Saviez-vous que Jodoigne a été, des siècles durant, un carrefour commercial de première importance ? Oui, il faut retourner aux ducs de Brabant (XIIIe et XIVe siècles) pour en avoir une idée.

"À cette époque-là, Jodoigne était en pleine prospérité économique et s'appelait d'ailleurs Jodoigne-le-Marché, mais ce nom à une autre origine. On voulait alors la distinguer de Jodoigne-Souveraine, raconte Mireille Étienne, présidente du Cercle historique de Jodoigne. Sachez aussi que l'épanouissement économique de Jodoigne-le-Marché était dû à la présence des financiers lombards, prêteurs et banquiers italiens, ainsi que d'exportateurs de draps et de laines. Ils feront de Jodoigne un centre où se traitaient des affaires financières importantes jusqu'au XVe siècle."

Nous sommes les héritiers de ce passé, même si… beaucoup de choses ont changé. Au fil des siècles, les marchés vont pourtant demeurer importants dans la cité de la Gadale pour connaître, au début du XXe siècle, un essor particulier (lire ci-contre).

Plus d'ambulants sur la Grand-Place

Aujourd'hui, la situation est devenue plus précaire, au point que les autorités communales ont décidé récemment de réduire le marché du jeudi à la place de la Victoire, la rue de la Bruyère et un petit coin de la place Lodewijckx. Plus d'ambulants sur la Grand-Place !

Pourquoi ? "Pour deux raisons, explique le bourgmestre Jean-Luc Meurice. La première est que la Grand-Place était largement sous-occupée depuis quelques années par les ambulants et les maraîchers. Nous avons préféré les regrouper et je dois dire que c'est une réussite, tant pour les indépendants eux-mêmes que pour le public, qui trouve la nouvelle disposition plus conviviale. Seconde raison au regroupement des ambulants: nous allons, d'ici un an ou deux, transformer la Grand-Place et, dans cette optique, le marché n'y aurait plus eu sa place."

 Bernadette est une fidèle de L’Aquarium.
Bernadette est une fidèle de L'Aquarium. ©ÉdA

"Cela se passe toujours avec le sourire, ce qui n'est pas si courant"

Les passants que nous rencontrons sur le marché du jeudi confirment les propos du maïeur. "Mon épouse et moi, nous nous baladons ici presque chaque jeudi. C'est l'occasion de s'acheter un petit poulet grillé ou de faire l'une ou l'autre emplette, un vêtement par exemple", indique Patrick Kinkin, senior de Jodoigne-Souveraine.

"Mamy" Bernadette, elle, profite des vacances pour emmener au centre-ville Louanne, 10 ans, et Aloïs, 6 ans. "Nous venons de Saint-Remy-Geest, explique Bernadette. Pourquoi je m'arrête chez le poissonnier Aquarium? Pour mon cabillaud ou mon saumon ! C'est certes un peu plus cher qu'en grande surface, mais rien ne remplace la qualité du poisson frais."

 Le sourire de Christelle, la vendeuse de La Ferme du Hameau du Roy, est révélateur: elle a un faible pour Jodoigne.
Le sourire de Christelle, la vendeuse de La Ferme du Hameau du Roy, est révélateur: elle a un faible pour Jodoigne. ©ÉdA

Le Mélinois Daniel Goffin et le Latuysien Eddy Kamoen argumentent dans le même sens. Ils mettent L'Aquarium et la boulangerie La Ferme du Hameau du Roy sur un socle d'excellence. "Le bolus du boulanger est une tuerie au dessert", confie Eddy.

Le compliment fait visiblement plaisir à Christelle, la vendeuse. "Moi, raconte Christelle, j'ai abandonné le monde bancaire pour un boulot qui me plaît dix fois plus. Arnaud et moi faisons les grands marchés du Brabant wallon. Ce que celui de Jodoigne a de particulier ? Les gens sont gentils. On papote, on échange. Cela se passe toujours avec le sourire, ce qui n'est pas si courant."

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