Sur son site internet, l'ancien Premier ministre de François Hollande publie un texte de 86 pages dans lequel il détaille ses pistes pour redresser le pays.

France Télévisions

Publié le 16/07/2026 18:56

Mis à jour le 16/07/2026 19:19

Temps de lecture : 2min

Bernard Cazeneuve lors d'un débat public, à Montrouge (Hauts-de-Seine), le 22 juin 2026. (SERGE TENANI / AFP)
Bernard Cazeneuve lors d'un débat public, à Montrouge (Hauts-de-Seine), le 22 juin 2026. (SERGE TENANI / AFP)

Un candidat de plus qui avance ses pions à gauche ? Bernard Cazeneuve s'adresse aux Français dans un texte de 86 pages que l'ancien Premier ministre de François Hollande a dévoilé vendredi 17 juillet. Cette lettre sera mise en ligne sur le site internet de son mouvement et pourrait s'apparenter à un programme de campagne.

Alors que François Hollande attend patiemment son heure réunissant ses soutiens au Sénat mercredi soir et que Raphael Glucksmann s'est donné l'été pour annoncer ou non sa candidature, Bernard Cazeneuve rappelle qu'il faudra peut-être compter avec lui pour représenter la gauche social-démocrate, en rupture avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

"Il envoie le message qu'il a réfléchi à sa démarche, qu'il a des propositions sur le fond et il s'agit pour lui de créer un lien avec les Français", explique Guillaume Lacroix, président du Parti radical de gauche, à franceinfo. L'ancien Premier ministre invite donc les Français à lui écrire. "Tout va se jouer à la rentrée, ce n'est pas mal de prendre un peu de temps cet été pour approfondir ce lien", poursuit-il pour justifier le calendrier de cette publication.

Dans ce texte, Bernard Cazeneuve considère que la parole politique est abîmée "par un soupçon préalable" et qu'il faut revenir "là où la parole publique s'est perdue : non dans les calculs et les postures, mais dans la vie même des Français". Il propose donc de regarder la France dans vingt ans, "à hauteur de vie".

Afin de lutter contre le déficit, Bernard Cazeneuve promet par exemple une règle d'or sociale avec une réforme des retraites "sans cette brutalité qui a tant abîmé la confiance", "avec la durée de cotisation comme levier principal, plutôt qu'un nouveau recul de l'âge légal". Son principal objectif ? "La remise en état de marche des grands services publics : enfance, santé, éducation et justice".

En matière institutionnelle, il souhaite remettre en cause ce qu'il appelle "l'ego-présidentialisme", "le quinquennat ayant transformé le président en chef de majorité et l'ayant privé de sa hauteur d'arbitre". Il propose donc un retour au septennat, mais aussi de renforcer le pouvoir du Premier ministre ou encore de limiter le recours à l'article 49.3.

Enfin, face aux menaces géopolitiques, l'ex-socialiste propose de redéfinir les missions de l'Union européenne. Selon lui, l'Europe doit devenir "un contrat plutôt qu'un cadre de contraintes". Il propose ainsi une réforme budgétaire de l'UE, une politique industrielle commune et surtout de revoir la gouvernance, le fonctionnement à l'unanimité étant devenue "le levier de ceux qui veulent paralyser le continent depuis l'intérieur".

Bernard Cazeneuve n'officialise pas pour autant sa candidature. "Je n'écris pas pour ajouter mon nom à la liste des prétendants", assure-t-il dans cette lettre, mais son équipe assume "que ce texte en esquisse le profil : un devoir plutôt qu'une ambition, une disposition à servir si le pays le demande".

A travers ce texte, l'ex-chef du gouvernement dessine une forme d'autoportrait, celle d'un serviteur de l'Etat expérimenté. "Renouer plutôt que rompre, stabiliser ce qui s'affaisse, transmettre un socle, une République tenue : voilà l'unique devoir qui me reste, et il me suffit. Si je peux être utile, je le serai", conclut-il dans un ton solennel.

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