Retraite à 63 ans, attaques contre Emmanuel Macron et retour de la TVA: ce que contient le dernier livre de François Hollande
Publié aujourd'hui à 13h24
Lire dans l'appBFMMarie-Pierre Bourgeois

François Hollande à Sens le 29 août 2026 - ROMEO BOETZLE / AFP
L'ancien président de la République, qui se positionne en éventuel recours pour la gauche d'ici le mois de décembre, sort un nouvel ouvrage. Dans Unir, nouveau monde, nouvelle gauche François Hollande défend certains totems de la gauche, mais n'hésite pas à défendre des idées plus proches du centre et de la droite. Il en profite également pour régler ses comptes avec son successeur.
Un nouvel ouvrage, le sixième en moins de sept ans, et quelques messages à délivrer en cette rentrée politique de campagne présidentielle. François Hollande sort ce 3 septembre Unir, nouveau monde, nouvelle gauche, à quelques semaines de la primaire socialiste et Place publique. Primaire à laquelle l'ancien président de la République a décidé de ne pas participer.
Impossible cependant de ne pas y voir un nouveau pas vers une potentielle candidature à la présidentielle. Son livre ressemble à la fois à un bilan du double quinquennat d'Emmanuel Macron et de ses héritiers potentiels Édouard Philippe et Gabriel Attal, et à la fois à un embryon de programme pour l'Élysée. L'issue du double quinquennat de l'actuel locataire de l'Élysée est jugée "consternante" par l'ancien président.
"L'extrême droite, qui était pourtant un repoussoir en 2017, sert aujourd'hui de refuge pour un bon tiers des Français. (...). Ici, chez nous, elle au seuil" du pouvoir, regrette ainsi François Hollande.
Des "erreurs" mais surtout un satisfecit
Plus de 13 ans après son élection et après avoir renoncé à se représenter en 2017, l'heure n'est cependant pas au mea culpa, au contraire. Celui qui est redevenu député à la faveur de la dissolution en 2024 reconnaît en effet "des erreurs" et "des déceptions". Cependant, sur "l'essentiel", il "ne croit pas s'être trompé", notamment sur les questions internationales.
Surtout, François Hollande se projette vers l'avenir en multipliant les propositions. Mais "l'homme de la synthèse", comme les socialistes l'avaient surnommé lorsqu'il était le premier secrétaire, multiplie à la fois des clins d'œil à la gauche et à la droite.
Le socialiste propose ainsi de "mettre à contribution" les patrimoines supérieurs à 10 milions d'euros par une hausse d'impôt ciblée. Autant dire que la proposition met ses pas dans celle de "la taxe à 75%" sur les très hauts revenus. qu'il avait vanté pendant toute la campagne de 2012. Appliquée pendant deux ans, elle avait ensuite été abandonnée.
La retraite à 63 ans
Mais le Corrézien tente aussi de séduire l'électorat centriste. Il défend ainsi la retraite à 63 ans, une sorte d'entre-deux entre la réforme portée par Élisabeth Borne, qui faisait passer l'âge de départ à 64 ans avant d'être suspendue par Sébastien Lecornu, et celle de son propre quinquennat avec l'allongement de la durée de cotisation.
Le député de Corrèze veut aussi "limiter à 1% pendant cinq ans l'indexation des pensions, ce qui procurerait un gain équivalent au report d'un an de l'âge de départ". Pour l'instant, les pensions de retraite restent indexées sur l'inflation en dépit de la tentation des gouvernements successifs, dont celui de Sébastien Lecornu qui y réfléchit, de changer la donne.
François Hollande appelle également à "ajouter une part de capitalisation" contrôlée par les partenaires sociaux pour financer les différents régimes de retraite, un chiffon rouge à gauche.
Pas question non plus de défendre la taxe Zucman, qui veut taxer à hauteur de 2% les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, pourtant ardemment défendue par son parti depuis des mois. C'est non encore pour "le relèvement massif du SMIC".
Le socialiste appelle également à la hausse de la TVA, ce qui déboucherait très probablement sur une hausse des prix, notamment dans la grande distribution qui ferait payer aux consommateurs cette hausse de la fiscalité. Les exceptions à cette augmentation seraient l'énergie et les produits de première nécessité, qui seraient, eux, à 0% de TVA.
"C'est une mesure profondément sociale, redistributive, parce qu'on va augmenter la TVA sur les biens durables, qui sont consommés par les Français qui peuvent se les acheter, en revanche l'alimentation ça fait partie des produits courants comme les travaux sur l'énergie, et là on doit passer de 5,5% à 0", a-t-il précisé ce 3 septembre à la fois de Châlons-en-Champagne.

Salut de François Bayrou
Le changement de pied n'a pas échappé à l'ancien Premier ministre François Bayrou. L'ancien président socialiste "articule des idées qui sont plus compatibles qu'elles ne l'étaient" avec les siennes, a noté le patron du Modem François Bayrou dimanche dernier dans La Tribune dimanche, en poussant pour la désignation d'un seul candidat à la présidentielle pour un vaste espace allant du PS à LR.
François Hollande a certes des fourmis dans les jambes et ne cache pas sa gourmandise à l'idée de pouvoir se présenter en 2027 mais, pour l'instant, il a exclu de participer à la primaire organisée en octobre par le Parti socialiste et Place publique, la formation de Raphaël Glucksmann.
À la place, le député semble miser sur l'effondrement dans les sondages du gagnant de la primaire, y voyant dès lors une occasion de se positionner en recours.
"Mon calendrier c'est le mois de décembre" pour décider d'une candidature "parce que décembre, dans une élection présidentielle, c'est le mois clé", a ainsi expliqué l'ancien chef de l'État ce mercredi sur France inter.
"Il n'y aura qu'une seule candidature de la gauche sociale-démocrate", veut encore croire François Hollande. Avant de promettre: "si le ou la gagnante de la primaire "a la dynamique nécessaire, pourquoi viendrais-je, moi, interférer?".
Locaux de campagne
Chez les socialistes, cependant, on se méfie. Il faut dire que l'entourage du député multiplie les initiatives. Pour son 72e anniversaire le 17 août dernier, des proches ont offert à l'ancien président le placardage de 500 affiches réhabilitant son bilan, relayées ensuite sur les réseaux sociaux.
"Lui président, 650.000 Français sont partis à la retraite", "Lui président, 8 millions de Français les plus démunis ont été exonérés d'impôts", peut-on ainsi lire sur ces visuels reprenant les codes du pop-art.
Pour autant, François Hollande joue la carte de la prudence. Alors que la presse évoquait des locaux de campagne, dans le centre de Paris, loués par ses soins, il a démenti auprès de Politico. "Non, ce n'est pas un QG de campagne. Ce n'est pas d'ailleurs moi qui signe ce bail, ce sont des amis", déclare-t-il.

Mais François Hollande peut-il vraiment gagner son pari? C'est sa deuxième tentative de revenir dans la course à l'Élysée: en 2022, celui qui n'a jamais lâché la politique avait également préparé une candidature, pariant sur le retrait d'Anne Hidalgo, sans y parvenir. La candidate du PS n'avait finalement récolté que 1,75% des suffrages.
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