l'essentiel EXCLUSIF. Il a passé 48 h en garde à vue avant de comparaître devant la justice. L’automobiliste britannique de 54 ans, dont le véhicule s’est encastré mercredi 2 septembre 2026 dans la terrasse d’un bar-tabac de Dieupentale (Tarn-et-Garonne), faisant plusieurs blessés, a été déféré vendredi 4 septembre au palais de justice de Montauban. Mis en examen, il reste libre sous contrôle judiciaire, alors que le parquet avait requis son placement en détention provisoire. Une information judiciaire est ouverte, notamment pour mise en danger d’autrui. Son véhicule doit être envoyé à Paris, auprès des experts de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, afin d’y être expertisé.

Il a fallu attendre qu’il dessoûle pour pouvoir seulement l’interroger. À sa sortie de l’hôpital de Montauban, l’automobiliste britannique de 54 ans avait été placé en cellule de dégrisement, après avoir percuté, mercredi 2 septembre 2026, la terrasse d’un café à Dieupentale, dans le Tarn-et-Garonne. L’accident avait fait quatre blessés, dont une femme grièvement atteinte. Les enquêteurs cherchent à comprendre pourquoi sa Renault 5 Alpine électrique a quitté sa trajectoire et terminé sa course contre les clients attablés.

Le quinquagénaire, qui habite la commune depuis au moins 20 ans et aurait été enseignant, finit par être entendu par les militaires de la brigade de recherches (BR) de Montauban et de la communauté de brigades de Grisolles, chargés conjointement de l’enquête. Il explique avoir quitté le parking de la mairie, où il est stationné et que c’est en cherchant une adresse sur son téléphone, à l’aide d’une application de navigation GPS, qu'il dit avoir perdu le contrôle de sa puissante voiture.

Positif à l’alcool, le conducteur visé par trois infractions

Cette explication ne convainc pas totalement les enquêteurs ni le parquet. Le conducteur est en effet contrôlé positif à l’alcool. Des prélèvements sanguins sont réalisés à l’hôpital afin de déterminer précisément son taux d’imprégnation au moment des faits.

Après 48 heures de garde à vue, l’homme a été déféré vendredi 4 septembre au palais de justice de Montauban, place du Coq. Le parquet a requis l'ouverture d'une information judiciaire.

Présenté à l’une des juges d’instruction montalbanaises lors de son interrogatoire de première comparution (IPC), le quinquagénaire a été mis en examen puis relâché sous contrôle judiciaire.

Contactée par La Dépêche ce lundi, la procureure de la République, Karline Bouisset, indique que les charges retenues contre lui sont "d'avoir blessé des passants alors qu’il conduisait en état d’ivresse manifeste, mis autrui en danger de mort ou d’infirmité en violant délibérément les règles de prudence au volant et avoir roulé à une vitesse excessive au regard des circonstances."

Le parquet voulait le voir placé en détention

"Le parquet avait demandé son placement en détention provisoire", précise la procureure. Le juge des libertés et de la détention qui a le dernier mot, a finalement tranché en faveur d’un contrôle judiciaire.

L’homme reste donc libre dans l’attente de la suite de l’instruction. Cette décision s’accompagne toutefois de plusieurs obligations strictes. Le conducteur britannique n’a "désormais plus le droit de conduire", quel que soit le véhicule. Il doit également se "soumettre à un suivi médical en addictologie", en lien avec son alcoolémie positive le jour des faits, ainsi qu’à "un accompagnement psychiatrique", confirme Karline Bouisset.

Ces obligations interviennent alors que l’instruction judiciaire ouverte doit notamment permettre de mieux déterminer l’état du conducteur au moment de l’accident.

Le véhicule doit être expertisé à Cergy-Pontoise

L’instruction se poursuit désormais pour déterminer ce qui s’est réellement joué mercredi après-midi à Dieupentale.

Plusieurs commissions rogatoires doivent être délivrées par la juge d’instruction. L’une concerne directement le véhicule impliqué dans l’accident. Placé sous scellés depuis les faits, celui-ci doit être envoyé au département véhicule de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), à Cergy-Pontoise, au nord-ouest de Paris, pour y être expertisé.

Le commandant Patrice Barrière avec les enquêteurs de la BR de Montauban et ceux de la brigade de Grisolles devant le café
Le commandant Patrice Barrière avec les enquêteurs de la BR de Montauban et ceux de la brigade de Grisolles devant le café DDM - MANUEL MASSIP

L’objectif est d’établir si un problème technique est à l’origine de la sortie de route ou si celle-ci résulte d’une erreur de conduite.

Une expertise psychiatrique du conducteur doit également être requise par la juge afin d’évaluer son état au moment des faits. En parallèle, les enquêteurs doivent encore entendre les victimes qui ne sont pas en mesure de l’être à ce stade. Le bilan reste en effet lourd. Une femme de 31 ans, grièvement blessée, a depuis été opérée et demeure hospitalisée à Toulouse Rangueil dans un état grave. L'une des deux autres victimes - une femme de 34 ans également hospitalisée après l’accident - n'a également pu être entendue par les enquêteurs en raison de son état.