La réussite d’Inoxtag a tout du mythe moderne, véritable évangile pour aspirants influenceurs en quête d’icône. Issu de la petite classe moyenne (mère infirmière, père gérant d’une société de chauffeurs), Inès Benazzouz de son vrai nom affiche à seulement 24 ans le CV d’un vieux routard du web. Sa notoriété record fait de lui l’un des influenceurs français les plus « bankables » : 9,3 millions d’abonnés sur YouTube, 6,4 millions sur TikTok, 5,8 millions sur Instagram… Une vocation née en 2015. Inoxtag n’a alors que 13 ans lorsqu’il lance sa chaîne YouTube, en filmant ses parties endiablées de Minecraft, puis de Fortnite. Belle gueule, gouaille à revendre et sourire en bandoulière, le Franco-Algérien ne tarde pas à se faire un nom dans le petit monde des gamers.

Mais sa réussite est avant tout le fruit d’un travail acharné. Concentré sur sa carrière, il raconte avoir vécu une adolescence casanière durant laquelle, loin de flamber, il réinvestissait l’essentiel de ses gains dans son matériel (caméra, micro…) pour réaliser des vidéos toujours plus ambitieuses. Ce n’est qu’en 2020, bac scientifique en poche pour rassurer ses parents, qu’il bascule à plein temps dans la création. Il signe alors avec Webedia, qui joue à l’époque les agents pour nombre de talents émergents du web.

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Durant un an il se prépare pour gravir l’Everest

Le vrai tournant intervient en 2023. Défi personnel ou épiphanie, Inoxtag annonce à sa communauté qu’il se donne un an pour se préparer à l’ascension de l’Everest. Une gageure, alors qu’il n’a aucune expérience de la montagne. Le pari est pourtant relevé en mai 2024 ! L’expédition n’a pas qu’une ambition intérieure : elle donne lieu à un documentaire, Kaizen, qui affole les compteurs avec 47 millions de vues sur YouTube. Plus étonnant, le succès s’étend au grand écran, avec un triomphe dans les 900 salles où le film est programmé.

Avec la reconnaissance du grand public vient aussi le temps des critiques. Ses détracteurs rappellent que son exploit ne serait pas grand-chose sans les sherpas, qui l’ont aidé à grimper et ont porté le matériel de tournage. Ils pointent aussi ses nombreux partenariats commerciaux et son omniprésence sur les réseaux, qui cadrent mal avec ses messages prônant l’authenticité et la déconnexion.

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Pas de quoi entraver son ascension. Son premier manga autofinancé, Instinct, a dépassé les 100 000 ventes dès son lancement, ses événements e-sports font le plein et ses titres de rap affichent des dizaines de millions de vues. Dernier projet en date : une expédition en Patagonie avec Mike Horn. Leur mission sur un glacier ? Effectuer des prélèvements d’eau à des fins scientifiques et installer une caméra pour deux ans. Un nouveau défi où Inoxtag entend bien « repousser ses limites ».

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