Un séisme de magnitude 7,4 a frappé l’ouest de la Colombie ce lundi. Il a fait au moins 169 morts et des dizaines de blessés, selon le dernier bilan communiqué par la présidence mardi 11 août. Celui-ci devrait encore évoluer, alors que les recherches se poursuivent dans les décombres de Pereira, Manizales ou Cali, les villes les plus touchées.

Situé sur la ceinture de feu du Pacifique, ce n’est pas la première fois que le continent sud-américain est confronté à un tremblement de terre. Le 24 juin dernier, un double séisme de magnitude 7,2 et 7,5 avait déjà frappé le Venezuela voisin. Il avait fait plus de 6 000 morts.

Au-delà de chiffres, une question revient à chaque catastrophe de ce type. Pourquoi certains séismes tuent-ils des milliers de personnes quand d’autres, de force comparable, ne font que peu de victimes ?

Des séismes de magnitude variable

Comme l’explique l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), la magnitude mesure l’énergie libérée à la source du séisme. Elle est calculée à partir de l’amplitude du mouvement du sol enregistrée par les instruments sismologiques.

Mais c’est plutôt l’intensité du séisme qui va donner une idée de sa gravité en un point donné. L’intensité peut être très variable en fonction de la profondeur du foyer, de la durée des secousses et surtout de la qualité du bâti, même à magnitude identique, rappelle le Centre pyrénéen des risques majeurs. Plus un foyer est profond, plus l’énergie se dissipe avant d’atteindre la surface.

L’exemple le plus souvent cité par les sismologues est celui d’Haïti. En janvier 2010, un séisme de magnitude 7,0 a frappé le pays. À l’échelle mondiale, cette magnitude n’avait rien d’exceptionnel. Mais son foyer se trouvait à une dizaine de kilomètres à peine sous Port-au-Prince, ce qui explique en grande partie l’ampleur du désastre et les plus de 200 000 morts.

Le peuplement de la zone

Un séisme puissant en zone inhabitée peut ne faire aucune victime. C’est exactement ce qui s’est produit en juillet 2019 dans le désert de Mojave, en Californie, secoué par un séisme de magnitude 7,1. Des bâtiments ont été endommagés, des incendies se sont déclarés, sans engendrer aucune mort directe car la zone était tout simplement très peu peuplée.

En Colombie, l’épicentre du tremblement de terre se situe dans le Choco, une région rurale du littoral Pacifique, mais les secousses ont aussi touché des villes moyennes densément peuplées comme Pereira ou Cali.

La qualité des constructions

Six semaines après le séisme d’Haïti, un tremblement de terre bien plus puissant frappait le Chili. Avec une magnitude de 8,8, il libérait environ 500 fois plus d’énergie que celui d’Haïti, selon l’Institut Extreme Events de la Florida International University. Pourtant, son bilan humain, environ 500 morts, n’a rien de comparable. Cet écart vertigineux s’explique en partie par la profondeur du foyer sismique, mais pas seulement.

L’écrasante majorité des victimes de séismes meurent sous les décombres de bâtiments qui n’auraient pas dû s’effondrer. En 2010, Haïti ne disposait d’aucune norme parasismique contraignante. Le Chili, régulièrement secoué, appliquait des règles strictes depuis les années 1960, ce qui explique l’écart entre les deux bilans.

Tsunamis, glissements de terrain et incendies

Les tsunamis, glissements de terrain en zone montagneuse ou encore les incendies sont des effets secondaires des séismes qui font parfois plus de victimes que la secousse elle-même. C’est donc la combinaison de ces facteurs, et non la seule puissance du séisme qui détermine son caractère meurtrier. Elle explique aussi pourquoi la prévention reste, à ce jour, la meilleure arme contre ces catastrophes que la science ne sait toujours pas prédire.