Si vous comptiez changer de smartphone à la rentrée, mieux vaut ne pas trop tarder. Entre l'explosion du prix de la mémoire vive et les hausses tarifaires annoncées par Qualcomm, les fabricants voient leurs coûts de production bondir. Une pression qui va rapidement se répercuter sur les prix de nombreux appareils électroniques, à commencer par les smartphones de Google.

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La double peine : Qualcomm augmente ses prix, la RAM explose

Les alertes se multiplient du côté des chaînes d'approvisionnement. Selon Bloomberg, Qualcomm a récemment adressé un courrier à ses clients pour les informer d'une hausse tarifaire à deux chiffres sur ses puces, applicable dès le 1er septembre. L’entreprise affirme avoir épuisé ses capacités d'absorption face aux pénuries persistantes. Cette décision aura des répercussions directes sur un vaste écosystème d'appareils, des smartphones pliables de Samsung aux ordinateurs portables sous architecture ARM.

Image : Bloomberg

Le principal facteur de hausse reste toutefois la mémoire vive. Interrogé par 9to5Google, Shakil Barkat, vice-président de la division matériel chez Google, a décrit une crise d'une ampleur inédite. Selon les données du cabinet Morgan Stanley, le coût de production de 1 Go de RAM est passé de 2,80 dollars en 2025 à 12 dollars cette année, soit une multiplication par plus de quatre. Les fabricants se retrouvent contraints d'augmenter leurs tarifs ou de revoir leurs fiches techniques à la baisse pour préserver leurs marges.

Pixel 11 : augmentation des tarifs et cure d'amincissement

Google est l’un des premiers constructeurs Android à assumer publiquement la situation et prépare le terrain avant sa conférence du 12 août. Toute la famille Pixel va subir des ajustements tarifaires, et les modèles commercialisés comme le Pixel 10a pourraient également voir leur prix augmenter à court terme.

Les fuites concernant la gamme Pixel 11 illustrent parfaitement cet arbitrage économique. Le tarif d'entrée des Pixel 11 et Pixel 11 Pro devrait grimper de 100 dollars, une hausse légèrement amortie par le passage du stockage de base à 256 Go. Cependant, le Pixel 11 Pro verrait sa mémoire vive amputée, passant de 16 Go à 12 Go de RAM. De leur côté, les Pixel 11 Pro XL et Pixel 11 Pro Fold subiraient une augmentation sèche de 100 dollars.

Le Google Pixel 11 Pro a fuité avant sa sortie. Image Droid-Life.

Pour limiter les conséquences de ces concessions matérielles, Google affirme mener un chantier d'ingénierie logiciel majeur afin de réduire les besoins en mémoire d'Android et des applications. Une initiative ambitieuse, mais complexe à exécuter sur un écosystème ouvert où les surcouches constructeurs alourdissent souvent l'exécution du système.

L’intégration d'Apple comme bouclier stratégique

Si Apple n'est pas immunisée contre le coût de la RAM qu'elle achète sur le même marché mondial, son modèle économique lui offre un coussin de sécurité. Alors que le reste du marché subit de plein fouet l'augmentation des coûts des puces Qualcomm, Apple se distingue grâce à Apple Silicon. Concevoir ses propres processeurs met la firme à l'abri des hausses de prix de ses concurrents, tout en réduisant progressivement sa dépendance envers Qualcomm dont elle cherche aussi à remplacer les modems 5G avec ses puces C1 et C2.

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Surtout, cette situation met en lumière l'orientation historique d'iOS. Souvent raillée pour sa sobriété (voire sa radinerie) en matière de dotation en mémoire vive sur ses modèles d'entrée de gamme, Apple optimise depuis des années la gestion de la mémoire d'iOS. Alors que les constructeurs Android doivent réduire la RAM dans l'urgence tout en cherchant à optimiser leur OS, l'intégration verticale d'Apple permet à ses appareils de fonctionner de manière fluide avec des allocations mémoire réduites. Cette stratégie lui permet de mieux absorber la hausse des composants sans devoir réduire trop fortement les caractéristiques de ses appareils.