Remco Evenepoel et Tadej Pogacar feront-ils mieux que le Chestrolais Simon Defat? "Le Télégraphe, cela a été un calvaire"
Le Col de la Croix de Fer, le Galibier, le Télégraphe, autant de cols mythiques du Tour de France. Des ascensions que le Chestrolais Simon Defat et de nombreux autres cyclistes amateurs ont gravies ce dimanche lors de "L'Étape du Tour", une cyclo organisée chaque année durant la Grande Boucle. Et cette année, le menu était copieux avec 170 bornes à s'enfilerpour un dénivelé positif de 5400 mètres et une arrivée àl'Alpe d'Huez via le Col de Sarenne. "Je n'ai pas eu trop mal aux jambes en me levant lundi matin, sourit Simon Defat. J'avais eu bien plus de douleurs l'an dernier lorsque j'avais déjà participé à cette cyclo. Ici, franchement, cela va. La préparation ? J'avais participé à Liège-Bastogne-Liège et au Tour des Flandres, sans oublier pas mal d'autres sorties. J'avais environ 4500 kilomètres dans les jambes dans le courant du mois de juin."
Simon Defat l'a dit, il avait déjà participé l'an dernier. Mais le trajet était différent."Nous avions démarré à Alberville pour finir à La Plagne, explique-t-il.C'était déjà costaud avec 4500 mètres de dénivelé, mais c'était encore nettement plus dur cette fois. L'intérêt d'une cyclo pareille ? Tu es vraiment comme un professionnel. Tu as tout un encadrement qui est présent et surtout, les routes sont fermées à la circulation. C'est nettement plus agréable. Une course en peloton ? En fait, vous avez 16 slots de 1000 personnes qui sont prévus et vous avez dix minutes d'écart entre chaque départ. De toute manière, chacun roule à son rythme."
Comme on l'a dit, plusieurs cols mythiques étaient au menu. "Le plus difficile ? Le Télégraphe, cela a été un calvaire, avoue Simon Defat.Je n'avais rien dans les jambes, comme si j'étais victime d'une grosse fringale. Les deux heures de montée, cela a été dur. En plus, ce n'était que dans la première partie de la course puisqu'avant, nous n'avions grimpé"que"la Croix de Fer qui était en grande partie ombragée et où il était encore possible de suivre le peloton et d'avoir un certain tempo. Là, dans le Télégraphe, cela a vraiment été compliqué. Heureusement, les jambes sont revenues par après pour gravir le Galibier et puis le Col de Sarenne. C'est un col que les coureurs du Tour vont emprunter dans les prochaines heures. Nous avons eu le privilège de le découvrir, avec une partie où le public sera d'ailleurs interdit. Est-ce que j'ai fait attention à mon chrono ? Dès le Télégraphe, j'ai compris que le principal serait d'arriver au bout, dans les délais. Je n'avais pas envie de devoir mettre pied à terre après avoir fourni une grosse préparation."
"Rien de comparable avec la Doyenne ou le Ronde"
Si Simon Defat s'était bien préparé, on s'en doute, parvenir à s'entraîner pour tenir des efforts sur des cols pareils, ce n'est pas simple. "Liège-Bastogne-Liège et le Tour des Flandres, ce n'est pas du tout pareil, confie le Chestrolais.Dimanche, vous avez quatre cols avec environ deux heures par col. Il faut savoir répéter les efforts. La Doyenne, les cent premiers kilomètres sont relativement plats, cela grimpe seulement dans les soixante dernières bornes. Le Tour des Flandres, ce ne sont pas les mêmes efforts. Là, les difficultés sont les pavés et la distance. Mais avec mon gabarit plutôt lourd, je passe assez bien les pavés. Des cols mythiques que je rêve de gravir ? Non, j'en ai déjà fait pas mal. J'ai notamment gravi l'Alpe d'Huez avec les 21 virages voilà quelques années. Tout le monde a l'image de Marco Pantani à cet endroit."
Content pour Remco
Simon Defat n'a donc pas pu suivre en direct la victoire de Remco Evenepoel au Plateau de Solaison ce dimanche. "Mais j'ai regardé le replay en rentrant, sourit l'intéressé. J'aime beaucoup Remco, le voir gagner une étape de haute montagne, avec des cols hors catégorie, c'est fantastique. J'espère vraiment qu'il va pouvoir garder sa deuxième place au général jusqu'au bout. Dans le peloton dimanche, l'abandon de Vingegaard a rapidement été évoqué, nous avons été très vite au courant. Par contre, cela ne parlait pas trop de Remco. Ce sont essentiellement des cyclistes français, donc ils n'avaient que le nom de Paul Seixas à la bouche. Ce qui se comprend car la France a enfin un coureur capable de gagner le Tour. Ce qu'il fait à 19 ans, c'est fou et j'espère qu'il ne va pas exploser en plein vol."
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