Procès de l’explosion meurtrière de Saint-Laurent-de-la-Salanque : " Je peux les regarder tous en face, je n’ai rien à voir avec ça", l’épicier clame toujours son innocence
Au septième jour de procès, l’épicier et son frère, soupçonnés d’être les commanditaires de l’incendie criminel qui a causé la mort de huit personnes en février 2022 à Saint-Laurent-de-la-Salanque, ont continué de clamer leur innocence ce vendredi 9 octobre 2026 face à la cour d’assises des Pyrénées-Orientales.
Rien n’y a fait. Après les témoignages bouleversants des rescapés et des familles endeuillées, face aux nouveaux aveux et les accusations répétées de leur coaccusé un peu plus tôt, le gérant de l’épicerie incendié, Khaled Ben Abdeljelil, tout comme son frère Raouf Ben Abdeljallil, ne lâchent toujours rien ce vendredi soir dans le box des assises.
Excepté un instant d’émotion dans la voix de l’épicier au moment de s’expliquer sur les faits. "Je présente toutes mes condoléances aux familles. Je suis bouleversé aussi. Je connaissais ces gens, je les ai vus grandir. Depuis quatre ans, je vis avec ça, je dors avec ça. Mais, je peux les regarder tous en face, je n’ai rien à voir avec ça."
"Il a volé dans la caisse. C’est la vengeance ou la peur"
D’un coup, Khaled Ben Abdeljelil se ressaisit. Il ne fournit que des réponses évasives quant à ses affaires, ses transactions ou ses querelles commerciales et entretient la nébuleuse. Quant à son contrat d’assurance modifié trois jours avant l’incendie ? "Oui, on a changé mais je n’ai pas pensé que ça se passe comme ça." Et pour lui, tous les témoins mentent. Qu’ils rapportent ses déclarations suspectes sur de prochaines rentrées d’argent ou son comportement pour le moins "bizarre" après le drame. "Je ne pensais à rien. Je ne savais pas ce qui se passait, j’étais dans un autre monde." Et pourquoi Madjid Mekhelfi, son coaccusé, aurait-il mis le feu à son épicerie alors qu’il l’aidait et que son frère l’hébergeait. "Sûr qu’il a volé dans la caisse, rétorque-t-il. C’est la vengeance, il a fait un bug dans sa tête. Ou c’est la peur, s’il rentre pour voler, pour couvrir ses traces."
Seules les rumeurs qui ont circulé dans le village sur son compte semblent piquer son aplomb. "Je suis mauvais gestionnaire mais un bon commerçant. Et j’ai été bien élevé moi", se rebiffe-t-il, parlant de lui à la troisième personne. "Il faut que je montre au village que Khaled, c’est Khaled. Ça ne change pas. Regardez un peu Khaled ne fait des choses comme ça, il est pas capable de faire ça. Moi, entre le café, mon père et ma fille, j’ai tout perdu", se défend-il encore. Avant de fondre en sanglots…