Des prétendants du centre jusqu’à la gauche en embuscade, la foire d’empoigne fait rage pour avoir une chance de décrocher un ticket pour le Sénat. Entre ambitions patronales, dissidences et outsiders, chaque voix comptera.

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M.Z

Michaël Zoltobroda

Créé le 16 septembre 2026 • 07:45

Mis à jour le 16 septembre 2026 • 07:45


Si Jean-Pierre Colin, Véronique Maurel, Marc Lauriol et Michel Gros se voient déjà au Sénat, tous ne décrocheront pas leur billet.
Si Jean-Pierre Colin, Véronique Maurel, Marc Lauriol et Michel Gros se voient déjà au Sénat, tous ne décrocheront pas leur billet.

Si Les Républicains et le Rassemblement national devraient se partager la plus grosse part du gâteau des sénatoriales, la vraie surprise des onze listes (un record !) déposées en préfecture, c’est la candidature de Véronique Maurel, à la tête de l’Union patronale du Var. En s’encartant à l’UDI, cette cheffe d’entreprise pourrait bien redistribuer les cartes à droite et au centre. « Qui mieux que la patronne des patronnes pour réparer le Var et la France ? », fanfaronne Fabrice Albert, colistier et référent varois du parti d’Hervé Marseille, à l’origine de ce coup. « Preuve de sa crédibilité ou de la fébrilité de ses adversaires, elle, aussi, trouve des peaux de bananes sur sa route », fait remarquer l’entourage de la candidate, ravi d’avoir débauché Michel Bonnus en soutien.

Au point d’éclipser Marc Lauriol, qui se voyait devant Françoise Dumont et Frank Giletti, avant qu’une présumée affaire de fraude au chômage partiel ne ressurgisse ? D’après ses dernières simulations, il se classerait toujours en tête. Même la multiplicité des listes qui draguent les grands électeurs de TPM ne l’impacterait pas trop. Le président de l’Odel Var et conseiller départemental, qui a rendu sa carte LR pour faire campagne avec l’étiquette d’indépendant, mise davantage sur le reste du Var. « J’ai un bon accueil », rapporte-t-il, sans vouloir paraître trop confiant. Autre atout, la présence de Nathalie Pérez-Leroux, « particulièrement appréciée », en deuxième position. « Avec elle, il a fait une bonne pioche. D’ailleurs, elle aurait été une meilleure tête de liste », peut-on entendre.

Marc Lauriol a récemment rendu sa carte des LR pour se lancer dans la campagne des sénatoriales en tant qu’indépendant.

Voilà qui pourrait compliquer les affaires de Jean-Pierre Colin (Horizons), même si ça n’entamera pas son enthousiasme à toute épreuve. Son épine dans le pied ? Ne pas avoir réussi à obtenir le soutien de Renaud Muselier (Renaissance) et de son dauphin à la Région François de Canson, qui a préféré un deal avec Françoise Dumont. « La stratégie de Colin, c’est de tirer sur tout ce qui bouge. Est-ce que ça sera la bonne ? », s’interroge un autre cador de la politique varoise.

Un outsider en embuscade

Ex-maire de La Roquebrussanne, Michel Gros peut compter sur le soutien d’André Guiol, sénateur (social-démocrate) sortant.
Ex-maire de La Roquebrussanne, Michel Gros peut compter sur le soutien d’André Guiol, sénateur (social-démocrate) sortant.
Frank Muller / Nice-matin

Dans le reste des candidats ? L’un se dégage du lot : Michel Gros. « Il ne faudrait pas enterrer trop vite sa liste », insiste un cadre de la droite. Tenu en échec aux municipales de La Roquebrussanne, il bénéficie tout de même du soutien d’André Guiol, qui a siégé dans le groupe RDSE pendant six ans. Pour certains, Michel Gros aurait un réservoir maximum de 670 voix en se basant sur 2020, alors que 300 pourraient lui suffire pour monter à Paris. Bémol, il n’a pas réussi à embarquer avec lui Marjorie Viort, maire du Thoronet et vice-présidente de la communauté de communes Cœur de Var.

Assurés de finir en queue de peloton, Aurélien Lacour (LFI) et Sylvie Vinceneux (PCF) veulent faire entendre leur voix dans un département qui vire de plus en plus à droite de la droite. Tout comme Stéphane Michel (divers droite), fils de Jean-Mathieu Michel, ancien maire de Signes mortellement renversé en 2019. Pourtant, ce dernier porte une proposition inédite : le retour de la F1 au Castellet. En attendant, beaucoup risquent de finir dans le décor à la fin du mois.


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