Ce lundi, une opération de saisie d'une ampleur exceptionnelle s'est déroulée à Chièvres, explique "Animaux en Péril" dans un communiqué. Alertés par la zone de police locale, "des refuges se sont mobilisés pour prendre en charge plus de 70 chihuahuas, plus de 200 animaux de basse-cour et quatre jeunes boucs, détenus dans des conditions de surpopulation et d'insalubrité particulièrement préoccupantes. Plusieurs heures d'intervention, jusque dans l'obscurité, ont été nécessaires pour évacuer l'ensemble des animaux".

"Une reproduction incontrôlée à l'origine d'une surpopulation massive"

À l'origine de cette situation, poursuit l'association, "une détentrice qui a progressivement multiplié les acquisitions et laissé les reproductions se succéder, notamment dans le cadre d'une activité de vente à des particuliers. Au fil du temps, le nombre d'animaux présents sur la propriété atteint des proportions démesurées, jusqu'à rendre toute gestion individuelle et toute prise en charge convenable manifestement impossibles.

À l'intérieur de l'habitation, plus de 70 chihuahuas se partageaient un espace saturé d'objets, de cages et de détritus accumulés : "de nombreuses portées de chiots, dont certains encore extrêmement jeunes, ont également été découvertes. L'insalubrité des lieux était telle qu'une odeur particulièrement âcre se faisait déjà sentir depuis la rue, avant même que les intervenants ne pénètrent dans la maison."

Saisie, à Chièvres, de près de 300 animaux “en condition de surpopulation extrême” par Animaux en péril
Parmi les animaux saisis, des canards d'ornement. ©COM

Un terrain transformé en bourbier, sans la moindre végétation

À l'extérieur, "environ 200 animaux de basse-cour se partageaient un terrain entièrement dénudé, où la végétation avait disparu sous la pression d'une population beaucoup trop importante pour la superficie disponible."

Plus de 60 poules, 50 canards, une quinzaine d'oies, des dindes, des dindons, des pintades et neuf paons évoluaient "dans un véritable capharnaüm", aux côtés de quatre jeunes boucs : "parmi eux, figuraient de nombreuses races d'ornement, notamment des poules de soie et des canards de races particulières, dont la présence semble correspondre à une activité d'élevage destinée à la vente."

Les installations destinées aux oiseaux témoignaient d'un état de délabrement et d'insalubrité particulièrement préoccupant, précise Animaux en péril : "en guise d'abris, ils ne disposent que de constructions précaires, assemblées avec de vieilles planches et des matériaux de récupération, au milieu d'un amoncellement de cages abandonnées, d'objets encombrants et de débris potentiellement dangereux. Les fientes et les déjections souillent les espaces de vie, dans un environnement où l'accumulation des saletés révèle une absence manifeste d'entretien."

Saisie, à Chièvres, de près de 300 animaux “en condition de surpopulation extrême” par Animaux en péril
L'intervention, qui a mobilisé énormément de monde, s'est révélée compliquée ©COM

Des blessures et des affections révélatrices d'une promiscuité excessive

Le contraste avec les parcelles voisines apparaît saisissant aux yeux des sauveteurs : "derrière les grillages, des pâtures et des jardins verdoyants entourent cette propriété où plus un brin d'herbe ne subsiste. Sur place, les oiseaux évoluent sur une terre boueuse et piétinée, privés de l'accès à la végétation pourtant présente à quelques mètres seulement".

Au-delà de l'insalubrité, "cette surpopulation a des conséquences directement visibles sur l'état des animaux. Plusieurs animaux présentent des lésions de gale au niveau des pattes, une affection parasitaire qui nécessite une prise en charge adaptée. De nombreuses blessures aux ailes et plaies de picage sont également observées, des problèmes fréquemment favorisés par la promiscuité, le stress et l'impossibilité de s'éloigner les uns des autres.

Certains présentent par ailleurs un état d'amaigrissement préoccupant. Dans un groupe aussi dense, les plus faibles peuvent difficilement accéder à une alimentation suffisante lorsque les ressources et les espaces de nourrissage ne sont pas adaptés aux effectifs."

Une intervention titanesque poursuivie jusque dans l'obscurité

Face à l'ampleur de la situation, les refuges mobilisés ont dû réunir rapidement les moyens humains et matériels nécessaires à l'évacuation de tous les animaux : "véhicules de transport, cages et filets se sont déployés pour capturer et déplacer les nombreux oiseaux dispersés sur la propriété.

Le dénombrement s'est révélé particulièrement complexe : "entre les abris de fortune, les objets accumulés et les multiples cachettes, il était difficile d'évaluer précisément le nombre d'animaux présents. Ainsi, alors qu'une quinzaine de canards était initialement annoncés, leur nombre s'est révélé bien supérieur au fil des captures, avec plus d'une cinquantaine de canards découverts.

Les opérations se sont poursuivies à la tombée de la nuit, puis dans l'obscurité, "les équipes multipliant les allers-retours pour procéder au chargement et organiser la répartition entre les différents refuges. Malgré les difficultés logistiques et l'ampleur de l'évacuation, aucun animal n'est laissé sur place.

Chez Animaux en Péril, les derniers rescapés sont arrivés à 21 h 30 : "ils ont été immédiatement installés dans des boxes garnis de paille propre, avec de l'eau à disposition, afin de pouvoir se reposer après cette longue intervention."

Après la saisie, une prise en charge individuelle enfin possible

Pour les refuges, l'évacuation ne constitue que la première étape d'un travail qui s'annonce considérable : "chaque animal recueilli doit faire l'objet d'une évaluation vétérinaire et recevoir les soins adaptés à son état, notamment pour traiter les affections parasitaires, les blessures et les éventuelles conséquences de carences alimentaires. Après avoir vécu au sein de groupes démesurés, où leurs besoins individuels étaient relégués derrière la gestion d'une population devenue incontrôlable, ils peuvent désormais bénéficier d'une attention individualisée. Leur rétablissement commence aujourd'hui dans les différents refuges d'accueil, qui doivent tous adapter leurs installations et pousser les murs pour faire face à cet afflux exceptionnel."

Saisie, à Chièvres, de près de 300 animaux “en condition de surpopulation extrême” par Animaux en péril
Des chihuahuas, dont des chiots, ont également été saisis et emmenés vers les refuges. ©COM

Une intervention de cette envergure ne pouvait être menée à bien sans une étroite collaboration entre les associations de protection animale. La collaboration entre Animaux en Péril, Equi'Chance, Natur'Horse, Opale, Help Animals, GRIFF, L'étoile de bonté, L'arche de Noé, la SPA de Peruwelz, 4 Balzanes, la SPA de Charleroi et Veeweyde refuge du marais et Veeweyde de Tournai, "témoigne de la solidarité et de la complémentarité des associations de protection animale face à une situation qui dépasse largement les capacités d'accueil d'une seule structure."

Animaux en Péril remercie aussi la zone de police de Chièvres, "dont l'intervention a permis de mettre un terme à des conditions de détention qui ne peuvent plus durer et d'offrir à tous ces animaux la perspective d'une vie enfin respectueuse de leurs besoins fondamentaux."

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