"Quitte à préméditer, autant prendre une arme qui a une grosse puissance de feu", disait Nicolas Ullens dans ses auditions
Nicolas Ullens portait régulièrement une arme à feu, notamment depuis son passage à la Sûreté de l'État. Une autre se trouvait à côté de son lit. Dans la famille, quinze fusils et carabines appartenant à l'accusé, à son épouse et à leur fille ont été saisis après les faits.
Petite surprise au début du procès de Nicolas Ullens: une jurée tirée au sort lundi ne s'est pas présentée (direct)À la cour d'assises du Brabant wallon, l'avocate générale Laure Wynants est revenue jeudi sur cette familiarité avec les armes alors que Nicolas Ullens est jugé, depuis ce jeudi 24 septembre 2026, pour l'assassinat de sa belle-mère, Myriam Lechien, abattue de plusieurs coups de feu le 29 mars 2023 à Ohain (Lasne).
Il se rendait "plutôt rarement" au club de tir
L'accusé est membre d'un club de tir à Wavre depuis 1998. Il y pratique notamment avec un pistolet 9 mm et différentes armes de chasse. Il a également reçu une formation au tir dans le cadre de son emploi à la Sûreté de l'État. Mais selon le responsable du stand entendu par les enquêteurs, Nicolas Ullens y venait "plutôt rarement".
Le règlement du club impose normalement que l'arme soit transportée dans une valisette verrouillée, sécurisée par un cadenas de pontet, les munitions étant rangées séparément. Sur le pas de tir, l'arme est posée sur la table. "Il est hors de question de procéder à un tir à partir de la ceinture ou dégainé comme le font les services de police", précise le responsable.
Le 29 mars, pourtant, Nicolas Ullens quitte son domicile avec un Glock. Il explique aux enquêteurs avoir pris l'habitude de porter une arme en raison de ses fonctions à la Sûreté de l'État. Il en conservait également une près de son lit. Ce jour-là, il charge son Glock, chambre une balle, prend un holster et un porte-chargeur. Il laisse en revanche dans une valisette une autre arme, un GP, qui est alors enrayée.
Cette arme choisie deviendra un élément central de ses explications. Interrogé sur la préméditation, l'accusé affirme : "Si j'avais voulu préméditer mon acte, je n'aurais pas pris mon Glock mais j'aurais attendu que mon GP soit réparé." Et d'ajouter : "Quitte à préméditer, autant prendre une arme qui a une grosse puissance de feu."
Selon son récit, il se rend d'abord au centre de tir avant de décider de passer voir son père, Guy Ullens, à l'improviste. Il affirme même avoir pris sa Dacia Dokker pour montrer à son père qu'il "ne roulait pas sur l'or". "Si j'avais un tant soit peu prémédité mon acte, j'aurais pris une artillerie plus lourde", assure-t-il encore.
Neuf minutes s'écoulent entre sa sortie de la maison et celle du véhicule
Après avoir quitté la propriété de son père et de sa belle-mère, Nicolas Ullens raconte avoir attendu leur voiture. Il reconnaît avoir préparé son arme pendant cette attente, expliquant qu'il voulait être "en position de force". Neuf minutes s'écoulent entre sa sortie de la maison et celle du véhicule.
Puis la colère, selon lui, monte. Il récupère son arme dans le sac posé à l'arrière de la Dacia, installe son porte-chargeur et son holster, mais conserve finalement le Glock dans la poche droite de sa veste. Lorsqu'il voit la voiture sortir, il la contourne et se place à hauteur de Myriam Lechien.
"Là, le passage à l'acte, on y est", raconte-t-il. "Je sors le pistolet, et là, il y a passage à l'acte." Il dit avoir tiré à travers la fenêtre entrouverte, "sans trop savoir comment". Les séquences de tirs se poursuivent alors que son père hurle dans l'habitacle.
Son père lui aurait demandé de le tuer également
"Je pense que j'arrête quelques secondes parce qu'il crie, la colère remonte, je pense que je tire encore", relate-t-il. Son père lui aurait alors demandé de le tuer également. "Je lui dis : "Non, non papa"."
Le médecin-légiste relève, lui aussi, que l'accusé dit avoir préparé son arme afin d'être "en position de force". Lors de la reconstitution, les experts ont examiné la trajectoire des tirs et la position des protagonistes. Selon les conclusions reprises dans l'acte d'accusation, Nicolas Ullens aurait d'abord tiré en direction de Myriam Lechien avant de se déplacer légèrement et de faire à nouveau feu alors que sa tête était affaissée contre le volant.
Après les tirs, il replace finalement le pistolet dans son holster, remonte dans sa Dacia et se rend au commissariat tout proche. Il explique avoir, un moment, pensé à mettre fin à ses jours avant de décider de "se rendre".
Le dossier balistique et la reconstitution devront désormais être confrontés aux explications de l'accusé devant les jurés. Son interrogatoire a lieu ce jeudi après-midi.
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