réuni la semaine dernière les représentants des principales banques françaises pour garantir aux partis politiques l'accès à des financements nationaux afin de mener campagne. Le Rassemblement national connaît des difficultés notoires à obtenir des prêts auprès des banques en France.
À moins d'un an de l'élection présidentielle, Matignon rouvre l'épineux dossier de l'accès au crédit pour le financement des campagnes. Plusieurs représentants des principales banques françaises ont répondu à l'invitation de Sébastien Lecornu la semaine dernière pour discuter des modalités d'octroi de prêts aux candidats à l'élection présidentielle.
"L'objectif de cette réunion était de dialoguer sur les voies et moyens par lesquels les banques françaises pourraient permettre à tous les candidats résolument engagés dans l'élection de 2027 d'obtenir un prêt bancaire français pour financer leur campagne", explique l'entourage du Premier ministre à BFMTV.
Plaintes régulières du Rassemblement national
Une telle évolution pourrait profiter avant tout au Rassemblement national qui échoue à obtenir des prêts de banques françaises. En 2022, Marine Le Pen avait eu recours à une banque hongroise pour financer sa campagne avec un prêt de 10,7 millions d'euros. Déjà boudé par les banques françaises il y a douze ans, le parti à la flamme avait bénéficié en 2014 d'un prêt de 9 millions d'euros d'une banque russe liée au Kremlin. Une pratique interdite depuis 2017.
Matignon souhaite justement que "tous les candidats puissent obtenir un prêt français pour financer leur campagne pour ne pas mettre dans la campagne des réseaux financiers étrangers", reprenant le projet de "banque de la démocratie" souhaité par François Bayrou.
En avril dernier, Jordan Bardella, président du Rassemblement national dénonçait sur BFMTV l'absence de solution apportée par des établissements bancaires en France. "Pour l’instant, les banques françaises refusent d’accorder un prêt qui n’a, honnêtement, qu’un risque minime pour être remboursé des frais de campagne, il faut faire plus de 5%. Il y a peu de risque, même s’il ne faut jamais dire jamais en politique, ou bien que nos comptes de campagne soient rejetés", expliquait-il.
Le même mois, c'est le vice-président du RN Sébastien Chenu qui était monté au créneau toujours sur notre antenne. Fustigeant un "problème démocratique", le député du Nord a ajouté: "la démocratie a un coût. [...] Qui peut accepter que le premier parti de France (...) ne puisse pas être financé? C'est totalement indécent dans une démocratie comme la France."

Une demande du secteur bancaire
Début mai, le président de la Fédération bancaire française (FBF) Daniel Baal avait suggéré que l'État garantisse les prêts accordés par les banques ou verse une avance aux candidats à l'élection présidentielle afin de faciliter le financement de leurs campagnes alors que le Rassemblement national (RN) peinait à obtenir un prêt.
"Pourquoi n’y aurait-il pas une intervention publique dès le départ, soit par une avance faite par l’État, une sorte de fonds, soit au moins par une garantie donnée à première demande à la banque qui prêterait? Cela libérerait clairement le sujet", avait-il demandé.
Il considérait que l'octroi de crédits à des candidats était "un vrai risque" compte tenu des conditions restreintes de remboursement des frais: score minimum de 5% des voix et validation des comptes de campagne. L'invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, a fait l'effet d'un électrochoc sur les banques.
L'entourage de Sébastien Lecornu cite parmi les pistes évoquées lors de la réunion tenue la semaine dernière "un accord entre plusieurs banques, dans le cadre duquel l'État pourrait couvrir une partie du risque de non-recouvrement."