Découverte macabre à Büren SO : le mystère persiste
Publié16. juillet 2026, 21:45
Canton de SoleureRestes humains dans un champ de colza: le mystère demeure
Après la découverte des restes d'un corps à Büren, l'ancien commissaire Markus Melzl explique pourquoi l'absence de certaines parties n'est pas inhabituelle.

Des restes humains ont été découverts dans un champ samedi dernier à Büren (SO). Bien qu'une importante opération de police ait été menée sur les lieux, ni la police cantonale ni le Ministère public n'ont communiqué spontanément sur cette découverte. Ce n'est qu'après la publication d'un article de notre rédaction que l'affaire a été rendue publique.
L'une des raisons de ce silence est que les enquêteurs ne soupçonnent pas d'intervention extérieure. De plus, le corps étant dans un état de décomposition très avancé, le Ministère public a préféré ne pas ébruiter cette information pour des raisons de protection de la personnalité.
Les mains, les pieds et la tête étaient absents. Mais ce n'est pas tout: au départ, les restes ont été pris pour ceux d'un animal. Il ne restait presque plus de tissus mous, et ce sont les os visibles qui ont finalement fait naître le doute chez les personnes qui les ont découverts. C'est alors que l'agriculteur propriétaire du terrain a alerté la police.
Il n'est pas rare que des parties du corps manquent
Markus Melzl, ancien commissaire et ancien porte-parole du Ministère public de Bâle-Ville, explique qu'il n'est pas inhabituel que certaines parties d'un corps ne soient pas retrouvées lorsque des restes humains sont demeurés longtemps dans la nature. «La consommation du corps par des animaux n'a rien d'exceptionnel. Le Ministère public aurait pu l'expliquer en quelques lignes. De toute façon, dans le village, tout le monde en parle», déclare-t-il.
Un médecin légiste peut généralement déterminer assez rapidement si les lésions ont été causées par des animaux. «Les animaux mordent, arrachent et déchirent les tissus, laissant des traces caractéristiques qui sont facilement reconnaissables», explique Markus Melzl.
Le fait que plusieurs parties du corps n'aient pas été retrouvées ne surprend pas Markus Melzl. Il évoque une affaire à laquelle il a été confronté au cours de sa carrière: «Un criminel nous avait conduits jusqu'au corps d'une femme dans une forêt. Bien que le cadavre n'y soit pas resté très longtemps, il ne subsistait que la partie inférieure du corps, protégée par un jean très serré. La tête, le torse et le reste du corps n'ont jamais été retrouvés.»

Selon lui, des animaux tels que les blaireaux, les renards et les martres peuvent être à l'origine de ce type de disparition. «À cette période de l'année, ils ont des petits à nourrir. Leurs besoins en nourriture sont donc plus importants et ils peuvent emporter certaines parties du corps», explique-t-il.
Pourquoi les enquêteurs estiment-ils qu'il n'y a probablement pas eu d'intervention d'un tiers? Markus Melzl explique que cette conclusion repose sur une évaluation de l'ensemble des circonstances. «Une fois l'identité de la personne connue, les enquêteurs examinent les différentes hypothèses. Il est possible, par exemple, qu'une personne âgée et désorientée se soit retrouvée dans un champ et y soit décédée. Il est possible que certains éléments aient déjà permis d'écarter cette hypothèse.»
«J'aurais sans doute communiqué sur cette découverte»
Markus Melzl souligne toutefois que l'absence de la tête peut limiter certaines constatations médico-légales. «Si la tête manque, il n'est par exemple plus possible de détecter une blessure par balle à cet endroit. C'est précisément pour cette raison que les enquêteurs s'appuient également sur les circonstances de la découverte et sur l'ensemble des éléments recueillis au cours de l'enquête. Des prélèvements ont peut-être été réalisés, permettant notamment d'exclure une agression sexuelle. Au final, il s'agit d'évaluer toutes les hypothèses à partir des indices disponibles.»
Markus Melzl ne souhaite pas critiquer ouvertement la stratégie de communication des autorités soleuroises. Il indique toutefois qu'il aurait probablement choisi une autre approche. «Pour ma part, j'aurais sans doute communiqué sur cette découverte. Il est possible d'annoncer qu'un corps a été retrouvé, d'indiquer éventuellement le sexe de la personne et de préciser qu'aucun indice ne laisse supposer l'intervention d'un tiers. De toute façon, les habitants en parlent déjà, notamment ceux qui ont participé à la découverte. C'est pourquoi je privilégiais ce type de communication.»
Markus Melzl cite également un précédent pour illustrer son approche en matière de communication. Il se souvient avoir annoncé publiquement un suicide, car une grande partie du quartier avait malheureusement vu la victime suspendue à une grue. «Dans un tel cas, il n'est pas nécessaire d'entrer dans les détails», explique-t-il.
(szu)
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