Reprise du GICB par le domaine Lafage : "C’est la fin du système coopératif suraidé sur le cru banyuls-collioure"
Ce vendredi 24 juillet, le tribunal de grande instance de Perpignan a validé la reprise du GICB, plombé par 20 millions de dettes, par le domaine Lafage. La plus grande coopérative du cru banyuls colioure passe ainsi sous pavillon privé. Président de syndicat du cru, Romuald Peronne réagit à cette page d’histoire qui se tourne.
Quelle est votre réaction après cette reprise du GICB par le domaine Lafage ?
Je ne peux que me féliciter qu’un vigneron négociant de la dimension de Jean-Marc Lafage s’intéresse à notre territoire et vienne le développer en s’inscrivant dans nos projets, en s’appuyant sur nos signes de qualité. C’est une perspective de très hautes performances pour notre cru. Je suis certain qu’il ira chercher et valoriser le meilleur de notre territoire.
Un acteur privé succède à la plus grande coopérative du cru, c’est une page historique qui se tourne ?
C’est la fin du système coopératif sur le cru banyuls-collioure. Désormais, un négociant achètera du raisin à des apporteurs et non plus une coopérative à ses coopérateurs. Les autres coopératives qui restent sur le cru (L’Étoile et les Dominicains) ne représentent plus que 15 % de la production, contre plus de 50 % pour le GICB. Elles auront surtout un rôle social important. C’est l’effondrement du système coopératif qui a pourtant été suraidé par les pouvoirs publics depuis des années et des années. Comment dans ces conditions a-t-il pu engendrer une dette de 20 millions d’euros ? Et comment aujourd’hui, cette dette est quasiment effacée, alors que d’autres vignerons indépendants, bons élèves de la viticulture, doivent continuer à assumer leurs engagements ?
Le GICB possède de très gros stocks de vins, c’est un autre enjeu majeur de cette reprise ?
Bien sûr. Ce stock est évalué à 400 000 hectos, soit l’équivalent de 6 millions de bouteilles. Notre interrogation est comment ce stock va-t-il être mis sur le marché sans mettre à mal l’équilibre économique de notre cru. Je suis sûr que l’on va travailler ensemble avec Jean-Marc Lafage pour respecter cet équilibre fragile. Avec la reprise du GICB, c’est 90 ans, l’âge de notre appellation Banyuls que nous célébrerons au sommet du Canigó le 6 août, du patrimoine et de la vie des Banuylencs qui sont aussi en jeu.