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Deux désillusions à Roland-Garros rapidement oubliées avec deux titres à Wimbledon : Jannik Sinner maîtrise parfaitement l'art du rebond

Après avoir quitté Paris sur une terrible défaillance, Jannik Sinner a retrouvé le chemin du titre sur l'herbe anglaise. Un an après avoir digéré sa défaite en finale de Roland-Garros par un titre à Wimbledon, déjà, l'Italien a montré une fois de plus son incroyable capacité à rebondir.

Tout sourire, Jannik Sinner présente le trophée aux spectateurs de Wimbledon, hier. (A. Réau/L'Équipe)

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Après avoir quitté Paris sur une terrible défaillance, Jannik Sinner a retrouvé le chemin du titre sur l'herbe anglaise. Un an après avoir digéré sa défaite en finale de Roland-Garros par un titre à Wimbledon, déjà, l'Italien a montré une fois de plus son incroyable capacité à rebondir.

Lucile Alard à Londres publié le 13 juillet 2026 à 00h10

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Difficile de savoir quel est le pire scénario. Perdre une finale de Grand Chelem face à son meilleur ennemi Carlos Alcaraz après avoir eu trois balles de match ou se liquéfier en mondiovision sous la chaleur alors qu'on est le favori unique et imbattable d'un Majeur. Dur de choisir. Jannik Sinner, lui, a vécu les deux épisodes. Le premier à Roland-Garros l'an passé quand il était passé à un point du titre à Paris. Le second, toujours à Roland-Garros, cette année où personne ne semblait en mesure de le priver de ce trophée qui lui manque encore. Deux mauvais films, deux désillusions XXL. Du genre qui trotte dans la tête et qui empêche de dormir la nuit. Pas chez l'Italien numéro 1 mondial apparemment.

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Parce que, les deux fois, l'épisode suivant a été triomphant avec le trophée soulevé à Wimbledon cinq semaines plus tard. « Il a montré une fois de plus beaucoup de résilience, admirait l'ancien 12e joueur mondial Feliciano Lopez, dimanche, à la nuit tombante. La manière dont il a fini Roland-Garros était triste et très inattendue. L'an passé, il avait perdu un match vraiment spécial contre Carlos. Et dans les deux cas, il s'impose ici. Ça nous montre à quel point il est fort mentalement et à quel point il résiste dans la tête. Pour moi, c'est peut-être sa force principale au-delà du reste. C'est vraiment incroyable qu'il ait été encore capable de rebondir. »

C'est justement cette capacité à se rétablir très vite et à se remettre en question en permanence qui fait l'admiration de ceux qui l'entourent. Avant la rencontre, l'Italien et son équipe ont eux-mêmes fait le parallèle entre 2025 et 2026, de cette finale de Wimbledon qui arrivait après une énorme désillusion. « On en a parlé avant le match. Ce qui nous rend le plus fiers de lui et dans le fait de travailler avec lui, c'est la façon dont il rebondit après les épreuves, racontait ainsi son entraîneur australien Darren Cahill en conférence de presse après le sacre de son protégé. Ça ne l'abat pas très longtemps. »

« Sans ces moments difficiles, on ne grandit peut-être jamais comme il a su le faire »

Darren Cahill, l'entraîneur de Jannik Sinner

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Il est déçu « bien sûr », admet son coach, sauf que Sinner n'est pas du genre à passer des heures à se refaire le mauvais film. Il a plutôt l'envie de progresser très vite et, à l'US Open l'an passé, quelques minutes après avoir été sans solution face à Carlos Alcaraz en finale, il avait longuement expliqué ce qu'il devrait modifier dans son jeu s'il voulait regarder l'Espagnol dans les yeux. Un travail permanent chez lui : « Un jour après, on a un appel et il dit : "Bon les gars, qu'est-ce qu'on fait ? Quel est le plan, que doit-on faire mieux ?", détaillait ainsi Cahill. C'est son attitude dans le tennis et dans la vie en général. C'est pour ça que c'est génial de travailler avec lui. Il est capable de rebondir plus fort encore à chaque fois qu'il traverse une mauvaise passe. Sans ces moments difficiles, on ne grandit peut-être jamais comme il a su le faire. C'est un grand atout de sa personnalité. »

L'autre atout, c'est sa capacité à gérer les attentes. En 2026, le contexte était quand même un peu différent de 2025. L'an passé, il avait un Grand Chelem en poche avant Wimbledon (l'Open d'Australie). Pas cette année et, vu sa saison remarquable par ailleurs, quelques interrogations commençaient à poindre. « Il y avait beaucoup de pression sur lui avec le fait qu'il n'avait pas gagné de Grand Chelem jusque-là cette saison, jugeait ainsi Lopez. C'était aussi quelque chose qu'il devait gérer je pense. Tout le monde pensait qu'il allait gagner Roland-Garros en plus, sans Carlos, mais rien n'est garanti dans le tennis. Être capable d'arriver ici et de soulever le trophée, c'est très impressionnant. »

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