Depuis l'Elysée dimanche soir, le chef de l'Etat a appelé à ne pas "confondre" les manifestants qui ont des "revendications légitimes" avec "ceux qui ont détruit, cassé, pillé".

France Télévisions

Publié le 18/10/2026 21:20

Mis à jour le 18/10/2026 21:21

Temps de lecture : 4min

Emmanuel Macron, le 18 octobre 2026 dans une allocution depuis l'Elysée. (LUDOVIC MARIN / AFP)
Emmanuel Macron, le 18 octobre 2026 dans une allocution depuis l'Elysée. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Nos forces de l'ordre, malgré leur professionnalisme, ont eu à subir une violence inouïe." Au lendemain des violences et pillages massifs en marge des manifestations du 17 octobre, Emmanuel Macron s'est exprimé depuis le palais de l'Elysée, dimanche 18 octobre, affirmant : "Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre."

Peu de temps avant, le chef de l'Etat avait réuni "le Premier ministre et les ministres du gouvernement concernés" par cette situation de crise, avait fait savoir la présidence de la République, alors que le gouvernement se retrouve sous la pression des oppositions et de certains maires concernant la gestion des manifestations de samedi. Voici ce qu'il faut retenir de sa prise de parole.

Face aux violences : "Nous ressentons tous de la honte"

Emmanuel Macron a d'abord dénoncé les responsables, selon lui, de ces scènes de chaos. "Des factieux issus de groupuscules d'ultragauche, rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une violence débridée dans nos villes", a-t-il affirmé, rappelant que des commerces avaient été "pillés" et des bâtiments "attaqués", voire "détruits". Selon un bilan du ministère de l'Intérieur dimanche soir, 997 policiers et gendarmes ont été blessés, dont sept grièvement.

"En regardant ces images, nous nous sommes tous demandé : "Qu'ont-ils dans la tête ? Comment des Français peuvent faire cela à la France ? Pourquoi brûler la mairie de Limoges, l'office de tourisme à Lyon, envahir la mairie à Marseille, attaquer la résidence du préfet à Bordeaux ? Comment peuvent-ils en arriver là ?"

Emmanuel Macron, président de la République

dans son allocution télévisée du 18 octobre 2026

"Rien ne le justifie. Rien ne l'explique. Rien ne l'excuse. Nous ressentons tous de la colère, de la honte, et voir les rues de nos villes ainsi saccagées est insupportable", a dénoncé Emmanuel Macron.

Selon lui, les gendarmes et policiers "ont tenu et ont fait de leur mieux". Il leur a adressé son "soutien", ainsi qu'aux maires et "aux nombreux commerçants, artisans, acteurs économiques".

Sur le maintien de l'ordre : "J'attends des réponses claires"

Emmanuel Macron a promis de venir en aide à "ceux qui sont aujourd'hui dans le désarroi". Dès lundi, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, "présidera une cellule de crise pour mobiliser les aides les plus rapides possible et accompagner celles et ceux qui traversent ces heures si difficiles".

Il a aussi dit vouloir faire "la transparence" quant à la stratégie du maintien de l'ordre. Le président de la République a demandé au gouvernement, et notamment au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de "tirer toutes les leçons" concernant la journée de samedi "en matière de renseignement et d'anticipation". "J'attends des réponses claires", a prévenu Emmanuel Macron. Il a ajouté que les préfets "prendr[aie]nt les décisions" qui s'imposent pour protéger les villes, allant jusqu'à "interdire" si nécessaire "certains rassemblements".

Alors que 2 397 personnes ont été interpellées, le chef de l'Etat a estimé que le "suivi judiciaire" devait être exemplaire. "La plus grande fermeté a été demandée aux procureurs par le garde des Sceaux", a-t-il rapporté. "Nos juges rendent la justice en votre nom et ils savent ce que vous attendez (...) Ceux qui ont détruit doivent payer. Ceux qui ont pillé doivent rembourser."

Sur les revendications des manifestants : "La parole de la jeunesse doit être entendue"

Depuis mi-septembre, "notre jeunesse exprime une angoisse profonde dans les lycées comme dans les universités", a poursuivi Emmanuel Macron. "Une inquiétude règne sur l'avenir, sur les conditions de vie et d'études, sur la capacité à s'orienter, se projeter, trouver sa place dans la société. L'idée qu'il n'y aurait pas de futur désirable, en quelque sorte", constate-t-il.

"Je comprends nos lycéens et nos étudiants. Ils sont au cœur de mon engagement politique depuis plus de dix ans."

Emmanuel Macron, président de la République

lors de son allocution télévisée du 18 octobre 2026

"Leur parole doit être entendue, sans a priori, sans minimiser les difficultés. Le travail est déjà engagé par le gouvernement", a déclaré le président de la République, citant notamment la plateforme lancée par le ministère de l'Education nationale, qui a permis de recueillir "plus de 100 000 contributions".

"Il nous faut nous asseoir autour de la table et construire ensemble les solutions : élèves, étudiants, enseignants, représentants des organisations patronales et syndicales, collectivités territoriales. Nous travaillerons dès cette semaine avec le gouvernement à des propositions concrètes. Le Premier ministre les réunira dans les prochains jours à cet effet", a fait savoir Emmanuel Macron.

Le chef de l'Etat s'est dit également "lucide" sur les raisons initiales de la mobilisation du 17 octobre : "Plusieurs centaines de milliers de nos compatriotes ont manifesté avec la volonté de porter des revendications légitimes. Jamais nous ne devons confondre ces derniers avec ceux qui ont détruit, cassé, pillé." Depuis la guerre en Iran en février et ses répercussions dans le monde, il assure avoir "pris plusieurs initiatives au niveau international pour garantir notre carburant, notre gaz et agir sur les marchés de l'énergie". "Je poursuivrai ces actions dès demain matin en allant dans les pays du Golfe pour sécuriser nos approvisionnements", a-t-il annoncé.

Sur la présidentielle 2027 : "Notre pays mérite une belle élection"

A six mois de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat suggère que "les choix d'avenir que vous aurez, que nous aurons à faire (...) sont essentiels". "Tous ceux qui vous expliquent que l'urgence est d'aller dans la rue, de manifester, de créer le désordre, n'ont qu'un but : abîmer la République et voler le débat", a déploré Emmanuel Macron.

"La France est une grande force démocratique. Elle mérite ces débats. Ils doivent se faire dans les réunions publiques, avec les partis, non pas dans la rue, par la violence."

Emmanuel Macron, président de la République

lors de son allocution télévisée du 18 octobre 2026

"Ils doivent se faire dans les journaux, sur les plateaux de télévision, dans les rassemblements pacifiques où on parle et on s'explique dans le respect", a ajouté le président de la République. "Notre pays mérite une belle élection présidentielle dans six mois (...) Nous avons besoin d'unité, de calme et de respect", a-t-il terminé.

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