l'essentiel Après les violences du 17 octobre, Toulouse a vécu une nouvelle journée sous tension ce samedi. Si le cortège encadré par les syndicats a défilé dans une ambiance relativement calme, des affrontements ont éclaté en marge de la mobilisation et se sont poursuivis après son arrêt, en particulier dans le quartier des Arènes.

La manifestation avait débuté dans une ambiance relativement calme. Ce samedi 24 octobre, à Toulouse, le cortège encadré par les syndicats a traversé la ville sans incident majeur en son sein. Mais la journée a pris une autre tournure aux Arènes, où les affrontements avec les forces de l’ordre se sont prolongés jusqu’en soirée.

80 000 manifestants ont défilé selon les syndicats, contre 24 600 selon la préfecture.
80 000 manifestants ont défilé selon les syndicats, contre 24 600 selon la préfecture. FREDERIC CHARMEUX

Vers 14 heures, les manifestants se sont élancés depuis les allées Jean-Jaurès, derrière une banderole réclamant de meilleures conditions d'études, des salaires, du pouvoir d'achat et la défense des retraites. La CGT a revendiqué 80 000 manifestants, soit autant que lors de la mobilisation du 17 octobre. La préfecture en a dénombré 26 500. La CGT ouvrait le bloc syndical, avec un service d'ordre bien visible. Mais, plus en avant, d'autres manifestants progressaient à leur propre rythme, creusant la distance avec les syndicats.

La tête du cortège toulousain, ce samedi 24 octobre.
La tête du cortège toulousain, ce samedi 24 octobre. FREDERIC CHARMEUX

Les slogans, comme toujours, ont fusé : "Plus de profs, moins de keufs", "On n’est pas des piñatas !". Vers 14 h 45, le cortège s’est étiré et a marqué un arrêt. La tête de manifestation semblait hésiter sur le parcours. Au loin, vers le boulevard Lascrosses, une explosion a retenti et les premiers gaz lacrymogènes ont été tirés, à distance de la tête syndicale.

L'ambiance était relativement calme avant l'arrivée aux Arènes.
L'ambiance était relativement calme avant l'arrivée aux Arènes. FREDERIC CHARMEUX

Une ambiance encore bon enfant

Malgré ces premiers incidents, l’atmosphère est restée plutôt détendue dans le cortège. À Saint-Cyprien, des passants ont applaudi les manifestants. Un véhicule diffusant de la techno et du rap a accompagné leur progression vers la Patte-d’Oie, sous le regard des blindés Centaure de la gendarmerie.

Les Centaures de la gendarmerie, postés dans le quartier Saint-Cyprien.
Les Centaures de la gendarmerie, postés dans le quartier Saint-Cyprien. FREDERIC CHARMEUX

Lorsque les syndicats ont décidé de mettre fin à leur marche, Cédric Caubère, de la CGT, s’est félicité du déroulement du défilé : "Pour nous, la démonstration est faite, on s’arrête là. La manifestation a bien été organisée et s’est déroulée sans provocation sur un parcours long."

Mais tous les manifestants ne se sont pas arrêtés. Certains ont poursuivi leur progression, tandis que d’autres ont rebroussé chemin. La situation est devenue confuse aux abords des Arènes, où les affrontements avec les forces de l’ordre se sont multipliés.

Des affrontements jusqu’en soirée

Gaz lacrymogènes, détonations et charges policières ont alors rythmé les événements. Des manifestants se sont dispersés dans plusieurs rues du quartier. La préfecture a confirmé qu’une personne avait été grièvement blessée à la main, sans préciser les circonstances de sa blessure.

Les affrontements ont éclaté une fois le cortège arrivé aux Arènes.
Les affrontements ont éclaté une fois le cortège arrivé aux Arènes. FREDERIC CHARMEUX

Pendant ce temps, près de la Daurade, une cinquantaine d’individus cagoulés, qui semblaient appartenir à la mouvance d’ultradroite, occupaient un secteur et empêchaient les personnes présentes de filmer.

À 18 heures, les explosions de grenades résonnaient toujours, tandis que des hélicoptères survolaient Toulouse. Une heure plus tard, les affrontements se poursuivaient encore aux Arènes, où les forces de l’ordre procédaient à de nouveaux tirs de grenades lacrymogènes ou de désencerclement.

Au terme de cette journée, le contraste était saisissant : d’un côté, une manifestation encadrée par les syndicats, de l’autre, des heures de tensions qui se sont prolongées bien après la fin du défilé.