Après la victoire à Sapiac contre Grenoble (20-17), Stéphane Ahmed évoque la construction d’un caractère collectif et l’importance de tourner la page de la saison dernière.

Comment analysez-vous ce match ?

Ça me fait plaisir d’avoir regagné à Sapiac devant nos supporters, qui nous ont soutenus toute la saison dernière, malgré les défaites. On est très contents aussi de montrer qu’au final, même si c’est compliqué, on ne lâche rien, comme sur les années précédentes. Sur ce match-là, on s’est un peu mis des bâtons dans les roues sur les vingt premières minutes. On les a un peu trop regardés et on les a laissés avancer sur les collisions. Malgré ça, on sait remettre la marche avant sur les vingt dernières minutes de la première période, où on tient quand même un peu plus le ballon. On a ensuite continué dans cet état d’esprit. On s’est fait un peu peur aussi sur la fin, mais on ne lâche rien comme d’habitude. Ça, c’est vraiment cool. On ne lâche pas, on ne lâche pas, on ne lâche pas. C’est ce qui fait qu’au final, on s’en sort quand même.

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Vous n'avez pas su trouver la limite entre l'engagement et l'indiscipline ?

C’est exactement ça. C'est la faute d'un tel, puis d'un autre, etc. Cela fait qu’au final, il y a beaucoup d’indiscipline. Il faut qu’on mette un très gros focus là-dessus parce qu’à un moment donné, ça va nous coûter cher si on ne règle pas ça. C’est le deuxième match, il faut qu’on se règle et puis je pense que ça ira.

Comment avez-vous su rebondir ?

On a pris un bon soufflon déjà au water break. On s’est dit qu’on en avait un peu marre d’être dans notre camp et de subir un peu les contacts. Je pense que ce n’est pas notre jeu, ce n’est pas l’image qu’on veut refléter. Notre ADN, c’est plutôt de tenir le ballon pour pouvoir montrer ce qu’on sait faire. Là, on jouait un peu individuellement et on n’était pas ensemble. Là où on est le meilleur, c’est quand tout le monde se met d’accord sur la même ligne.

Est-ce que vous sentez que vous êtes en train de bâtir un caractère commun ?

Oui, je pense qu'il y a une très grosse cohésion qui se met en place. Se battre pour le copain, c’est la base du rugby. Si on joue tout seul, on va aller nulle part. Par contre, si on a tous le même état d’esprit et qu’on défend notre ligne... On l’a montré ce soir et le week-end dernier. On a une très grosse défense. En un contre un, on est costauds, nos gros font du très gros travail. Il faut juste qu’on se rassure sur l’indiscipline.

En quoi la galère et la frustration de la saison dernière vous aide dans ça ?

Je pense qu’on a assez parlé de la saison dernière. On a tourné la page, surtout que l’équipe que vous voyez, ce n’est pas du tout la même que l’année dernière. Je ne pense pas qu’on doive se traîner ça pendant toute la saison. On passe à autre chose, on regarde devant et on arrête de regarder derrière.

Vous n'êtes pas favori au titre, ça vous arrange ou ça vous dérange ?

On s’en fout. Il y a deux ans, lorsqu'on est montés, personne ne nous voyait favoris non plus. Nous, on joue notre rugby et on reste les mêmes. C'est comme ça qu’on va parler le plus loin possible. On se fout d’être favoris ou pas. Nous, nous voulons montrer ce qu’on sait faire.