Santé. Zoladex : pourquoi ce traitement des cancers du sein et de la prostate sera déremboursé
C’est une nouvelle qui fait tache alors que s’ouvre ce jeudi Octobre rose, le mois de sensibilisation aux cancers du sein. Selon un arrêté officiel, le Zoladex - un implant sous-cutané utilisé notamment dans le traitement de certains cancers de la prostate et du sein hormonodépendant - ne figurera plus dans la liste des médicaments remboursés par la Sécurité sociale à compter du 15 décembre prochain.
La demande de radiation émane en réalité du laboratoire AstraZeneca, qui commercialise ce médicament. « Aucune donnée clinique ne vient modifier l’avis de la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) en faveur d’un maintien de la prise en charge », précise le site spécialisé Vidal. « Dans un marché français qui ne s’adapte pas assez pour rester compétitif et attractif, le prix actuel de Zoladex ne permet plus d’assurer sa mise à disposition pérenne dans le cadre du remboursement », justifie le groupe pharmaceutique suédo-britannique. La demande du laboratoire, motivée par des raisons économiques, a été suivie par l’État.
Des alternatives qui suscitent des réserves
Actuellement Zoladex 3,6 mg et 10,8 mg sont respectivement remboursables à hauteur de 86,03 euros et de 256,66 euros. Selon la base Open Medic 2025 mise à disposition par l’Assurance maladie, 4 006 personnes ont consommé du Zoladex 3,6 mg et 4 368 du Zoladex 10,8 mg, pour respectivement 33 665 et 14 464 boîtes délivrées. À compter de la date butoir du 15 décembre, ces produits ne seront pas retirés de la vente mais ils seront à la charge du patient.
Pour les patients actuellement traités par Zoladex, il est conseillé de consulter rapidement leur spécialiste ou leur médecin prescripteur de sorte à anticiper un éventuel changement de prise en charge. Le protocole ne doit évidemment pas être interrompu ou modifié sans avis médical. Mais les alternatives existantes suscitent des réserves chez certains patients. « L’Enantone est très mal supportée », témoigne Jasmine auprès de 20 minutes. « L’aiguille de l’Enantone est intramusculaire, il faut s’injecter en sous-cutané : la douleur est affreuse et cela impose presque systématiquement le passage d’une infirmière à domicile. Quand on nous dit “ne vous inquiétez pas, il y a des alternatives”, non, ces alternatives ne sont pas viables pour tout le monde », déplore-t-elle.
L’enjeu du traitement de ces pathologies est loin d’être anecdotique : le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes, avec 61 214 nouveaux cas estimés en 2023. Chez les hommes, c’est le cancer de la prostate qui arrive en tête, avec 59 885 nouveaux cas estimés en 2018, dernière année pour laquelle l’Institut national du cancer dispose d’une estimation d’incidence.