Raspberry Pi : la fin d’un règne face aux mini PC et aux microcontrôleurs
Longtemps référence incontournable des makers, le Raspberry Pi voit sa position remise en cause par des alternatives plus puissantes, moins chères ou mieux adaptées à des usages précis.
En bref
- Les mini PC deviennent plus rentables pour l’auto-hébergement
- L’ESP32 domine les projets domotiques légers
- La pénurie de mémoire fragilise la compétitivité du Raspberry Pi
Un pionnier qui doit désormais partager la vedette
Depuis 2012, le Raspberry Pi s’est imposé comme la carte à privilégier pour apprendre la programmation, automatiser sa maison ou bricoler des objets connectés. Sa communauté immense et sa documentation abondante en ont fait un choix presque par défaut.
Mais quinze ans plus tard, le paysage a changé. De nouveaux formats de machines et de composants proposent des compromis différents, parfois bien plus adaptés à certains usages que la carte britannique.

Un constat venu du terrain
Un habitué des installations domestiques confiait récemment que plus grand monde ne réclame de Raspberry Pi dans son entourage de passionnés. Un avis tranché, mais révélateur d’une tendance de fond observée chez de nombreux bricoleurs technophiles.
Les mini PC rebattent les cartes pour l’hébergement local
Pour héberger un serveur domestique, faire tourner Home Assistant ou empiler des conteneurs Docker, le mini PC s’impose de plus en plus comme l’option la plus rationnelle. Il embarque généralement un stockage SSD rapide, un processeur x86 ou ARM performant, une puce graphique capable de décoder des flux vidéo à la volée, et au moins 8 Go de mémoire vive.
Contrairement au Raspberry Pi, ces machines n’exigent ni boîtier imprimé en 3D ni système de refroidissement à bricoler soi-même. Elles arrivent prêtes à l’emploi, avec davantage de ports et une compatibilité étendue avec différents systèmes d’exploitation.
Des options qui cassent les prix
- Modèles équipés de puces Intel de la série N ou de processeurs AMD Ryzen
- Anciens Mac mini sous puces Apple M1 ou M2, disponibles d’occasion autour de 90 euros
- Configurations comme le GEEKOM A5 (environ 400 euros) ou le Beelink SER3 (environ 275 euros), livrées avec 16 Go de RAM
L’ESP32, le petit format qui rafle la mise sur le domotique
Sur les projets les plus légers, comme les capteurs de présence, les relais infrarouges ou les enceintes Bluetooth, la plateforme ESP32 d’Espressif surclasse largement le Raspberry Pi Zero et le Pi Pico. Son mode de veille profonde en fait un allié précieux pour les montages alimentés par batterie.
Compatible avec des outils comme ESPHome, elle s’intègre facilement à un écosystème domotique existant, tout en restant nettement moins chère : environ 4,50 euros contre 14 euros pour un Pi Zero.
Pourquoi les makers s’y convertissent
- Prix d’achat très inférieur à celui des cartes Raspberry Pi
- Consommation électrique minimale en veille
- Compatibilité étendue avec les protocoles Zigbee, Thread et Matter sur certains modèles
Le Raspberry Pi garde des atouts, mais doit composer avec la pénurie de RAM
Malgré cette concurrence, le Raspberry Pi conserve un avantage difficile à égaler : la richesse de sa documentation et le soutien massif de sa communauté. Pour un premier projet, choisir cette carte reste un pari sûr, là où d’autres solutions demandent davantage d’autonomie technique.
La flambée récente des prix de la mémoire vive complique toutefois son positionnement. Une puce vieillissante combinée à des coûts de production en hausse rend les cartes concurrentes plus attractives, même si elles aussi subissent des hausses de tarifs.
Le Raspberry Pi n’a pas disparu du paysage, loin de là. Mais il doit désormais partager la vedette avec des mini PC plus polyvalents et des microcontrôleurs comme l’ESP32, taillés pour des usages spécifiques. Plutôt qu’un déclin brutal, il s’agit d’une redistribution des rôles selon les besoins de chaque projet.