Allez Pogi ! Sur les épaules de son père, un gamin lance son soutien à la star du cyclisme qui se trouve à quelques mètres de lui, concentré sur la ligne de départ. D’un coup de pédale déterminé la veille, il a pris la tête dès son lancement de la 81e Vuelta.

Pour la deuxième journée du Grand Départ du Tour cycliste d’Espagne orchestré en Principauté, les 184 coureurs - incluant Tadej Pogacar - se sont retrouvés sur le Rocher pour un départ fictif donné à midi tapantes, ce dimanche, par le prince Albert II devant son palais.

Quelques minutes avant les professionnels, c’est une autre course que le Souverain avait lancée. Celle de l’association Peace and Sport, réunissant une cinquantaine de cyclistes engagés pour une Ride for peace, plaçant les valeurs de la paix par le sport comme cardinales dans notre monde actuel.

« Un professionnalisme dans l’organisation de ces événements »

Renonçant à chercher l’ombre, c’est plutôt pour le départ princier de La Vuelta que s’étaient réunis les spectateurs ce dimanche matin place du Palais. Même volonté de ceux placés en embuscade sur le parcours du peloton qui s’est offert une dernière virée dans les rues de la Principauté jusqu’au plus haut du boulevard du Jardin exotique.

Le grand barnum hispanique parti, en Principauté, l’heure était au bilan. Positif à l’image du sourire satisfait du ministre d’État, Christophe Mirmand, assurant que tout s’est déroulé « de façon optimale, y compris sur le plan météorologique ».

©PHOTOPQR/NICE MATIN/Jean François Ottonello ; Monaco ; 18/08/2026 ; Charles Ojalvo, directeur general adjoint d Unipublic pour le Grand depart de La Vuelta à Monaco

Si le temps est indomptable, pour le reste, le chef du gouvernement a salué le travail d’une année « dans une grande confiance avec les organisateurs de La Vuelta et les équipes du département de l’Intérieur principalement », y voyant un nouveau témoignage du « professionnalisme dans l’organisation de ces événements à Monaco et de la capacité de la Principauté de toujours rayonner à l’international ».

« Le parcours a plu »

Côté fréquentation, l’ambiance était là. Pas celle des grands soirs, mais une affluence nourrie, « probablement une dizaine de milliers de personnes, voir plus » souligne le ministre d’État. « Je n’ai pas encore les chiffres définitifs, mais il y a eu du monde sur le parcours samedi. »

De quoi faire souffler Christian Tornatore, commissaire générale de ce Grand Départ, qui collectionnait hier matin les messages de félicitations. « Le parcours a été difficile à tracer, je n’étais pas certain du résultat, mais il a plu aux organisateurs de la course. »

Et l’expert, qui a piloté tant de courses sur le bitume monégasque a même été bluffé par la performance de Pogacar - encore lui - en vitesse samedi. « Je ne pensais pas qu’il allait forcer au point de l’emporter de 9 centièmes, il avait sûrement tout calculé. »

« L’un des plus beaux départs »

Autre coup de poker du week-end, celui de la SBM, autorisant les cyclistes à pédaler sur le marbre du sacro-saint Atrium du Casino de Monte-Carlo. « Il faut rappeler que c’est une idée du prince Albert II d’accueillir La Vuelta en Principauté » souligne Stéphane Valeri, qui en tant que président-délégué a fait de sa société le partenaire privé principal de ce rendez-vous.

« Au fond c’est une histoire qui fait partie de l’ADN de la SBM qui a toujours soutenu le sport en Principauté. La société a donné sa caution financière pour l’organisation du premier Grand Prix. Et en 1920 déjà, le Criterium de la Montagne, s’était élancé de la Principauté avec les finances de la SBM. »

Un siècle plus tard, le départ depuis l’Atrium avait de la gueule. « Probablement l’un des plus beaux de l’histoire récente de La Vuelta » renchérit Stéphane Valeri, « les images a la télévision étaient magnifiques et ce sont plus dizaines de millions de téléspectateurs qui les ont vu. »

Une fenêtre d’opportunité pour le géant hôtelier monégasque ? La frange hispanique ne représente qu’1 % de la clientèle. Les éventuelles retombées dues à La Vuelta seront donc à étudier dans les mois à venir. Mais les clients n’ont pas manqué ce week-end. « On sait que les amateurs de la Vuelta ne sont pas forcément nos clients des palaces, mais l’événement n’a pas freiné la fréquentation de nos hôtels » glisse Stéphane Valeri, « les taux d’occupation sont conformes à la période, pas loin des 100 %. »