Du XV au XIII, les Bleus ont vécu lundi à Sydney une journée XXL au contact de l’élite australienne. Musculation avec les Wallabies, opposition face aux spécialistes du XIII, le tout sous 35 °C. Une immersion de haut vol.

Le choc a été immédiat. Dès les premières minutes de l’opposition face à l’Australie, Alrix Da Costa a senti sa cuisse le lâcher au moment de tenter un coup de pied de dégagement. Le talonneur, qui rejoindra Hull FC, n’a pas insisté par mesure de précaution. Il a demandé à sortir, laissant rapidement place à l’inquiétude dans le camp français en attendant les examens qui seront réalisés ce mardi à Sydney. Depuis le bord du terrain, une poche de glace plaquée sous la cuisse et un strapping compressif, le Français a regardé ses partenaires poursuivre leur travail en espérant pouvoir les rejoindre très vite. Une image qui tranche avec l’intensité de la séance. Car, sur le terrain, personne n’a levé le pied.

À cinq jours du premier match mondial, l’opposition à plaquer face aux Australiens a donné le ton entre engagement, vitesse d’exécution et contacts appuyés. Sous près de 35 °C, les organismes ont été poussés dans leurs retranchements pendant 45 minutes. Les Bleus avaient besoin de se jauger. Ils ont aussi montré qu’ils savaient corriger le tir. Plus solides que la veille, les Tricolores ont affiché une défense mieux articulée, des joueurs davantage connectés et une volonté plus nette de jouer vers l’avant. Rien n’est encore acquis, mais les premiers ajustements commencent à porter leurs fruits. L’après-midi, place à l’autopsie vidéo. Maxime Grésèque a ciblé les réglages offensifs, Florent Tost, lui, a souligné les efforts du bloc du milieu et les décisions prises sur les extérieurs. Face à des Australiens qui ont constamment cherché à mettre de la vitesse, chaque placement et chaque choix ont été passés au crible. Avec Wyatt Raymond, arbitre de NRL, aux commandes, la séance avait aussi des airs de répétition générale.

Brandon Paenga-Amosa, fan de Guirado et Forletta

Le spectacle n’a d’ailleurs pas attiré que les techniciens français. Les Wallabies de Les Kiss, qui préparent leur duel contre les All Blacks samedi à l’Accor Stadium pour la Bledisloe Cup, étaient aux premières loges. Jordan Petaia et Joseph Suaalii ont observé les échanges, tandis que Brandon Paenga-Amosa, passé par Montpellier de 2021 à 2024 et sacré champion de France en 2022, profitait de la séance pour saluer quelques visages connus. En français, l’ancien Montpelliérain a rendu hommage à Guilhem Guirado, "le roi", et à Forletta, "un gars en or." Pour les Français, ces moments au contact des meilleurs ne sont pas anecdotiques. Après une séance de musculation partagée avec les Wallabies au centre de performance des Blues, cette nouvelle confrontation avec l’Australie prolonge une préparation tournée vers l’exigence du très haut niveau. Le XIII de France avait déjà connu pareille immersion à Ernest-Wallon, avec des ateliers communs et une opposition à toucher. À Sydney, le travail est désormais entré dans une autre dimension.

Les repères se construisent, les automatismes se précisent et la défense gagne en cohésion. Mais le calendrier, lui, n’attend personne. Vendredi, les Samoa seront là, avec un premier match à enjeu et aucune marge pour les approximations. L’incertitude autour de la blessure de Da Costa vient rappeler le prix de cette montée en puissance. Les Bleus doivent arriver prêts, sans y laisser trop de forces en chemin. Dans cette dernière ligne droite, il ne suffit plus de bien travailler. Il faut désormais transformer les progrès en certitudes et être au rendez-vous quand le coup d’envoi comptera vraiment.