Québec a annoncé lundi un investissement de deux millions de dollars pour soutenir le projet du réseau de l’Université du Québec (UQ) visant à former davantage de médecins de famille en région et à desservir les communautés vulnérables.

L’argent va contribuer au développement du projet de programme de doctorat en médecine axé sur la médecine familiale et les soins de première ligne au sein du réseau de l’UQ et vient s’ajouter aux 350 000 dollars annoncés il y a un an.

« C’est une très très bonne nouvelle », se réjouit le Dr Raymond Lalande, président du comité d’orientation pour le développement du programme de médecine familiale et de première ligne de l’Université du Québec. « Ces deux millions vont nous permettre de constituer un comité de programme, un comité d’admission […] et de mettre un peu de chair autour du projet », précise-t-il, en entrevue avec Le Devoir.

« En favorisant la formation d’une relève médicale ancrée dans les réalités des communautés et des populations locales, nous poursuivons nos efforts pour bâtir un réseau de la santé plus solide et tourné vers l’avenir », a déclaré par communiqué la première ministre, Christine Fréchette.

Le principal objectif de ce programme de médecine de quatre ans est qu’au moins 75 % des finissants optent pour la médecine de famille pour que « les clientèles démunies » et les régions puissent avoir davantage accès à des soins de première ligne. « On va adapter les contenus et les lieux de formation en fonction des réalités régionales », mentionne le Dr Raymond.

La ministre de la Santé, Sonia Bélanger, soutient que « les futurs médecins choisissent plus souvent de pratiquer là où ils et elles apprennent, vivent et tissent des liens avec leur communauté ».

Un projet qui divise

« On a été surpris par cette annonce, car on n’a pas été informés au préalable. On était évidemment déçus et je dirais qu’on remet en question la pertinence d’injecter des fonds publics supplémentaires pour un projet comme ça », confie au Devoir le Dr Patrick Cossette, porte-parole de la Conférence des doyennes et des doyens des facultés de médecine du Québec (CDFM). Il déplore que la CDFM n’ait pas été consultée à des fins pratiques.

« On parle de plusieurs centaines de millions de dollars d’investissement pour faire quelque chose qu’on peut déjà faire dans nos facultés existantes », fait valoir celui qui est également doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Le Dr Cossette rappelle que d’ici 2028, il y aura huit campus en région. La CDFM, qui regroupe les facultés de médecine de l’Université de Montréal, de l’Université McGill, de l’Université Laval et de l’Université de Sherbrooke, dit en faire déjà beaucoup pour former la relève en région, et ce, depuis près de 20 ans.

« On n’est pas en compétition, on ne remplace pas les autres, on ne peut pas enlever ce que les facultés font. On veut ajouter une offre qui va être centrée sur la médecine de famille », renchérit de son côté le Dr Raymond.

Le Dr Cossette estime que l’UQ, n’ayant pas de réseau hospitalier, va devoir « inévitablement » utiliser les hôpitaux occupés par des facultés de médecine déjà existantes pour former ses étudiants. Néanmoins, il spécifie que « ces milieux sont saturés, étant donné les hausses importantes de clientèle et d’étudiants ».