Savoie : après une nuit de violences à Chambéry, des renforts policiers et l'appel au calme du maire et de la préfète - ICI
Publié le mardi 8 septembre 2026 à 13h53 Mis à jour le mardi 8 septembre 2026 à 14h07
Alors que des violences urbaines ont éclaté dans la nuit de lundi à mardi dans des quartiers de Chambéry et Cognin (Savoie), le maire Thierry Repentin et la préfète de la Savoie, Vanina Nicoli, ont appelé mardi à l'apaisement. Des forces de police supplémentaires vont être déployées.
Des violences urbaines et affrontements avec des policiers ont éclaté après un possible refus d'obtempérer lors d'un un contrôle de police, dans la nuit de lundi à mardi, dans les quartiers du Biollay et des Hauts-de-Chambéry à Chambéry, et également à Cognin (Savoie). Un automobiliste âgé de 26 ans a été hospitalisé, il est entre la vie et la mort.
L'inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a été saisie pour entendre les agents qui intervenaient sur ce contrôle. Pour l'heure, selon la préfecture, "aucun lien ne peut être fait entre l'action des policiers engagés sur le contrôle routier et les blessures de l'automobiliste." Plusieurs dizaines d'individus "déterminés", selon la préfecture de Savoie, ont "mis, ou tenté de mettre, le feu à des véhicues, des poubelles, des bâtiments privés et des édifices publics." Des tirs de projectiles ont visé les forces de l'ordre. Mardi à la mi journée, Thierry Repentin, le maire de Chambéry, et Vanina Nicoli, la préfète de la Savoie ont appelé à l'apaisement. Des renforts de forces de l'ordre ont été annoncés pour ramener le calme.
"Nous allons reconstruire ce lieu"
Mardi matin, alors que la façade du centre social et culturel du quartier du Biollay était totalement calcinée, Thierry Repentin, le maire (divers gauche) de Chambéry s'est engagé à reconstruire le bâtiment du centre social du quartier du Biollay, qui avait déjà été détruit en 2023 dans des circonstances similaires. "Le lieu devant lequel nous sommes a fait l'objet d'exactions aux émeutes en 2023. Il a été reconstruit à neuf, livré il y a un an. Nous allons reconstruire ce lieu. Mais pendant deux ans, probablement, nous allons devoir trouver des lieux pour maintenir ces activités au bénéfice des jeunes et celles et ceux qui ont incendié. Ces bâtiments vont priver les jeunes du quartier, leurs familles, d'animations sociales."
"Est-ce que vous pensez que c'est normal que dans une ville de 70.000 habitants, nous n'ayons un soir que trois policiers ?!"
Thierry Repentin a aussi vivement interpellé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Le maire de Chambéry a dénoncé un manque de moyens dans les effectifs des forces de l'ordre dans l'agglomération chambérienne, notamment pour faire face à ce genre de heurts et affrontements.
"Les effectifs de police nationale, sur une population de 70.000 habitants, se résumaient hier soir à trois policiers de faction qui ont tourné. Si monsieur Nuñez voit ce reportage ou en entend parler, je veux aussi l'interpeller pour lui dire : 'Est-ce que vous pensez que c'est normal que dans une ville de 70.000 habitants, nous n'ayons un soir - parce qu'il faut gérer la pénurie - que trois policiers, quand il y a des émeutes urbaines ?!' On ne peut pas laisser les élus seuls avec leurs services face à des déferlements de haine. Nous avons besoin d'être accompagnés. Les CRS qui sont basés à Lyon, évidemment, ne peuvent pas être présents sur place au moment où tout cela se déroule et les pompiers ne peuvent pas agir aussi en sécurité. Ce qui se passe ici, ce qui s'est passé doit servir de leçon pour que il y ait plus de moyens qui soient affectés sur les collectivités locales qui sont en première ligne."
Des policiers en plus pour ramener le calme
"La mobilisation sera totale", a expliqué Vanina Nicoli, la préfète de la Savoie, représentante de l'État, mardi à la mi-journée sur les lieux des affrontements. Elle a annoncé un déploiement de renforts de forces de l'ordre dans l'agglomération chambérienne, à Chambéry et Cognin.
"Les équipements qui ont été détruits sont des équipements de proximité, des équipements au service de la population, que ce soit les équipements municipaux, mais également ceux du bailleur social. En fait, ceux qui se sont exprimés cette nuit, de cette manière-là, se sont attaqués au quartier, se sont attaqués aux habitants du quartier, à la vie des quartiers, à l'engagement public qui est fait depuis des années. Moi, je ne l'accepte pas. On va renforcer la présence policière encore cette nuit et on le fera jusqu'à ce que les choses soient calmées. (...) Je voudrais vraiment apporter mon soutien à tous les élus qui ont été mobilisés, aux bailleurs, aux commerçants également, puisque plusieurs d'entre eux ont été victimes de ces actes de vandalisme. Et je veux leur dire que nous ne lâcherons rien. Nous avons été présents cette nuit, nous le serons encore la nuit prochaine et autant de temps que nécessaire jusqu'à ce que le calme revienne. Chambéry et Cognin ne méritent pas ce qui s'est passé hier."
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