Trois chèvres ont été retirées, ce lundi, d'un terrain situé à Saint-Servais, à Namur. Sollicitée par l'unité du Bien-être animal de Wallonie, l'équipe du Rêve d'Aby a pris en charge les caprins, détenus dans des conditions jugées déplorables.

Selon le refuge, les animaux ne disposaient ni d'eau ni de nourriture et évoluaient parmi des détritus et des objets encombrants. Aucun n'était par ailleurs identifié.

Le propriétaire, Arnaud van Petegem, se trouvait à l'étranger, plus précisément dans les Pyrénées-Orientales, au moment où son petit cheptel a été emmené. Il livre sa version des faits : "Vers le 20 juillet, j'ai reçu un appel de la Ville de Namur à la suite d'une plainte concernant la dimension de l'abri des chèvres. J'ai répondu aux remarques et pris rendez-vous avec le service du Bien-être animal dès mon retour de France, prévu ce jeudi 6 août."

Le Saint-Servaitois reconnaît que l'abri était un peu trop petit. "Je l'avais admis et je devais examiner avec la Ville les petits travaux nécessaires pour le mettre en conformité. Mais je n'en ai pas eu le temps puisque les chèvres ont été rapidement saisies quelques jours plus tard."

Durant son absence, il affirme être resté informé par la personne chargée de veiller sur les animaux. "J'ai entre autres fait livrer du foin par une petite exploitation agricole namuroise. Les chèvres avaient aussi des bassines d'eau bien remplies."

Il concède que les boucles d'identification, bien qu'en sa possession, n'avaient pas été fixées et explique : "Je crains simplement que ces boucles ne provoquent des infections. Des puces seraient plus appropriées."

Un conflit de voisinage à l'origine de la saisie ?

Arnaud van Petegem affirme avoir découvert, sur des photos prises par des personnes de confiance, les bassines retournées et l'abri détruit. Des planches étaient dispersées sur le terrain, lui conférant un aspect négligé. "Il n'y avait pas de vent et l'abri était relativement solide. Je soupçonne une intervention extérieure malveillante", insiste-t-il.

Sur place, plusieurs riverains évoquent en effet des tensions dans le quartier. Ils affirment par ailleurs que les chèvres recevaient bel et bien de l'eau et de la nourriture.

Très vite, une voisine se serait réjouie publiquement cette saisie, paraissant très bien informée du déroulement de la procédure, dit un habitant.

"J'ai déjà vécu une situation comparable sur un terrain à Ramillies. Après enquête, la police avait établi qu'il y avait eu des actes malveillants à mon égard", ajoute Arnaud van Petegem. Et de regretter qu'un policier ayant participé à la saisie ait refusé de dialoguer avec lui dans le cadre de cette saisie.

Le Rêve d'Aby mandaté par les autorités

Sophie Locatelli, responsable du Rêve d'Aby, mandatée pour procéder à la saisie des chèvres, précise : "Nous ne sommes pas une autorité verbalisante. Nous intervenons sur requête des services mandatés par les autorités wallonnes. Sur place, j'ai estimé que le terrain était inadapté, qu'il manquait de l'eau et que les débris risquaient de blesser les animaux. Nous avons donc exécuté la mission qui nous était confiée."

Le propriétaire a réclamé un droit de visite. Le Rêve d'Aby a refusé. Sophie Locatelli s'explique : "Le refuge est un terrain privé. Nous ne laissons pas les propriétaires visiter les animaux saisis, car nous ne pouvons pas présumer de leur réaction. Monsieur pourra faire valoir son point de vue en temps voulu devant les autorités."

C'est précisément ce qu'Arnaud van Petegem entend faire afin de défendre sa réputation, estimant avoir été sali et lésé dans ses droits de défense.

En attendant, les chèvres, rebaptisées Moon, Linette et Sunny par l'équipe du Rêve d'Aby, restent au refuge. Leur destination définitive devra être décidée dans les deux mois par le ministre wallon du Bien-être animal, Adrien Dolimont.

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Namur
Les chèvres ont été recueillies par l'équipe du Rêve d'Aby. ©Le Rêve d'Aby
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Les chèvres ont été recueillies par l'équipe du Rêve d'Aby. ©Le Rêve d'Aby

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