Le bar de plage “Amare” à Westende / encadré: Jean-Marie Dedecker, bourgmestre de Middelkerke. © Filip Vanden Berghe, encadré: Filip Vanden Berghe.

Westende

À Westende, petite station balnéaire de la Côte belge située sur le territoire de Middelkerke, une nouvelle pétition a été lancée contre les bars de plage. Ses initiateurs? Les propriétaires d’un appartement sur la digue, exaspérés par le bruit créé par ces établissements. Dans les colonnes de Het Laatste Nieuws, le bourgmestre de Middelkerke Jean-Marie Dedecker réagit vivement à ces plaintes: “Ce sont des propriétaires de résidences secondaires intolérants.”

Filip Vanden Berghe, Maxime de Valensart

Source: HLN

5 août 2026, 13:10Dernière mise à jour: 13:26

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Karel Binon et Betty Palmans séjournent pendant les vacances d’été avec leurs enfants et petits-enfants dans un appartement situé sur la digue de Westende. “Jusqu’à il y a quelques années, Westende était connue comme la station balnéaire familiale par excellence: calme, conviviale, avec suffisamment de restaurants et de cafés, mais sans discothèques, ni autres divertissements nocturnes”, explique Karel Binon.

“Cette tranquillité a aujourd’hui disparu”

L’environnement de la digue a depuis changé, regrette-t-il. “Avec quatre bars de plage sur seulement quelques centaines de mètres de digue, cette tranquillité a aujourd’hui disparu. À Knokke-Heist, les discothèques en plein air sont interdites depuis des années et seule la musique d’ambiance est désormais autorisée dans les bars de plage. Blankenberge réduit le nombre de bars de plage et La Panne a carrément décidé de ne pas en autoriser. À Ostende, chaque bar de plage peut organiser cinq événements qui doivent se terminer au plus tard à 23 heures, avec un niveau sonore ne pouvant dépasser 85 décibels”, illustre Karel Binon.

“Ici, à Westende, chaque bar de plage peut organiser dix événements jusqu’à minuit, et cela commence parfois dès le début de l’après-midi. Ils ont le droit de monter jusqu’à 95 décibels. Il s’agit de DJ-sets avec des basses lourdes et des beats à moins de 50 mètres des appartements. Cela représente 40 soirées où les habitants et les résidents de la digue doivent fermer portes et fenêtres s’ils veulent regarder la télévision, lire un livre ou dormir”, peste-t-il.

La vue de l’appartement de Karel Binon et Betty Palmans. © Karel Binon

“De nombreux habitants et résidents secondaires en ont assez de cette terreur sonore et ont déjà signé notre pétition en ligne”, affirme Karel Binon. “L’année dernière déjà, une pétition recueillant près de 200 signatures a été remise à l’administration communale de Middelkerke, mais elle n’en a pas du tout tenu compte (...) L’aspect commercial et économique est clairement bien plus important que la qualité de vie des gens.”

“Un frustré et un râleur professionnel”

“Je tiens à souligner que nous ne sommes absolument pas contre les bars de plage en tant que tels. Nous avons en revanche un problème avec les événements supplémentaires autorisés par la commune (...) Samedi dernier, on a eu de la techno juste en face de notre appartement de 14 heures à minuit. Soit dix heures d’affilée”, conclut Karel Binon.

“L’initiateur de la pétition est un frustré et un râleur professionnel qui a déjà déposé des plaintes auprès de plusieurs instances. Il a par exemple déjà introduit une plainte auprès de la Députation permanente (l’exécutif provincial, NDLR) parce qu’un bar de plage était trop haut”, réagit dans son style habituel le bourgmestre de Middelkerke Jean-Marie Dedecker.

“Je suis à 100% du côté des exploitants”

“Nos bars de plage sont soumis à un contrôle strict”, souligne le maïeur. “Ils doivent fermer à 21 heures. Durant les six mois où ils sont installés, ils ont l’autorisation de rester ouverts plus tard à dix reprises. Ils peuvent alors aussi organiser un événement. Le niveau sonore et les heures d’ouverture restent toutefois limités. L’exploitation se fait dans le respect des normes légales. Ils disposent tous d’un limiteur de son qui peut être contrôlé par la police, même en journée. En cas d’infraction, un procès-verbal est dressé”, balaye l’ancien judoka.

“Ce sont des gens qui viennent ici en pensant vivre dans une réserve naturelle, des résidents secondaires intolérants qui s’imaginent qu’ils peuvent faire la loi pendant les cinq mois où ils séjournent ici. Ils n’ont qu’à retourner à l’intérieur des terres si cela ne leur plaît pas. Je suis à 100% du côté des exploitants. Les bars de plage doivent fermer à 21 heures, alors qu’il y a du soleil jusqu’à 23 heures. L’année prochaine, je changerai le règlement et les clients pourront rester jusqu’au coucher du soleil”, s’agace encore Jean-Marie Dedecker.

“Les événements que nous organisons dans nos deux bars de plage ne violent pas la loi, nous avons une autorisation. Nous ne dépassons ni les horaires, ni les normes sonores. Nous avons le droit d’organiser dix soirées par bar de plage pendant la haute saison touristique. N’est-il pas logique que nous en profitions? Beaucoup de gens sont ravis que nous organisions des activités, mais il y en a toujours qui trouvent à redire sur tout”, abonde Chris Dewispelaere, cogérant des bars de plage “Tabl’O sur Mer” et “Amare”.

“Pensez-vous que ce soit drôle pour nous de devoir fermer le volet de notre bar à 21 heures quand il fait encore 25 degrés dehors?”

“D’ailleurs, les bars de plage paient une redevance de concession assez élevée à la commune. Aucun établissement Horeca à Middelkerke ne doit débourser une telle somme. Nous devons faire nos preuves lors des journées de beau temps et donc réaliser notre chiffre d’affaires sur une période très courte”, réagit Tatiana Batache, compagne de Chris Dewispelaere.

“C’est pourquoi nous investissons dans des DJ et des artistes réputés pour attirer des visiteurs supplémentaires. Comment peut-on être contre cela en tant que touriste ou résident secondaire?”, poursuit-elle. “Pensez-vous que ce soit drôle pour nous de devoir fermer le volet de notre bar à 21 heures quand il fait encore 25 degrés dehors? Il y a parfois encore une longue file d’attente de clients. Lorsque nous sommes fermés, il y a parfois des jeunes installés sur la digue et sur la plage avec leurs propres enceintes.”

“Je trouve vraiment regrettable que des gens lancent une pétition. Devons-nous commencer à vivre sous terre à cause de ces résidents secondaires? Nous payons une concession de 180.000 euros par an, il faut bien que cet argent vienne de quelque part”, conclut Chris Dewispelaere.

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