« Le site a été lancé samedi et sa simple évocation dans les médias l’a fait crasher instantanément avec des pics de connexion incroyables. C’est du jamais vu dans l’histoire de l’association. »

Délégué général de 40 millions d’automobilistes, Pierre Chasseray est l’instigateur du site #Balancetonplein, une « manifestation numérique » à l’heure où les prix des carburants ne cessent d’augmenter.

L’objectif de cette initiative ? « Donner de la visibilité à toutes celles et tous ceux qui veulent être entendus, sans avoir à manifester dans les rues, sans être assimilé(e)s à un mouvement politique ou à celui des Gilets jaunes. »

Novateur dans sa forme, volontairement éloigné de la pétition en ligne traditionnelle « qui généralement tombe dans un puits sans fond », le site #Balancetonplein affiche une carte de France et des points indiquant le nombre d’inscrits zone par zone.

Des points « derrière lesquels il y a des visages, des personnes qui manifestent depuis chez elles », souligne Pierre Chasseray, qui en est persuadé : « Si le mouvement continue à prendre de l’ampleur, chaque candidat/e à l’élection présidentielle et même le Premier ministre et le pouvoir en place ne pourront y être insensibles. »

Une démarche « pacifiste, ni violente ni politique »

Si la revendication principale de ce mouvement est la baisse des taxes sur les carburants, le responsable s’insurge contre un discours « préfabriqué » : « La phrase, que les politiques et les journalistes répètent inlassablement, qui consiste à dire que baisser les taxes représente un coût dont l’État n’a pas les moyens, est une erreur économique. Ce n’est pas un coût mais un manque à gagner. Le coût se mesure en perte de croissance et donc en perte de PIB. La France a perdu un demi point de croissance, soit 15 milliards d’euros de perte sèche sur un an pour l’État. Ce qui entraîne un effet inflationniste, une remontée des taux et l’augmentation des taux d’emprunt. Ça, c’est un coût. Mais on vit en panurgisme, dans un État où les journalistes répètent tous cette même phrase, qui est une opinion politique. Ce qu’il faudrait dire aujourd’hui c’est que la France n’a plus les moyens de ne pas baisser les taxes. Pour sauver l’économie, il faut stopper net cette politique fiscale sur les carburants. Il n’y a qu’à voir l’Espagne qui a baissé sa fiscalité, sur les carburants notamment, et n’a pas vu sa croissance ralentir, au contraire. »

Le mouvement sera-t-il pris en considération par les pouvoirs publics et suivi d’effets ? Pierre Chasseray préfère rester « optimiste ».

« Notre démarche est pacifiste et ne sera ni violente ni politique. » Mais unie autour d’une seule et même volonté : celle de « rendre visibles tous les invisibles ».