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Politicien atypique, intellectuel défenseur des droits de l’Homme, de l’Europe et de l’Ukraine, Raphaël Glucksmann, désormais candidat du Parti socialiste pour 2027, a émergé comme l’un des rares espoirs de la gauche non-mélenchoniste, mais va devoir encore convaincre de sa stature présidentielle.

Raphaël Glucksmann, 46 ans, a largement remporté dès le premier tour la primaire de la gauche sociale-démocrate.
Raphaël Glucksmann, 46 ans, a largement remporté dès le premier tour la primaire de la gauche sociale-démocrate. (ROMAIN PERROCHEAU/AFP)

Raphaël Glucksmann, 46 ans, a largement remporté dès le premier tour la primaire de la gauche sociale-démocrate, qu’on disait taillée pour lui. Mais il doit ressouder une famille politique divisée, dont une partie conserve des doutes sur sa capacité à se glisser dans le costume présidentiel.

C’est depuis le Parlement européen qu’il a construit son ambition présidentielle. L’eurodéputé au regard parfois exalté, revendique une longue histoire avec le PS, dont il a été la tête de liste aux européennes de 2019 et de 2024, propulsé par le patron du PS Olivier Faure, devenu son rival dans la primaire. Le 9 juin 2024, arrivé en 3e position avec 13,8 %, il récusait encore toute vue sur l’Élysée. Tout en apparaissant comme incontournable dans un espace social-démocrate en panne d’incarnation.

Devoir exister dans l’arène

Celui qui s’est fait connaître à Bruxelles pour son combat pour la défense des Ouïghours, minorité musulmane persécutée en Chine, et pour sa fermeté vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine, a longtemps semblé mal à l’aise dans les campagnes électorales, prêtant le flanc aux critiques sur une prétendue déconnexion du terrain.

Des doutes ravivés fin 2025 par une mauvaise prestation lors d’une des premières émissions sur la présidentielle sur la chaîne LCI. L’eurodéputé avait été à la peine dans un échange avec un panel de Français et lors d’un débat face à Éric Zemmour. Le candidat s’est raffermi dans les débats de la primaire, où il a été souvent pris à partie par ses opposants qui l’ont traité de « stagiaire », ou l’ont accusé de vouloir se tourner vers le centre, ou de faire un « hold-up » sur le PS.

C’est pourtant lui qu’ils devront désormais soutenir pour tenter d’exister dans une compétition dominée à ce stade par Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et les candidats du bloc central.

« Aller partout »

À l’accusation d’être « trop parisien » ou « hors-sol », l’essayiste nourri d’internationalisme, rappelle son expérience comme documentariste sur le génocide des Tutsi au Rwanda puis sur la révolution orange en Ukraine en 2004, ou comme conseiller de l’ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili de 2008 à 2012.

« Ma parole et ma vision du monde ne se sont pas forgées à Davos ou Washington, mais dans des lieux dont je ne sais si vous pouvez soupçonner la désolation », rétorque-t-il. Pour sa campagne, il promet d’aller « partout, y compris dans les endroits où on nous engueule ». Et revendique un projet ancré à gauche, cherchant à concilier transition écologique et progrès social.

Plus d’accord avec LFI

« Je ne laisserai jamais dire que je n’ai pas fait tout ce qui était en mon pouvoir pour empêcher que la France ne sombre » à l’extrême droite, affirme-t-il, fustigeant « l’esprit de défaite » de son camp. Après la dissolution de 2024, Raphaël Glucksmann avait consenti, à contrecœur, à l’alliance du Nouveau Front populaire pour les législatives, celle qui rassemblait toutes les forces de gauche, LFI comprise. Entre les Insoumis et le risque d’une victoire du Rassemblement national, il fallait choisir.

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M. Glucksmann promet désormais qu’il n’y aura plus d’accord avec LFI, principal point de friction avec Olivier Faure, partisan d’un rassemblement de toute la gauche aux législatives. Car l’eurodéputé ne cache pas son aversion pour Jean-Luc Mélenchon, l’accusant de jouer avec les codes de l’antisémitisme. Le tribun insoumis avait lors d’un meeting plaisanté sur la prononciation de son nom de famille, comme il l’avait fait avec d’autres patronymes à consonance juive.

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Raphaël Glucksmann, candidat de la gauche sociale-démocrate, désormais au défi de dissiper les doutes

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